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Politique

Éric Piolle à propos du délit de solidarité : "Cette situation nous tord le ventre"

mardi 29 mai 2018 à 12:04 Par Véronique Saviuc, France Bleu Isère

Eric Piolle, le maire écologiste de Grenoble appelle les maires "humanistes" qui aident les migrants à faire comme lui, se dénoncer et plaider coupable pour montrer "l'absurdité de cette loi".

Eric Piolle, maire EELV de Grenoble plaide coupable parce que sa Ville aide les migrants
Eric Piolle, maire EELV de Grenoble plaide coupable parce que sa Ville aide les migrants © Maxppp -

Grenoble, France

Eric Piolle s'est "dénoncé" au Procureur de la République de Grenoble dans une lettre (à lire ci-dessous) où il se dit coupable d'aider les migrants à Grenoble par les actions "collectives" de la Ville, notamment sa plate-forme  informatique créée en 2015 pour coordonner les bonnes volontés des habitants et les actions des  associations. 

La situation actuelle nous tord le ventre 

"Ces actions tombent sous le coup de la loi" rappelle le maire écologiste. L'aide aux réfugiés est réprimée en France par le CESEDA, le Code de l'Entrée, du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile créé en 1945. Ce "délit de solidarité", même si l'Assemblée a voté le 22 avril dernier un amendement qui l'assouplirait, est une situation qui "nous tord le ventre" dénonce Eric Piolle. "J'appelle tous les maires humanistes qui aident les migrants à se dénoncer pour montrer l'absurdité de cette loi"

C'est maintenant qu'il faut se lever, comme les médecins l'ont fait en 1973 pour l'avortement

Est-ce le moment de pousser ce "coup de gueule" quand le texte voté par les députés en première lecture permettrait de fournir "des conseils et de l'accompagnement, notamment juridiques, linguistiques ou sociaux", mais aussi "des prestations de restauration, d'hébergement ou de soins médicaux" aux réfugiés, afin de leur assurer "des conditions de vie dignes et décentes" ? Oui, affirme Eric Piolle, "c'est maintenant qu'il faut se lever, car le texte va sûrement revenir devant l'Assemblée et sera soumis au Conseil Constitutionnel en juillet prochain". 

C'est un coup de gueule,  pour montrer l'absurdité de la loi

Quand on lui parle "coup de com'", le maire de Grenoble répond "coup de gueule" : "un coup de gueule qui va se propager pour montrer l'absurdité de la loi. Il faut se rappeler qu'en 1973 que les médecins se sont dénoncés face à l'absurdité de la loi sur l'avortement et cela a fait basculer le système, parce qu'il a été noyé par sa propre absurdité". Les maires qui aident les réfugiés sont de gauche, de droite, écologistes de toutes tendances politiques, ils sont des centaines. C'est maintenant qu'il faut agir pour faire basculer la loi".  

Eric Piolle était en direct sur France Bleu Isère ce mardi matin

Eric Piolle a remis ce lundi soir la médaille de la Ville de Grenoble à Cédric Herrou, l'agriculteur condamné en appel à quatre mois de prison avec sursis pour avoir aidé des migrants dans les Alpes-Maritimes. "La condamnation de Cédric Herrou symbolise aujourd'hui les travers les plus marquants de la loi Asile et immigration", explique le maire de Grenoble. "Il a fait reculer, ce "problème majeur qu'est le délit de solidarité".

Le maire est le garant du respect de la loi, rappelle la Préfecture de l'Isère 

Le Préfet de l'Isère, Lionel Befffre a aussitôt voulu "recadrer" le maire de Grenoble. Dans un communiqué , il écrit : "S’il n’est pas contestable qu’un élu puisse avoir et exprimer des opinions qui s'inscrivent ainsi dans un débat d'intérêt général et relèvent de l'expression politique ou militante, le Préfet de l’Isère déplore toutefois des propos qui appellent à commettre des infractions ou des actes illégaux, alors même qu’ils sont tenus par un maire auquel les lois de la République confient des responsabilités d’officier de police judiciaire et la charge de faire respecter l’ordre public dans le ressort de sa commune". 

Le devoir d'exemplarité s'attache tout particulièrement à la fonction de maire

Le Préfet de l'Isère insiste, dans son communiqué, sur les devoirs attachés à la fonction de maire et se dit préoccupé par la conduite d'Eric Piolle  : "Le devoir d’exemplarité auquel sont tenus tous les responsables publics et les élus s’attache de ce fait tout particulièrement à la fonction de maire. Le Préfet de l’Isère exprime ainsi d’autant plus sa préoccupation que prôner l’illégalité ou cautionner des infractions pourtant condamnées par l’autorité judiciaire n’est pas une conduite anodine". 

Lisez la lettre d'Eric Piolle au Procureur de la République de Grenoble

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La lettre d'Eric Piolle au Procureur de la République de Grenoble -
La lettre d'Eric Piolle au Procureur de la République de Grenoble (suite) - Aucun(e)
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