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Et si les Pyrénées-Orientales devenaient ingouvernables ?

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À l'issue du premier tour des élections départementales, aucune force politique ne se détache clairement dans les Pyrénées-Orientales. Pour la première fois de l'Histoire, une absence de majorité n'est pas à exclure au soir du second tour.

Le chemin vers la victoire n'a jamais semblé si escapé dans les Pyrénées-Orientales (Photo : vallée du Galbe à Formiguères) Le chemin vers la victoire n'a jamais semblé si escapé dans les Pyrénées-Orientales (Photo : vallée du Galbe à Formiguères)
Le chemin vers la victoire n'a jamais semblé si escapé dans les Pyrénées-Orientales (Photo : vallée du Galbe à Formiguères) © Radio France - François DAVID

Et s'il n'y avait plus de majorité pour diriger les Pyrénées-Orientales ? Ce scénario tant redouté semble avoir pris de l'épaisseur à l'issue du premier tour des élections départementales ce dimanche. Les trois grandes forces politiques sont au coude à coude, et chaque camp semble en mesure de remporter une partie des 17 cantons. 

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  • Le Rassemblement national est qualifié pour le second tour dans 14 cantons
  • La gauche (PS-PC-Écologistes) est qualifiée dans 11 cantons
  • La Droite (LR et centre) est qualifiée dans 9 cantons. 

Le RN joue les trouble-fêtes

Même si ses scores sont décevants, le Rassemblement national semble en mesure d'obtenir quelques conseillers départementaux pour la première fois de son histoire. Qualifié pour le second tour dans 14 cantons sur 17 (personne ne fait mieux), il réalise ses meilleurs scores dans le fief de Louis Aliot : le parti pointe en tête dans 5 des 6 cantons de Perpignan, avec parfois des scores impressionnants (43,2% dans le canton Perpignan-1).

Alors que la gauche et la droite se partagent la totalité des sièges dans l'hémicycle depuis plusieurs décennies, le RN semble aujourd'hui pouvoir s'inviter au festin. Résultat, le gâteau départemental devrait être coupé non plus en deux, mais en trois. Et potentiellement, personne n'aurait plus la majorité absolue. Si ce scénario inédit se produit, le Département pourrait devenir ingouvernable... à moins que deux camps opposés ne décident de s'allier. 

La gauche résiste 

Mathématiquement, la gauche peut encore rêver conserver sa majorité. Au pouvoir depuis 23 ans, l'alliance PS-PC résiste mieux que prévu au premier tour. Elle reste en compétition dans 11 cantons sur 17, et elle vire en tête dans 8 d'entre eux (notamment les Aspres, la Plaine d'Illiberis, la Vallée de l'agly et le Vallespir).

Malgré tout, la gauche a laissé des plumes au premier tour. Le canton de la Côte Vermeille, l'un de ses fiefs, est définitivement perdu. Et dans les trois cantons de Perpignan qu'elle avait remporté en 2015, elle est en ballottage défavorable face au Rassemblement national. Sa majorité ne tient plus qu'à un fil.

La Droite veut encore y croire

Des trois grandes forces en présence, c'est la droite républicaine qui semble la plus en difficulté. Elle ne qualifie ses candidats que dans 9 cantons. Cela signifie que pour remporter la majorité, elle doit maintenant faire un carton plein et remporter l'ensemble de ses duels dimanche prochain. Voilà qui parait très compliqué. 

Certes, certains cantons lui semblent promis (Côte Vermeille, Côte sableuse, Ribéral). Mais la droite est en ballottage défavorable dans certains de ses fiefs. Dans le canton 1 de Perpignan, le Rassemblement national a fait un score presque deux fois plus gros que le sien (43,2% contre 22,0%). Et comme un symbole, dans le canton des Pyrénées-Catalanes, où le Premier ministre Jean Castex s'était imposé haut la main en 2015, les candidats LR n'arrivent qu'en deuxième position (29,0%), derrière la gauche (31,6%).

Que se passe t-il en l'absence de majorité ?

En 2015, ce scénario s'est produit dans le Vaucluse, avec une égalité presque parfaite entre les blocs de droite (12 élus), de gauche (12 élus) et d'extrême droite (10 élus du FN et la Ligue du Sud). Quelques jours plus tard, l'élection du président du Département a tourné à la farce. La droite et la gauche étant à égalité, sans majorité, c'est le candidat le plus âgé qui a été élu. Maurice Chabert, 71 ans, s'est assis dans le perchoir, au détriment du socialiste Max Raspail, 66 ans.

Élire un président est une chose, gouverner un département pendant 6 ans en est une autre. Toutes les délibérations des conseils départementaux doivent être adoptées à la majorité absolue, à commencer par le budget. En cas d'échec, le code général des collectivités territoriales est parfaitement clair : "Lorsque le fonctionnement d'un Conseil départemental se révèle impossible, le gouvernement peut en prononcer la dissolution par décret motivé pris en Conseil des ministres." Le temps d'organiser de nouvelles élections, le préfet est alors chargé de gérer les affaires courantes.

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