Politique

Être communiste en Vendée

Par Alexandre Blanc, France Bleu Loire Océan vendredi 11 septembre 2015 à 2:35

Les Derouck, adhérents du PC depuis 69 ans
Les Derouck, adhérents du PC depuis 69 ans © Radio France - Alexandre Blanc

130 militants communistes vendéens sont à la 80ème Fête de l'Huma ce week-end. La Vendée est un terreau loin d'être favorable au communisme. Comment les adhérents labourent-ils cette terre infertile ?

Guy et Raymonde Derouck ont 86 ans, dont 69 ans avec la carte du Parti communiste dans le portefeuille. Ils ont adhéré en 1945. Ils se sont rencontrés en 1947 pendant les manifestations à la SNECMA et n'ont pas loupé une seule édition de la fête de l'Huma pendant 50 ans. Ils y étaient encore en 2010, à l'âge de 81 ans. Quand le couple a quitté la région parisienne pour la Vendée voilà 35 ans, la fédération départementale du Parti communiste a aussitôt demandé à Raymonde de se porter candidate aux législatives de 1981. "Je me demandais comment on allait être reçu", se souvient la retraitée. "Il faut dire qu'aux Herbiers, les candidats ne se bousculaient pas", renchérit son mari. C'est sur cette circonscription que Philippe de Villiers est entré en politique en se faisant élire député en 1986. 

Ce qui compte, c'est d'être présent pour porter le message" — Raymond Derouck, militant communiste vendéen

La Vendée est aussi une terre très catholique, conservatrice, fer de lance de l'insurrection contre-révolutionnaire de 1789 à 1793. Mais Guy et Raymonde ne s'y sont jamais senti rejetés lorsqu'ils distribuent des tracts sur les marchés. Même lorsque les avis divergent, la discussion reste possible et l'écoute est attentive. Malgré tout, candidate aux législatives, aux cantonales, Raymonde n'a jamais dépassé les 5%. 

Avec les Derouck, adhérents du PC depuis 69 ans

Mehdi Seddouki n'éprouve pas le même flegme face à l'adversité. Il faut dire qu'il n'a pas la même expérience. L'animateur social âgé de 30 ans  a commencé à militer en 2008 à Viry-Chatillon dans l'Essonne, une commune alors gérée par le Front de Gauche. Fraîchement arrivé en Vendée, lui aussi s'est vu proposer une candidature sur le canton des Herbiers lors des élections départementales de mars dernier. "C'est vraiment un autre monde. Sur certains marchés, on nous a reproché d'avoir envoyé des gens dans des goulags", témoigne Mehdi Seddouki. 

Peu d'adhérents, peu de moyens

La modeste fédération vendéenne est l'une des rares en France où le Parti communiste n'emploie pas de salarié permanent. Par insuffisance de moyens, mais aussi par choix. Faire de la politique un métier dérange une bonne partie des militants. En Vendée, ce ne sont que des bénévoles qui tiennent le parti. Cette autonomie s'accompagne d'une certaine liberté de ton. La fédération vendéenne du Parti communiste s'est positionnée contre le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, à l'inverse de leurs élus régionaux et du secrétaire national du parti, Pierre Laurent. Au Conseil régional des Pays de la Loire, les communistes siègent avec la majorité socialiste. Pour le prochain scrutin en décembre, les adhérents du Parti communiste en Vendée se sont prononcés pour une alliance avec le Front de Gauche au premier tour. Le vote final a lieu d'ici trois semaines.