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Evacuation violente de migrants à Paris : Gérald Darmanin saisit l’IGPN, la justice ouvre deux enquêtes

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Au lendemain de la violente évacuation d'une manifestation de migrants et d'exilés à Paris, le ministre de l'Intérieur annonce ce mardi avoir saisi la police des polices, deux enquêtes pour "violences" sont ouvertes. De nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer la brutalité des forces de l'ordre.

Près de 450 migrants et exilés avaient installés des tentes place de la République à Paris pour demander une solution d'hébergement
Près de 450 migrants et exilés avaient installés des tentes place de la République à Paris pour demander une solution d'hébergement © Maxppp - Michael Bunel / Le Pictorium

Les réactions sont nombreuses ce mardi, au lendemain de l'évacuation musclée d'une manifestation de migrants installés place de la République à Paris. A commencer par celle de Gérald Darmanin. Jugeant certaines "images choquantes", le ministre de l'Intérieur a demandé l'ouverture d'un "rapport circonstancié sur la réalité des faits au Préfet de police". Il indique qu'il prendra des "décisions dès sa réception".

Organisée par des associations, cette manifestation a réuni environ 450 migrants et exilés. Des tentes ont été installés sur la place pour dénoncer l'évacuation d'un camp de migrants à Saint-Denis une semaine plus tôt. De nombreuses vidéos et photos ont été diffusées sur les réseaux sociaux, témoignant de la charge brutale des policiers. Dispersion musclée avec des gaz lacrymogènes, plusieurs manifestants frappés et les tentes confisquées. 

Enquêtes ouvertes pour "violences"

Le parquet de Paris a annoncé ce mardi après-midi l'ouverture d'une première enquête pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique", après la diffusion d'une vidéo où l'on voit un policier faire un croche-pied à un migrant.

C'est l'IGPN qui est chargée d'enquêter sur ces faits visibles dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Gérald Darmanin avait annoncé plus tôt avoir "demandé à l'IGPN (la "police des polices") de remettre ses conclusions sous 48h".

Une deuxième enquête a également été ouverte pour des violences sur un journaliste de Brut. Le média en ligne a indiqué qu'un de ses reporters avait été "molesté à plusieurs reprises par un policier" et alors qu'il couvrait l'évacuation du camp de migrants. Rémy Buisine a expliqué avoir "été pris à la gorge par un policier" et projeté à terre. Sur des images filmées notamment par d'autres journalistes, on peut l'apercevoir tombé au sol et se faire malmener par un policier.

Deux gardes à vue

Selon franceinfo, le parquet de Paris fait état de deux interpellations, qui ont eu lieu lundi soir, après l'évacuation du campement. Les deux gardes à vue sont en cours pour des faits de violences sur personne dépositaire de l'autorité publique et outrage à personne dépositaire de l'autorité publique.

De son côté, Médecins sans frontières a annoncé dans un communiqué que l'association allait porter plainte contre le préfet de police de Paris. Des équipes de MSF étaient venus "en soutien aux quelque 450 migrants laissés à la rue suite à l’évacuation du campement de Saint Denis le 17 novembre".

"Face à la grande violence et à l’acharnement des forces de l’ordre à l’égard des personnes présentes, une plainte va être déposée à l’encontre du préfet de police de Paris Didier Lallement pour violences volontaires et atteinte aux biens des associations et des exilés", indique le communiqué de l'association humanitaire.

"Les migrants doivent être traités avec humanité" 

A la suite de la réaction de Gérald Darmanin, plusieurs voix se sont fait entendre pour dénoncer le mode opératoire de l'évacuation. David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale a condamné des "gestes qui n'ont pas lieu d'être dans une opération extrêmement sensible". 

Sur l'antenne de BFMTV, il a ajouté : "Ce campement n'est pas arrivé là par hasard. Il était installé avec des gens qui sont venus provoquer. C'est un coup politique, mais peu importe (...) Il ne doit pas justifier des actions des forces de l'ordre qui sortent du cadre légal de l'usage de la force".

Les ministres de la citoyenneté et du logement, Marlène Schiappa et Emmanuelle Wargon, soulignent mardi dans un communiqué "que les migrants sont des personnes qui doivent être traitées avec humanité et fraternité".

"Les deux ministres mobilisent les administrations de l’Etat afin que des solutions de prise en charge soient trouvées sans délai pour les personnes en situation de détresse. D’ores et déjà 240 places sont identifiées par le préfet de la région Ile-de-France, en centre d’accueil et d’examen des situations administratives et dans les structures de l’hébergement d’urgence", ajoutent-elles.

L'organisation Médecins sans frontières (MSF) a indiqué qu'elle allait "probablement" déposer "une plainte" contre le Préfet de police de Paris Didier Lallement pour "mise en danger" d'autrui et "agressivité". Corinne Torre, cheffe de mission France de MSF invitée par franceinfo, n’appelle pas à la démission du préfet : "Notre objectif c’est d'alerter sur des situations qui sont inacceptables et de tout faire sur un plan diplomatique pour que ces pratiques cessent".

La gauche et les écologistes dénoncent une "dérive liberticide"

Gauche et écologistes ont dénoncé mardi des "images insupportables" et une "dérive liberticide".
Pour Yannick Jadot, les "images sont extrêmement choquantes, on a vu des violences vis-à-vis de réfugiés en situation extrêmement difficile et des violences vis-à-vis de journalistes qui commencent à s'accumuler dans le temps", a critiqué l'eurodéputé EELV sur Europe 1, y voyant l'illustration d'une "dérive liberticide qui est dangereuse".

Selon lui, avec l'article 24 de la loi "Sécurité globale" en cours d'examen au Parlement, "le ministre (de l'Intérieur Gérald) Darmanin a, de fait, avec le président de la République, créé un délit d'informer pour les journalistes sur les manifestations" en "cré(ant) l'idée que les journalistes n'ont plus leur place dans les manifestations, que les journalistes deviennent des adversaires de la démocratie".

Olivier Faure, premier secrétaire du PS invité a été  "sidéré" par ce qu'il a vu. "Nous sommes un pays qui est censé être le pays des droits de l'homme", a-t-il déclaré sur France Inter. "Ces images sont insupportables et insupportables aussi de nous dire 'regardez, ce sont des images qui sont révoltantes'. Mais monsieur Darmanin. Ce que ce n'est pas vous, justement, qui avez voulu supprimer ces images avec votre projet de sécurité globale ?", a ajouté Olivier Faure.

Du côté de La France insoumise, le député Eric Cocquerel estime qu'on a "assisté à une répression malheureusement pas inédite, totalement disproportionnée". Présent lundi soir place de la République, il s'est insurgé : "Y avait-il un risque pour les policiers ? Non, ils en conviennent. Y avait-il le même risque pour une détérioration de matériel ? Non. Donc, c'est une répression qui s'est abattue, je le rappelle, sur des gens qui demandent juste qu'on respecte leurs droits humains, sur des militants pacifiques, sur des journalistes et des élus sans distinction".

La droite tacle Darmanin 

A droite, les réactions sont diamétralement opposées. Pour le député LR Eric Ciotti, "la réaction de Gérald Darmanin (...) est lâche. Moi je soutiens ceux qui font exécuter les lois" a-t-il déclaré en faisant référence à la loi Sécurité globale. 

A l'extrême-droite, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a réagi : "A quoi sert de faire voter une loi pour protéger les policiers si c'est pour les désavouer collectivement au moindre incident ou à la moindre provocation d'extrême gauche ?".

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