Politique

Fallait-il boycotter les JO de Sotchi?

Par Aurélie Locquet, France Bleu Alsace jeudi 6 février 2014 à 11:22

Le stade olympique Fisht où se déroulera la cérémonie d'ouverture des JO de Sotchi
Le stade olympique Fisht où se déroulera la cérémonie d'ouverture des JO de Sotchi © Maxppp

Après ceux de Pékin, les JO de Sotchi ont suscité la polémique. Plusieurs appels au boycott de la cérémonie d'ouverture ont été lancés pour protester contre les lois anti gays de Vladimir Poutine.

Retrouvez l'interview en intégralité de Xavier Kuhn, l'entraîneur de l'équipe de France de skicross à Sotchi Retrouvez l'interview en intégralité de Sandrine Bélier, eurodéputée d'Europe Ecologie Les Verts Les critiques contre une loi russe "anti-gay" se sont multipliées dans le monde avant les jeux Olympiques de Sotchi. Cette loi interdit la "propagande"  homosexuelle devant les mineurs, elle prévoit jusqu’à 125  euros d’amende pour un Russe et, pour les étrangers, jusqu’à 2. 300  euros, assortis de quinze jours de détention et de l’expulsion du pays.

Les défenseurs des droits des minorités veulent profiter des jeux pour plaider la cause des homosexuels, malmenés en Russie. 27 lauréats du Prix Nobel ont écrit au président russe pour protester contre ce texte promulgué en juin dernier. 

"Tous ceux qui vont à Sotchi, les journalistes, les athlètes et les autres doivent s'exprimer sur la situation en matière de droits de l'homme" , martèle Sandrine Bélier, eurodéputée d'Europe Ecologie Les Verts. "Ils doivent faire ce que les habitants ne peuvent pas faire."

Les athlètes qui mènent des actions risquent d'être disqualifiés

De leur côté, 15 athlètes nord-américains et européens ont demandé dans une lettre au nouveau président du CIO Thomas Bach de prendre position sur cette question, estimant que la loi russe "violait clairement" la charte olympique interdisant "toute forme de discrimination" . Le CIO a rappelé aux athlètes que toute forme de publicité ou de propagande leur était interdite, sous peine d'être disqualifiés ou exclus des Jeux. "Etre potentiellement exclus des JO, c'est l'honneur des athlètes qui s'expriment" , selon Sandrine Bélier d'Europe Ecologie Les Verts.

"Ca n'est pas notre job" , répond Xavier Kuhn. L'Alsacien est entraîneur de l'équipe de France de skicross à Sotchi. "On est dans une bulle (...), on est venu pour choper une médaille."

Sport et politique se mèlent régulièrement dans l'histoire des jeux

Le président des Etats-Unis Barack Obama a nommé en tête de la délégation américaine deux ex-sportifs, l'ancien patineur Brian Boitano et l'ex-joueuse de tennis Billie Jean King ayant fait leur coming-out. Le président français François Hollande et le premier ministre britannique David Cameron ont quant à eux décidé, aux côtés d'autres dirigeants européens, de ne pas assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux. Sans toutefois préciser la raison de leur absence.

L'histoire des jeux est liées à des appels aux boycott. Des pays entiers ont été absents lors de certaines éditions. Et certains athlètes ont utilisé cette tribune pour faire passer un message: lors de l'hymne américain, à Mexico en 1968, Tommie Smith et John Carlos ont par exemple levé leur poing ganté de noir pour marquer leur soutien au mouvement politique noir américain des Black Panthers.