Politique

Une fille de harki gardoise : "Seule une loi permettra une reconnaissance officielle"

Par Najat Essadouki et France Bleu Gard Lozère, France Bleu Gard Lozère dimanche 25 septembre 2016 à 15:28

Cérémonie d'hommage aux harkis à Nîmes
Cérémonie d'hommage aux harkis à Nîmes © Radio France - Najat Essadouki

Dimanche, François Hollande a reconnu "les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis" lors d'un discours pour la journée nationale d'hommage qui leur est consacrée. À Nîmes, les descendants de harkis veulent un geste plus fort et demandent une loi de reconnaissance.

François Hollande a reconnu, dimanche, « les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France ». Un geste fort de la France mais un geste insuffisant pour Nadjia.

Cette Nîmoise est fille de harki. Depuis quarante-cinq ans, elle attend une reconnaissance officielle de la France. Une reconnaissance qui passe obligatoirement, pour elle, par une loi de réparation. « Tant qu'on aura pas une loi le 25 septembre ne suffira pas. Il faut une trace écrite, que les excuses soient gravés à vie dans les textes français. Des excuses pour les milliers d'harkis oubliés par la France. Des excuses pour ses parents mais aussi des excuses pour elle qui a tant souffert de ne pas savoir à quel pays elle appartenait.

« Mon papa n'est plus là, seule une loi lui permettrait de retrouver sa dignité », fille d'harki.

Les descendants d'harki eux aussi ont souffert de cette situation. « Nous, la première génération nous sommes aussi victimes. Victimes de la souffrance de nos parents. Nous n'avons pas grandi comme les autres enfants. J'ai été rejeté par les Français comme par les Algérien. Seule une loi permettra d'atténuer cette douleur

« Nous sommes encore à ce jour considérés comme des enfants de traitres » Nadja une fille de harki

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