Politique

Affaire Penelope Fillon : Alain Juppé exclut d'être un recours à François Fillon pour la présidentielle

Par Yves Maugue et Thibaut Lehut, France Bleu Gironde et France Bleu vendredi 27 janvier 2017 à 10:39 Mis à jour le vendredi 27 janvier 2017 à 10:55

Alain Juppé et François Fillon à Bordeaux, le 25 janvier 2017.
Alain Juppé et François Fillon à Bordeaux, le 25 janvier 2017. © Maxppp -

Alors que François Fillon a affirmé jeudi soir sur TF1 qu'il se retirerait de la course à l'Elysée s'il était mis en examen, son dauphin lors de la primaire de la droite Alain Juppé affirme ce vendredi matin qu'il n'est pas question pour lui de jouer les recours.

Alain Juppé s'est exprimé ce vendredi matin avant le conseil de Bordeaux Métropole dont il est le président. Le maire de Bordeaux n'a pas esquivé les questions sur l'actualité politique du moment et les difficultés de François Fillon aux prises avec les accusations concernant les éventuels emplois fictifs de son épouse Penelope. Alain Juppé a d'abord tenu à défendre le candidat de la droite en affirmant que "François Fillon n'était pas en situation de se retirer" car "il n'est pas mis en examen". Il s'est persuadé que le candidat de la droite allait pouvoir "poursuivre sa campagne" car "il a apporté des éléments qui sont convaincants".

"Les électeurs se sont prononcés"

Englué dans la polémique sur les salaires perçus par son épouse, le candidat Les Républicains a expliqué jeudi qu'il ne renoncerait à la présidentielle qu'en cas de mise en examen. Une simple hypothèse, puisque la justice n'en est qu'au stade de l'enquête préliminaire. Mais Alain Juppé a de toutes façons exclu de prendre le relais en cas d'abandon de François Fillon. "J'entends circuler ce bruit", affirme le maire de Bordeaux. La primaire a eu lieu, les électeurs se sont prononcés de la façon la plus claire et je n'ai pas du tout l'intention de me lancer dans une opération de repêchage".

Faut-il changer la loi ? Probablement" - Alain Juppé

Alain Juppé : "Je n'ai pas l'intention de me lancer dans une opération de repêchage"

En revanche, Alain Juppé se prononce pour une modification de la loi quant à l'emploi des proches des élus. "Faut-il changer la loi ? Probablement, estime-t-il. Il faut sans doute s'inspirer de ce qui existe au Parlement européen qui a fixé des règles plus claires et plus strictes". Tout en précisant : "Cela vaudra pour l'avenir. Les lois ne sont pas rétroactives dans ce domaine".

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La justice entend les témoins

Parallèlement à ces déclarations, l'enquête ouverte pour "détournement de fonds publics" et "abus de biens sociaux" suit son cours. L'ex-directeur de La Revue des Deux Mondes, Michel Crépu, a été entendu vendredi matin à l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) à Nanterre. Une audition qui vise à faire la lumière sur les soupçons d'emplois fictifs pesant sur Penelope Fillon, en tant qu'attachée parlementaire de son époux et collaboratrice de cette revue des Deux Mondes dont le propriétaire, Marc Ladreit de Lacharrière, est un proche de François Fillon.