Politique

Florian Philippot annonce qu'il quitte le Front national

Par Julien Baldacchino, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu jeudi 21 septembre 2017 à 7:49 Mis à jour le jeudi 21 septembre 2017 à 11:12

Florian Philippot dirige également son propre mouvement, "Les patriotes".
Florian Philippot dirige également son propre mouvement, "Les patriotes". © AFP - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Le vice-président du Front national, Florian Philippot, annonce ce jeudi matin qu'il quitte le Front national. Mercredi, la présidente du FN Marine Le Pen, avec qui il est en désaccord sur la ligne du parti. Marine Le Pen "conteste les accusations" qui lui sont portées.

"Bien sûr, je quitte le Front national" a annoncé ce jeudi matin Florian Philippot sur France 2. Jusqu'alors vice-président du parti, le député européen était en vive opposition avec Marine Le Pen sur la ligne à suivre pour le FN.

Mercredi, la présidente du parti lui a retiré sa délégation à la stratégie et à la communication, tout en le maintenant à la vice-présidence. Elle évoquait un conflit d'intérêt entre ses missions pour le FN et la présidence de son propre mouvement, "Les Patriotes". Marine Le Pen exigeait que Florian Philippot quitte la tête de cette association, ce qu'il a refusé.

"On m'a dit que j'étais vice-président à rien... Je n'ai pas le goût du ridicule, je n'ai jamais eu le goût de rien faire".

"Retour en arrière terrifiant"

Mercredi soir, Florian Philippot affirmait que pour lui, la question du conflit d'intérêt est "un faux procès, un prétexte", et assurait que "le FN est en train de changer complètement de ligne, de faire un retour en arrière absolument terrifiant, qui affole des milliers de personnes, des cadres, des élus, et moi". Il assurait pour sa part "travailler à la refondation du parti".

Il s'est notamment étonné qu'il n'y ait pas eu "de remise en ordre" lorsque Gilbert Collard, député FN, a qualifié la "dédiabolisation" du parti de "piège à cons", et a expliqué avoir "vu des choses qu'au début [il] n'a peut-être pas voulu voir ces derniers mois", notamment l'éviction de Sophie Montel, l'un de ses plus solides soutiens, de la présidence du groupe FN en région Bourgogne-Franche-Comté. Sur son compte Twitter, celle-ci a également affirmé quitter le parti dès ce jeudi.

La semaine dernière, Florian Philippot a notamment été au cœur d'une polémique divisant les partisans du Front national, après qu'une photo a circulé sur laquelle on le voyait attablé à un restaurant de couscous. "Je voyais la mayonnaise monter, j'ai essayé de préserver l'unité, d'aller dans le sens de la sérénité des débats", explique-t-il.

Il ajoute avoir expliqué que "diriger une association, loi 1901 dans la cadre d'un parti qui vise à faire débattre des gens, à aller dans le même sens tout à fait que le Front national (...) et à aider sa communication sur de sujets essentiels, c'était important. J'ai eu face à moi à chaque fois de nouveaux arguments. J'ai fini par comprendre, en conclure que c'était un prétexte cette histoire d'association et il y a avait un problème de fond".

Marine Le Pen : "Je prends acte de sa décision"

Invitée ce jeudi matin à réagir sur LCP, Marine Le Pen a affirmé prendre acte de cette décision qui n'est "pas pour [elle] une surprise", mais "conteste formellement l'habillage qu'il effectue et les accusations qu'il porte". "On sentait bien qu'il y avait une stratégie de montée des tensions depuis la création de cette association", déclare-t-elle, disant avoir bien senti "qu'il ne s'agissait pas d'un think-tank mais bien d'un parti politique".