Politique

Franck Raynal (maire de Pessac) : "nous ne pouvons pas accueillir les Sahraouis la journée"

Par Florence Pérusin, France Bleu Gironde mardi 15 septembre 2015 à 11:05

Franck Raynal dans le studio de France Bleu Gironde
Franck Raynal dans le studio de France Bleu Gironde - Florence Pérusin

Depuis hier lundi, 57 Sahraouis qui devaient être accueillis dans des locaux désaffectés à Pessac, refusent de s'y installer. Encouragés par des associations comme la Ligue des Droits de l'Homme ou l'ASTI, ils demandent à être hébergés 24h/24 et pas uniquement la nuit comme le propose la mairie.

France Bleu Gironde : Vous attendiez-vous à la levée de bouclier des associations?

Franck Raynal : Franchement, non ! Quand j'ai appris hier après-midi (lundi) qu'il y avait une polémique, je me suis étonné car on n'a pas besoin de ça, au moment où on est en train d'essayer de prendre en charge un hébergement, qui est précaire, j'en ai conscience, mais qui est tout à fait temporaire, qui est là pour des demandeurs d'asile qui attendent l'instruction de leur dossier.

Pourquoi ces locaux qui peuvent les accueillir la nuit ne le peuvent pas le jour ?

Car ils ne sont pas du tout adaptés. Il n'y a pas de salle de séjour. Des lits de camps ont été installés avec des armoires mais il n'y a ni réfectoire, ni salle de repos. Rien n'est prévu pour vivre la journée, et de toutes les façons, le bâtiment ne le permet pas.

Vous êtes prêt à évoluer sur votre proposition ou vous restez sur un hébergement de nuit ?

La demande initiale de la préfecture, c'était précisément celle-ci : l'hébergement de 57 personnes la nuit, donc aujourd'hui je n'ai pas d'autres bâtiments disponibles pour un hébergement plus durable. Déjà je dis, mettons en place ce qui a été prévu, et montons en charge, progressivement. On verra ensuite pour la journée. Nous pourrons l'envisager mais j'estime que cette solidarité doit s'exercer au niveau de la métropole.

Comment les riverains ont-ils accueilli cette initiative ?

Ils ont d'abord été très étonnés c'est vrai, alors il y a 10 jours, nous avons fait une réunion d’informations. Nous les avons également emmenés visiter ces locaux pour qu'ils se rendent compte des conditions d'accueil. Ce qui a aussi contribué à les rassurer. Les conditions d'une cohabitation sont aujourd'hui réunies.

Votre parti demain va parler d'immigration. Faut-il faire une distinction entre les migrants à vos yeux ?

Il y a deux éléments : l'immigration liée aux troubles politiques, et les migrants économiques. On ne peut pas blâmer ces derniers de vouloir trouver de meilleures conditions de vie, seulement la question, c'est, comment on les héberge. Ceux de Pessac sont des réfugiés politiques, qui ont déposé une demande d'asile et ceux là, nous devons les accueillir. 

Pour les autres il fait faire la distinction. Mais ce qu'il faut surtout c'est mettre en place dans leur pays les conditions politiques du règlement des problèmes. De ce point de vue l’intervention en Syrie est une très bonne chose. Le but c'est qu'ils ne viennent pas tous en France, car on ne pourra pas tous les accueillir.

Franck Raynal: L'intervention en Syrie est une bonne chose"