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Politique

François Baroin : "Il n'y a jamais eu autant de maires ayant l'intention de ne pas se représenter"

- Mis à jour le -
Par , , , France Bleu

À cinq mois des élections municipales, le président de l'Association des maires de France François Baroin est revenu ce mercredi, pour France Bleu, sur le mal-être de ces élus de proximité. Il réclame notamment plus de compétences pour les communes.

"Il n'y a jamais eu autant d'intention, de la part de maires, de dire qu'ils ne se représenteront pas". Le constat, sans appel, est signé François Baroin. À cinq mois des élections municipales et à l'occasion de la publication d'un sondage Odoxa-CGI pour France Info, France Bleu et la presse en région, le président de l'Association des maires de France a accordé un entretien à France Bleu, au sein duquel il revient sur le mal-être de ces élus de proximité, dont une part d'une ampleur inédite pourrait décider de ne pas rempiler pour un nouveau mandat.

Une crise de vocations provoquée par "la fatigue, la lassitude et la peur"

"C'est une tendance que l'on observe depuis plusieurs années [...] mais ce qu'on dit un peu moins c'est qu'on n'a jamais eu autant de démissions de maires adjoints ou de conseillers municipaux", a-t-il ajouté. "Et ce que l'on dit moins encore, c'est que des élus de 2014 (ayant fait un seul mandat, ndlr) ont annoncé dès à présent qu'ils ne se représenteraient pas". Pour expliquer ce phénomène, François Baroin évoque "la fatigue, la lassitude, la peur". 

Avec un net décalage, dans la relation entre l'élu et ses administrés, entre grandes villes et monde rural. "Plus on monte dans la taille des villes, plus le maire se rapproche du vulgaire 'homme politique traditionnel', avec ce que ça suppose de sentiment d'incompétence et d'éloignement avec la réalité du quotidien", explique François Baroin. Conséquence : ce sont dans ces grandes villes, où "il y a certainement des attentes supplémentaires", qu'il y a "le plus d'hésitations pour reconduire le maire".

L'État n'a plus les compétences pour s'occuper de tout

Autre motif de désarroi évoqué dans notre sondage pour ces élus, "le sentiment que la commune n'a plus tout à fait sa place", alors que le maire est globalement perçu comme l'élu le plus populaire par les sondés (63% de bonnes opinions). "Ce qu'il se passe au coin de la rue est aujourd'hui plus important que ce qu'il se passe au bout du monde", rappelle-t-il, "et l'élu de proximité est évidemment celui qui sert de repère". Le maire de Troyes plaide donc pour un renforcement de leur rôle. 

"Les administrés sont des contribuables, donc veulent moins de fiscalité, ils sont des usagers des services publics et veulent leur renforcement là où c'est nécessaire, ils sont utilisateurs des voies de communication donc veulent que les territoires puissent se développer", estime-t-il, "et tout cela donne du poids à nos revendications [...] d'une aspiration à une nouvelle phase de libertés locales". "L'État n'a ni les moyens ni les compétences de s'occuper de tout, et en persistant il amplifie les handicaps naturels", déplore-t-il, alors qu'est discuté au Sénat depuis ce mardi le projet de loi "engagement et proximité", qui manifeste l'ambition de replacer les maires "au cœur de l'action publique locale" et d'enrayer la crise des vocations.

Un projet de loi censé venir au chevet des maires

Porté par le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu, le projet de loi "engagement et proximité" sera examiné en première lecture pendant deux semaines par le Sénat, à majorité de droite, avant d'aller à l'Assemblée nationale, probablement dès novembre. Il se décompose en deux grands volets, dont l'un comporte plusieurs mesures pour simplifier le quotidien des élus et améliorer leur protection : revalorisation des indemnités des élus des petites communes, prise en charge des frais de garde des enfants lors des réunions, droit à la formation, assurance de protection juridique, renforcement des pouvoirs de police du maire...

Le second grand volet tend à assouplir les liens entre communes et intercommunalité, à gommer les points "irritants" des dernières réformes territoriales, en particulier la loi NOTRe de décentralisation, votée en 2015.

* Sondage Odoxa-CGI pour France Info, France Bleu et la presse en région. Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet du 24 au 30 septembre 2019. Échantillon de 3 005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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