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Politique

VIDÉOS - François Hollande avertit le gouvernement sur "la colère rentrée et frustrée des Gilets jaunes"

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Par , , France Bleu Nord, France Bleu

L'ancien président de la République, François Hollande, était l'invité de France Bleu Nord ce mardi matin. Il a participé à des cérémonies de commémorations du 11 novembre dans le Pas-de-Calais et animera ce mardi après-midi une conférence sur la crise démocratique à l'université de Lille.

François Hollande, dans les studios de France Bleu Nord
François Hollande, dans les studios de France Bleu Nord © Radio France - Stéphane Barbereau

Lille, France

François Hollande a accordé un long entretien à France Bleu Nord (enregistré lundi 11 novembre après-midi). L'ancien président de la République a participé ce lundi aux cérémonies célébrant la fin de la Première Guerre mondiale, à la nécropole de Notre-Dame-de-Lorette après celle du soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe, à Paris. Il doit se rendre ce mardi matin à l'association "l'Envol" à Arras, qui bénéficie de financements de la fondation de l'ancien président "la France qui s'engage" en venant en aide aux décrocheurs scolaires. Il participera ensuite à une conférence à l'université de Lille, à la faculté de sciences politiques, à 14h30 ce mardi après-midi. François Hollande doit également rencontrer Martine Aubry, maire de Lille, dans la journée.

Les commémorations du 11 novembre

François Hollande a assisté à l'inauguration ce lundi matin d'un nouveau monument, à Paris, qu'il a initié quand il était président, consacré aux soldats morts en opérations extérieures (Mali, Afghanistan...) : "La France a un devoir vis-à-vis de ces personnes tombées, de ces soldats et vis-à vis des familles qui étaient demandeuses d'avoir un lieu où se recueillir".  

Que dire aux générations après 101 ans ?

"Il faut dire aux générations qui arrivent que le sacrifice continue, qu'il y a toujours des soldats qui sacrifient leur vie, se dévouent pour la patrie à l'occasion de conflits dont on ne parle pas forcément autant que les guerres puisqu'il y a au Mali, en Syrie, en Irak, en Afghanistan des forces françaises qui ont combattu le terrorisme et le fanatisme".

Il est très important de dire aux nouvelles générations que la patrie a un sens, que se dévouer pour elle a une portée.

La crise démocratique

C'est au cœur du livre d'entretien qu'a accordé François Hollande avec le think tank social-démocrate Terra Nova : "Répondre à la crise". Et l'ancien chef de l'Etat apporte, notamment une réponse institutionnelle : Il souhaite rallonger le mandat présidentiel à six ans, supprimer le poste de Premier ministre : "Pourquoi un maire, un président de conseil départemental, régional a six ans et pas le président de la République ? Je suis aussi conscient que les Français veulent se prononcer plus souvent. je suis pour raccourcir le mandat des députés".

François Hollande, dans les studios de France Bleu Nord, à Lille - Radio France
François Hollande, dans les studios de France Bleu Nord, à Lille © Radio France - Stéphane Barbereau

Se sent-il responsable ?

"J'avais vu une forme de prise de distance des citoyens par rapport à la politique, avec l'abstention, une désaffection dans l'engagement. Je voyais bien qu'il y avait une forme de professionnalisation de la vie politique. Des grands partis, le mien, le PS, avait finalement une culture de reproduction des élites. On allait chercher toujours les mêmes alors que les catégories populaires, celles qui se sont peut-être un peu plus manifestées avec les Gilets jaunes, voulaient aussi prendre leur part de la décision politique".

Dans le bassin minier, du PS au RN

Le Parti socialiste, longtemps hégémonique dans l'ancien bassin minier, est menacé de plus en plus par le Rassemblement national, à l'approche des élections municipales : "Le RN s'est installé là où on lui a laissé la place, chaque fois qu'un grand parti démocratique connaît un manquement, une insuffisance, un scandale, il en paie le prix". et François Hollande se veut ironique avec le parti de Marine le Pen : "Et l'extrême-droite ? Aucun scandale, aucune insuffisance, aucune scission...."

Le vote pour l'extrême-droite, c'est un votre de découragement, de dépit, de défiance.

"Ce qui est assez affligeant, c'est de voir que les grandes formations qui avaient structuré le débat gauche-droite n'arrivent pas, faute d'avoir suffisamment de fierté peut-être, alors que les nouvelles formations politiques, elles n'existent pas, ne vont pas sur le terrain". L'ancien président vise clairement La République en marche : "Je vois que même pour désigner leur candidat aux municipales, c'est un exercice d'autant plus compliqué que l'on ne consulte personne. Le risque c'est d'avoir une démocratie qui ne soit plus animée et c'est à ce moment-là que les populismes peuvent trouver leur part de réussite là où elles ne devraient n'en connaître aucune".

1er anniversaire des Gilets jaunes

La crise est terminée sous cette forme-là mais pas sous la forme de la colère rentrée, frustrée 

"Il ne faut pas l'attiser. Dans les semaines à venir, il y aurait tout intérêt de la part du gouvernement, du président de la République à apaiser sur la question des retraites, de la santé, des hôpitaux, de l'Education nationale plutôt que d'avoir consacré des sommes importantes à baisser les impôts des plus favorisés il aurait été plus utile de renforcer les services publics".

"Une des causes de la désaffection à l'égard de la démocratie, c'est quand il n'y a plus les services publics et le modèle social républicain que nous avons pu connaître et défendre et qui pour beaucoup maintenant, se défait".

Rencontre avec Martine Aubry

François Hollande animera une conférence ce mardi après-midi à l'université de Lille, à 14h30, à la faculté de sciences politiques. en marge de ce déplacement, il rencontrera la maire PS de Lille qui doit dire dans les prochaines semaines si elle est candidate à un quatrième mandat. Ces deux anciens premiers secrétaires du PS entretiennent des rapports tendus, ont enchaîné les rendez-vous ratés, cette fois sera la bonne à entendre François Hollande : "Comment venir à Lille sans rencontrer Martine Aubry ?" réplique l'ancien président questionné sur l'avenir de son ex-concurrente à la Présidentielle au beffroi de Lille.

"Elle prendra sa décision, je sais qu'elle est très attachée au renouvellement mais qu'elle a aussi conscience de ce qu'elle doit faire en cette période où il y a besoin de référence et d'unité. Ici à Lille, comme ailleurs, ce qui a manqué, c'est l'unité, le rassemblement donc c'est à elle de l'organiser".

Martine Aubry, la maire PS de Lille - Radio France
Martine Aubry, la maire PS de Lille © Radio France - Stéphane Barbereau

Lille doit rester un modèle et à bien des égards, les politiques menées à Lille servent de référence.

"Pour l'économie, la culture, l'action sociale, la jeunesse. Je souhaite que les élus socialistes sortants puissent montrer du renouvellement et de la fierté dans ce qu'ils ont pu réaliser. La ville de Lille avec Pierre Mauroy, Martine Aubry a considérablement changé avec ce qu'elle était au début des année 80."

Pique à Emmanuel Macron

Interrogé sur l'absence de leader au PS, autre que Martine Aubry, François Hollande fait une allusion subtile à Emmanuel Macron, son ancien collaborateur à l'Elysée qui décida de se présenter à la Présidentielle juste avant que l'ancien chef de l'Etat ne renonce : 

L'expérience prouve qu'on trouve toujours des successeurs même quand ils ne sont pas autorisés à l'être.

"N'ayez donc pas d'inquiétude mais il y a aussi le devoir. J'ai toujours conçu ma responsabilité ainsi, d'aller chercher dans les nouvelles générations celles et ceux qui peuvent être demain des successeurs à condition qu'ils soient fidèles, loyaux et inspirés"

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