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Politique

François Hollande en Corse

vendredi 3 mars 2017 à 11:00 Par Hélène Battini, Patrick Vinciguerra et Jean Pruneta, France Bleu RCFM

Collectivité unique, fiscalité patrimoniale, François Hollande a dressé un bilan positif de son action en Corse, sans pour autant faire d’annonces nouvelles, hormis une aide pour les victimes d’intempéries.

François Hollande en Corse le 02.03.2017
François Hollande en Corse le 02.03.2017 © Radio France

Corse, France

La désillusion nationaliste

Pas de grandes annonces mais une visite sous forme de bilan à 52 jours du premier tour de la présidentielle pour François Hollande. Le Président de la République a regagné Paris en fin d'après-midi après une journée très chargée ce jeudi. Cérémonie en la mémoire de Michel Rocard à Monticellu, rencontre avec des élus du Cap Corse, puis visite à Furiani pour évoquer les intempéries qui ont touché l'île fin 2016. Un déplacement au pas de charge qui avait débuté le matin à Ajaccio, à l'assemblée de Corse. François Hollande s'est exprimé devant les élus, après des propos introductifs de Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, les présidents de l'assemblée et de l'exécutif de Corse. Un discours d'une vingtaine de minutes pour le chef de l'Etat mais pas d'annonces. Personne d'ailleurs n'en attendait d'un président en toute fin de mandat, qui ne se représente pas, mais tout de même Jean-Guy Talamoni espérait un geste. Pour le président de l’assemblée de Corse beaucoup de questions politiques restent en suspens :

« De positif bien sûr il y a la collectivité unie, l’arrêté Miot, c’est vrai c’est important mais il y a des questions très politiques qui restent entières. La coofficialité du corse et français, le statut de résident, l’amnistie pour les prisonniers et recherchés, ce sont des questions fondamentales que nous allons remettre sur la table avec les prochains responsables de la France issus des urnes. »

Dans la foulée, tout comme le président de l'Assemblée de Corse, le président de l'Exécutif, Gilles Simeoni, a souhaité une parole forte du chef de l'état. Si des points positifs sont à retirer de cette visite présidentielle, comme la référence appuyée à la notion de "peuple Corse", la confirmation que la future Collectivité Unique ne pourrait pas être remise en question même en cas d'alternance politique ou encore les annonces d'aides importantes suite aux intempéries de novembre dernier, les leaders nationalistes en attendaient plus, notamment sur le plan de la symbolique. Gilles Simeoni, le président de l'exécutif territorial.

« Parce-que le Président de la République est en fin de mandat, il aurait pu aller plus loin dans la définition des perspectives pour la Corse dans le années à venir. Le discours n’a pas forcement été, au plan symbolique, politique, de la vision stratégique à la hauteur des attentes des corses, des enjeux, de la situation historique, notamment depuis décembre 2015 avec la victoire des nationalistes, avec le retour à la paix publique. Je regrette que Paris ne la prenne pas en compte. »

François Hollande s'est borné à saluer la naissance de la collectivité unique, mais rien de plus, laissant le soin éventuellement à ses successeurs d'emprunter ou pas cette voie.

« Vous souhaitez d’autres évolutions au-delà de ce que ce quinquennat a pu déjà permettre. Je vous l’assure ces évolutions viendront, en temps voulu, en tous cas il n’y aura pas de retour en arrière, parce-que ce que nous avons engagé s’inscrit dans le sens de l’histoire. »

"Une visite hypocrite" selon la droite

Dans ce discours à l'Assemblée de Corse, le Président de la République a évoqué la révision constitutionnelle. Une révision nécessaire selon lui pour faire sauter certains verrous mais il a aussi expliqué qu'il s'était heurté a un problème politique, sans réussir notamment à obtenir les trois cinquièmes du parlement nécessaires. Camille de Rocca Serra, député Les Républicains de Corse-du-Sud, parle d'hypocrisie de la part de François Hollande.

« Sur la constitution il botte en touche, c’est un petit jeu politique qui n’est pas du niveau d’un président de la république. Il sait très bien que sur la charte régionale des langues minoritaires, le mot « régionales » convient à une majorité, le mot « minoritaires » ne convient pas. Lorsqu’il revendique les droits de successions, je suis à l’origine, j’ai déposé une proposition de loi, et j’ai fait en sorte qu’il y ait un consensus. Le gouvernement d’ailleurs, en première lecture n’avait dit que sagesse, laissez le parlement voter, pas qu’il était favorable. Je pense qu’il botte en touche, ce n’est pas élégant de la part d’un président qui vient dire le mot sentiment, les sentiments ça ne sert pas à grand-chose quand on est président ce qui compte c’est l’action. »

Les élus Front National n’ont pas assisté à la visite de François Hollande, volontairement précisent-ils dans un communiqué, d'abord qu’ elle semble improvisée, ensuite car il s'agit, selon le FN, d’une visite de fin de règne qui n’apporte rien de concret à la Corse comme l’a démontré le discours du Président.

Le Président au chevet des sinistrés

Le président de la République a annoncé ce jeudi à Furiani, à l'issue d'une cérémonie d'hommage aux acteurs du secours et aux victimes des intempéries du mois de novembre dernier, d'importantes enveloppes pour les sinistrés : 500 000 euro d'aides aux entreprise victimes de ces pluies, 2 millions d’euro pour les deux départements et puis des taux de remboursement pour les 68 communes concernés pris en charge à hauteur de 60% voire 80% pour les plus petites communes.

« Des catastrophes exceptionnelles se sont abattues sur la Corse, il fallait une réponse exceptionnelle de l’Etat. C’est ce que je suis venu annoncer, à travers des procédures qui elles-mêmes ont été exceptionnelles dans leur déclenchement et la rapidité avec laquelle elles ont été menées à bien. Je sais la détresse des habitants, certains n’ont pas pu retrouver leurs maisons, les problèmes économiques à travers des entreprises qui ont dû fermer un temps, et des agriculteurs qui ont vu leurs installations mises en cause. J’ai annoncé des mesures qui viennent s’ajouter aux indemnisations classiques, parce-que j’ai considéré qu’il y avait nécessité de réparer, de compenser mais aussi d’anticiper. »

Syndicats et associations reçus

Des conseillers du Président ont rencontré pour certains l’associu Sulidarità, pour d'autres des représentants des agriculteurs, des syndicats, mais aussi le collectif pour la santé dans le Fiurm’orbu. Un collectif qui réclame notamment l'installation d'une IRM et d'un hôpital de proximité. Esteban Saldana, le porte-parole du collectif n'est ressortis de l'entrevue ni réjouit ni satisfait.

« Nous lui avons expliqué les blocages politiques et administratifs que rencontraient les dossiers sanitaires proposés au bénéfice de la population de la plaine orientale. Nous attendons qu’un arbitrage politique soit effectué aujourd’hui par la Présidence de la République, soit enfin acté par l’Agence Régionale de la Santé. »

"Pas un mot sur le social dans le discours du Président de la République, alors qu'il y a de plus en plus de gens qui souffrent en corse" c'est le constat du syndicat CGT qui est allé dire sa déception à la conseillère de François Hollande.

« Ne serait-ce que par rapport aux inquiétudes des salariés des trois collectivités qui vont fusionner, avec les risques de mobilité, les moyens financiers…On a évoqué les dossiers d’Air France, les hôpitaux, la précarité dans les services à la personne…Il n’y a aucune réponse. On a fait part aussi de la rancœur des salariés qui pensait qu’il y aurait une rupture avec le Sarkozysme, qu’on aurait enfin une politique sociale, les salariés sont perdus, beaucoup se réfugie dans l’extrême droite le nationalisme… »

Enfin la FDSEA avait des revendications concernant le foncier, la fiscalité et la forêt. Elle a été satisfaite de son entrevue avec une conseillère du Président Hollande. « On a pu le remercier aussi sur l’engagement qu’il avait pris au niveau de la Politique Agricole Commune, qui nous a permis de nous mettre à niveau. Sur la date des paiements, la déforestation et l’augmentation du bénéfice agricole forfaitaire on a pu être rassurés. »

Retrouvez ici l’intégralité de l’interview de François Hollande diffusée ce jeudi matin sur RCFM.