Politique

François Mitterrand : 20 ans après la mort de l’ancien président, les souvenirs de Jacques Chérèque, son ancien ministre

Par Marie Mutricy, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu vendredi 8 janvier 2016 à 8:22

Jacques Chérèque, ministre sous François Mitterrand (88-91)
Jacques Chérèque, ministre sous François Mitterrand (88-91) © Maxppp

20 ans après la mort de François Mitterrand, que reste-t-il du 21e président de la République (21 mai 1981 – 17 mai 1995) ? L’ancien ministre du gouvernement Rocard, le lorrain Jacques Chérèque, a ravivé ses souvenirs pour France Bleu Sud Lorraine.

Jacques Chérèque, né à Champenoux et père de l’ancien secrétaire général de la CFDT François Chérèque, a été ministre délégué à l’Aménagement du territoire et à la Reconversion dans le gouvernement de Michel Rocard, entre 1988 et 1991. Il a accepté de se souvenir du président François Mitterrand, au micro France Bleu Sud Lorraine de Mathieu Barbier :

Que retenez-vous en premier de celui qui a dirigé la France ?

Chez Mitterrand, il y avait deux personnalités. La personnalité du président. Un peu inaccessible, monarque républicain qui avait autorité sur son gouvernement et aussi, indirectement, sur le parti socialiste. Et puis il y avait la personne François Mitterrand en tant que telle, qui savait manifester son attention, son intérêt aux personnes qui l’intéressait.

Jacques Chérèque se souvient de François Mitterrand

Pendant ses mandats, quatre ans passent sous le régime de la cohabitation. Son seul domaine réservé, c’est la politique étrangère…

Pour un bizuth comme moi, c’était une vrai leçon de choses.

Oui, parce qu’il y a eu la guerre du Golfe. A chaque conseil des ministres, il avait un exposé personnel, où il exprimait son analyse de la situation, les éléments de la politique qu’il menait dans ses relations avec les autres grands pays. C’était un exercice magistral. Pour un bizuth comme moi, c’était une vrai leçon de choses.

Et puis, il y a la poignée de main avec Helmut Kohl…

C’était l’homme des gestes significatifs. Avec Helmut Kohl à Verdun, ou avec Lech Walesa (président de la Pologne) qu’il a invité et qui venait du monde syndical.

Sa maladie, sa fille cachée… Vingt ans après, vous en pensez quoi ?

J’en pense des choses particulières… Même moi qui étais dans le gouvernement Rocard, j’ai pratiquement tout ignoré de Mazarine. On voyait bien qu’il n’était pas bien portant. Mais on n’avait pas de perception exacte de la gravité de sa maladie.

Jacques Chérèque se souvient de François Mitterrand - 2e partie de l'entretien

Si Mitterrand était encore à la tête du parti socialiste, les rangs seraient bien tenus !

(Rires). Ça c’est de la pure fiction, hein. Mais bon, Mitterrand était maître dans l’art de jouer les groupes, les équipes, de les mobiliser, de les les confronter, de les opposer. C’est un art de gouverner qui lui était propre.

Si vous deviez définir François Mitterrand en un mot ?

Un vrai républicain, mais un vrai monarque.

Je vous l’ai dit : monarque républicain.* Un vrai républicain, mais un vrai monarque. Est-ce qu’il y a une contradiction ? Peut-être.*

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