Politique

François Patriat : "la Bourgogne et la Franche-Comté accueilleront 400 réfugiés"

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne lundi 19 octobre 2015 à 19:25

La région va doubler l'aide de l'Etat en faveur des réfugiés
La région va doubler l'aide de l'Etat en faveur des réfugiés © Radio France - Arnaud Racapé

Réuni en séance plénière, le Conseil régional de Bourgogne a voté hier le déblocage d'une enveloppe de 150.000 euros dans le cadre de l'hébergement des réfugiés. Ce dispositif vise à doubler la prime de 1.000 euros promise par l'Etat pour chaque place créée par les communes en faveur des migrants.

Face au désastre humain,  la France s'est engagée à accueillir 24.000 migrants. Sur l'ensemble du territoire de la Bourgogne et de la Franche-Comté, qui prendront leur part de responsabilité dans cet accueil, ils pourraient être 150 à deux sur chaque territoire, soit au total 400. Et les élus de la région ont décidé de doubler l'aide aux communes qui leur feront de la place : 1.000 euros par place, soit 1.000 euros de plus que la prime promise par l'Etat.

Pour François Patriat, le président (PS) du Conseil Régional, ces 150.000 euros sont bien peu de choses au regard de la situation de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants qui fuient la guerre et la misère qu'elle engendre : "chacun doit prendre sa part de responsabilité dans ce drame. Il faut bien faire comprendre aux Bourguignons et aux Franc-Comtois que ces gens qui fuient leur pays, leur vie et celle de leurs enfants sont en danger. Chaque pays doit prendre sa part, la France a décidé d'accueillir 24.000 réfugiés, que nous devons traiter humainement. Donc nous avons décidé de doubler l'aider de l'Etat en mettant 1.000 euros supplémentaires par place nouvelle d'hébergement. Quand l'Etat mettra 1.000 euros, quand une commune mettra à disposition une place d'accueil, nous ajouterons 1.000 euros."

A Dijon, la mesure a pourtant donné lieu à de vifs débats au sein de l'hémicycle. On est même sorti complètement du sujet à certains moments, certains mélangeant accueil des réfugiés, islam et communautarisme. 

Les musulmans, nous les aimons, mais chez eux

Une tension symbolisée par des échanges musclés entre le camp Front National et une élue PS, choquée par les propos de Christian Launay,  conseiller FN. Sans craindre l'amalgame ni même le non-sens, ce dernier a déclaré : "les musulmans nous les aimons, mais chez eux". "Je suis chez moi", a rétorqué une élue de confession musulmane. Toujours est-il que le groupe Front National a voté contre cette aide aux migrants, au nom de la lutte contre la politique d'immigration du gouvernement. Christian Launay précise : "Nous considérons qu'il y a 212.000 personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté en Bourgogne, je pense qu'il y a d'abord matière à s'occuper de son voisin. Ça peut vous paraître dérisoire mais je crois que ça participe à activer les pompes aspirantes d'une immigration que nous dénonçons."

Les associations, oubliées par ces aides ?

Pour le groupe Les Républicains-Nouveau Centre qui n'a pas pris part au vote, le problème réside dans le ciblage de cette aide, promise par la région aux communes. "_l'Etat a considéré qu'avec 1.000 euros, les communes pourraient accueillir correctement ces personnes, _explique la conseillère Emmanuelle Coint. "Or on sait très bien que c'est un gros travail pour les associations qui les accompagnent le temps que leurs dossier administratifs soient traités. Donc nous pensons qu'il vaut mieux aider les associations pour qu'elles puissent apporter leur aide dans les différents lieux où seront accueillis les réfugiés."

Dédiaboliser le sujet

Les communes sauront faire bon usage de cet argent rétorque François Patriat le président du Conseil Régional .. qui évoque une décision responsable et solidaire.. "Est-ce que sur nos 4000 communes en Bourgogne et en Franche-Comté, on peut accueillir 400 réfugiés ? Vous vous rendez compte ? C'est quand même peu de choses. Alors il faut dédiaboliser cela, vous savez les Français, quand on leur parle au cœur, ils entendent."

Et François Patriat de promettre également un accompagnement des réfugiés dans ses domaines de compétence : la scolarité, la formation, ou encore l'hébergement.