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Politique DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

François Ruffin sur France Bleu Béarn : "Les gilets jaunes, c'est le moment où les muets sont devenus bavards"

mercredi 27 mars 2019 à 8:21 Par Mathias Kern, France Bleu Béarn et France Bleu

François Ruffin, le député de la France Insoumise, est venu en Béarn pour faire la promotion de son film "J'veux du soleil", qui a été projeté ce mardi soir au village Emmaüs, à Lescar, et qui revient sur le mouvement des gilets jaunes. Il était l'invité de France Bleu Béarn ce mercredi matin.

François Ruffin dans les locaux de France Bleu Béarn.
François Ruffin dans les locaux de France Bleu Béarn. © Radio France - Mathias Kern

Pau, France

François Ruffin, le député de la France Insoumise, est venu présenter son film "J'veux du soleil" en Béarn ce mardi. Un documentaire qui revient sur le mouvement des gilets jaunes. Il était l'invité de France Bleu Béarn mercredi matin.

France Bleu Béarn : quand on est député, on a le temps de tourner des films ?

François Ruffin : Je considère que cela fait partie de mon métier, de mon mandat. Je suis représentant de la nation. Je me bagarre pour représenter les plus invisibles de cette nation. Cela fait partie de mon travail d'animateur de la démocratie.

Comment s'est passé le tournage ?

On a traversé la France en voiture, avec le réalisateur, Gilles Perret, dans mon Citroën Berlingo en 6 jours. Et c'est comme quand vous êtes enfant, vous ouvrez des paquets surprises. Vous ne savez pas si c'est un diable qui va surgir, ou des bonbons piquants, ou des pétards. De ronds-points en ronds-points, on a eu des surprises.

Pourquoi avez-vous voulu faire ce film sur les gilets jaunes ?

Depuis 20 ans, je suis reporter, c'est mon métier. Je les rencontre ces gens, dans le silence de leur appartement. Ils chuchotent, ils me parlent de leurs frigos trop vides, de leurs vacances qu'ils ne prennent pas. Mais ils ne veulent pas qu'on voit leurs photos, ils ont honte.

Le mouvement des Gilets Jaunes, c'est le moment où la honte privée est devenue une colère publique. 

C'est le moment où les muets sont devenus bavards. Les invisibles sont devenus des hyper visibles avec leurs gilets fluorescents. Je voulais garder une trace de tout cela, ça fait 20 ans que j'en rêve et je l'ai vu.

Vous attendiez quoi, que "ça pète" ? 

Non, pas que "ça pète", mais je vois que les gens se sont réveillés. Les isolés, les auxiliaires de vie sociale, les assistantes maternelles, les intérimaires, les personnes handicapées, ils ont construit des cabanes sur les ronds-points. Je suis navré que le pouvoir ait détruit les cabanes des pauvres, le lieu où se retisse le lien. 

Le mouvement des gilets jaunes, aujourd'hui, il n'a pas dévié ? C'est toujours le même ?

Ce mouvement, je l'aime parce qu'il est impur. C'est le bazar dans ce mouvement. On ne sait pas ce qu'il est. On peut avoir des grilles d'interprétation nombreuses et variées. On a commencé par dire que c'était un mouvement de fascistes. Maintenant, plus on interdit le mode de protestation pacifique, et plus on envoie des grenades lacrymogènes, et ainsi de suite sur les gens, plus ça les énerve. Il faut avoir une désescalade. 

Il faut que le président joue l’apaisement et passe par les négociations

Des négociations autour d'une demande sociale, TVA à 0% sur les produits de première nécessité, une demande fiscale, le retour de l’ISF, une demande démocratique, le référendum d'initiative citoyenne, et une demande de justice, avec l’amnistie des gilets jaunes. 

Et si il n'y a rien de tout cela ? Aujourd'hui, c'est illusoire de demander la démission d'Emmanuel Macron ?

On peut espérer. Il y a des gens qui se sont réveillés, qui ne se résignent pas à ce que la démocratie soit écrasée par l'oligarchie. 

Écoutez l'interview de François Ruffin, interrogé par Yannick Damont