Politique

Frédérique Espagnac, sénatrice et proche de François Hollande : "Le PS n'a pas été à la hauteur"

Par Xavier Demagny, France Bleu Béarn et France Bleu Pays Basque vendredi 2 décembre 2016 à 10:59

Frédérique Espagnac, sénatrice socialiste des Pyrénées-Atlantiques.
Frédérique Espagnac, sénatrice socialiste des Pyrénées-Atlantiques. © Maxppp -

Invitée de France Bleu Pays Basque ce vendredi matin, Frédérique Espagnac réagit à la décision de François Hollande, qui a décidé de ne pas briguer un deuxième mandat. "Ce n'est pas ce que je souhaitais" affiche la sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, proche du chef de l'Etat.

Elle fait partie de la garde rapprochée de François Hollande et elle est montée au créneau ces dernières semaines, pour défendre le bilan du chef de l'état. Frédérique Espagnac, sénatrice socialiste des Pyrénées-Atlantiques, dit respecter la décision de François Hollande, "elle lui appartient" mais assure que "ce n'était pas ce qu'elle souhaitait". "Je considérais qu'il était le mieux placé pour rassembler la gauche vu le nombre de candidats à ce jour et permettre à la gauche d'être au second tour."

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Un choix personnel et solitaire

La sénatrice socialiste raconte au micro de France Bleu ses récents échanges avec le président de la République : "Je l'ai vu évoluer ces derniers jours. (...) On a eu plusieurs échanges cet été. On a commencé à discuter, puis on a eu un tête à tête fin septembre. J'avais compris que ce n'était pas acquis. Je pense que les quinze derniers jours, il a été seul et isolé. Il s'est enfermé pour être en accord avec lui même et prendre la bonne décision : c'est ce qu'il a fait."

Est-ce que j'ai été d'accord avec tout ce qui a été fait ? Non. Est-ce que j'ai été loyal à l'homme ? Oui. Est-ce que j'ai défendu son bilan ? Complètement et j'assume. — Frédérique Espagnac, sénatrice socialiste

Frédérique Espagnac n'hésite pas à souligner leurs désaccords, sur la déchéance de nationalité notamment, mais elle affiche sans réserve son soutien à l'homme politique : "Est-ce que j'ai été d'accord avec tout ce qui a été fait ? Non. Est-ce que j'ai été loyal à l'homme ? Oui. Est-ce que j'ai défendu son bilan ? Complètement et j'assume. Est-ce que j'ai été capable de lui dire que je n'étais parfois pas d'accord avec lui ? Oui, je l'ai dit sur la déchéance de nationalité et c'était très important pour moi qu'il le dise, qu'il reconnaisse que c'était une erreur."

Au cœur de leurs discussions et parfois de leurs désaccords, il y a notamment l'intercommunalité du Pays Basque. "Par la voie du préfet, c'est sa décision. Dans un premier temps, il avait répondu non à la collectivité à statut particulier, ce qui nous avait valu un froid. On a ensuite négocié pendant six mois, avant d'acter le fait d'aller jusqu'à l'intercommunalité. Mais il avait acté qu'il fallait évoluer sur le statut du Pays Basque".

Un sursaut nécessaire

"Il y a maintenant un sursaut nécessaire de toute la gauche, souligne Frédérique Espagnac. Du parti socialiste mais pas seulement. On ne pourra pas dire que c'est de la faute de François Hollande si la gauche n'est pas au second tour."

Frédérique Espagnac, sénatrice et proche de François Hollande, invitée de France Bleu Pays Basque.

L'élue estime que le traitement de la politique de François Hollande a été mal vendue, que le chef de l'état a eu trop peu de soutien. "Le Parti socialiste n'a pas été à la hauteur de ce qu'il aurait du être. Il a eu très peu de soutien, d'accompagnement. Même dans le fait de porter les mesures, il a payé le résultat de la primaires."

"Je vais me tenir en retrait de tout ça". — Frédérique Espagnac, à propos de la primaire à gauche

La gauche doit élire son candidat pour 2017 à nouveau à travers un processus de primaires, au mois de janvier. La limite des candidatures est fixée au 15 décembre et Manuel Valls, le premier ministre, pourrait bien se déclarer candidat. Mais Frédérique Espagnac ne souhaite pas afficher de soutien : "Tout le monde comprendra que mon engagement personnel fait qu'à ce jour, je vais me tenir en retrait de tout ça".

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