Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Politique

Gaël Perdriau se sent dans le viseur du gouvernement

mardi 19 juin 2018 à 13:12 Par Mathilde Montagnon, France Bleu Saint-Étienne Loire

Le maire de Saint-Étienne vent debout contre le gouvernement et particulièrement contre le ministre de l'intérieur Gérard Collomb. Ce dernier a annulé lundi soir leur rendez-vous prévu ce mercredi en fin de matinée à Paris. Décision critiquée par Gaël Perdriau dans des termes assez virulents.

Gaël Perdriau estime mener un combat contre les "oukases" du président de la République
Gaël Perdriau estime mener un combat contre les "oukases" du président de la République © Radio France - Benjamin Billot

Saint-Étienne, France

Le titre du communiqué donne le ton "il y a les hommes d'Etat et il y a les autres". Gaël Perdriau est en colère et ça se voit. Le ministre de l'intérieur Gérard Collomb a annulé, sans raison selon la mairie de Saint-Étienne, l'entretien prévu entre les deux hommes ce mercredi matin.  Une entrevue réclamée à plusieurs reprises par Gaël Perdriau qui voulait évoquer les questions de sécurité mais également la loi contractualisation, qui veut limiter les dépenses des collectivités locales

Pour le maire de saint-Étienne, la raison de l'annulation de ce rendez-vous est forcément politique "au plus haut sommet de l'Etat, il y a des vérités que l'on ne souhaite pas entendre" écrit-il. Lui qui se présente désormais comme un combattant refusant de "se plier aux oukases du Président de la République" qui ne supporterait "aucune contradiction". Et de poser la question "est-ce la une attitude digne d'un homme d'Etat ?". Gaël Perdriau qui estime comprendre aujourd’hui ce qu'a vécu le général Pierre de Villers, l'ancien chef d'état major des armées qui avait démissionné après avoir critiqué des coupes budgétaires. 

Le ministre de l'Intérieur appelle le maire de Saint-Étienne au "respect" et à la "courtoise"

Contactés par France Bleu Saint-Étienne Loire, les services du ministère de l'Intérieur réagissent. S'il n'est pas question de surenchérir en commentant le contenu des propos du maire, la réponse -écrite- qui nous a été transmise ressemble bien à un recadrage :

"Nous ne commenterons naturellement pas les propos du Maire de St Etienne, compte tenu de leur teneur. Nous souhaitons simplement rappeler que Gérard Collomb est profondément attaché au dialogue qu'il a noué avec les élus de nos territoires, quelles que soient leur opinions ou doléances, encore doivent-elles être portées avec respect et avec une élémentaire courtoisie républicaine que l'immense majorité des collègues de Monsieur Perdriau observe lorsqu'il souhaitent échanger avec des membres du Gouvernement."

Pourquoi Gaël Perdriau s'en prend-il au président et au gouvernement ?

Après une période d'observation, presque bienveillante, de l'action du gouvernement, le maire de Saint-Étienne a décidé de rentrer dans l'opposition. Frontalement. Presque violemment.  Ce qui n'a pas échappé à Pierrick Courbon, leader de l'opposition de gauche au conseil municipal de Saint-Étienne.

P.Courbon, chef de file de l'opposition de gauche à Saint-Etienne, dénonce l'opportunisme de G.Perdriau

En novembre dernier, reçu à l'Élysée à quelque jours du congrès des maires, comme 1 400 autres élus, il avait parlé de dîner de cons. Une petite phrase qui avait fait le tour des médias. Brigitte Macron lui avait même répondu. La Première dame s'était étonnée de ses propos, racontant que le maire de Saint-Étienne avait pourtant joué le jeu lors de ce cocktail, jouant des coudes ce soir-là pour se prendre en photo avec elle.   

Il y a 15 jours, sur le dossier des caméras piétons Gaël Perdriau avait l'impression d'être dans le viseur du pouvoir "Une réunion stratégique a eu lieu à l'Élysée. Au menu ? Comment on va décaniller Perdriau de la mairie de Saint-Étienne ? La machinerie de l'état est "en marche" parce que la mairie de Saint-Étienne est dans le viseur". L'élu LR n'avait pas hésité  à se revendiquer plutôt de l'esprit "du général de Gaulle et de Jean Moulin", que de la France de "Pétain et Laval" pour expliquer pourquoi il faisait de la "résistance" sur le sujet des caméras-piétons.  

Pour les représentant de la République en marche dans la Loire, l'attitude du maire de Saint-Étienne est à la fois "incompréhensible" et "contre-productive" : une "provocation permanente" qui ne lui permettrait pas (ou plus) d'avoir l'écoute des ministres (lui qui a travaillé longtemps avec Gérard Collomb, ancien maire de Lyon, et qui est un proche de Bruno Le Maire). Le ton employé ces dernières semaines ne rendrait pas service à la ville. Et aurait poussé le parti macroniste a se décider à présenter une liste contre lui lors des prochaines élections municipales.