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Génération identitaire : un souvenir "douloureux" pour les employés et les allocataires de la CAF de Bobigny

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris

Le ministre de l'Intérieur a annoncé, le 13 février, une procédure de dissolution de Génération identitaire. En mars 2019, ce groupuscule d'extrême droite avait envahi le toit de la CAF de Bobigny (Seine-Saint-Denis), un souvenir encore "douloureux" pour les employés et allocataires.

Caisses d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis à Bobigny
Caisses d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis à Bobigny © Radio France - Hajera Mohammad

Le 13 février 2021, le ministre de l'Intérieur annonçait avoir engagé une procédure de dissolution de Génération identitaire. Elle pourrait être actée en conseil des Ministres, dès ce mercredi.

Action coup de poing sur le toit de la CAF

Cette dissolution est réclamée depuis des années par plusieurs associations mais aussi des élus qui dénoncent les méthodes de ce groupuscule d'extrême-droite, connu pour ses actions anti-migrants. Le 29 mars 2019, 19 militants avaient envahi le toit de la Caisse d'allocations familiales à Bobigny (Seine-Saint-Denis), en pleine matinée, juste avant que les employés ne prennent leur poste et alors que des allocataires attendaient déjà à l'extérieur du bâtiment. Ils avaient ensuite allumé des fumigènes et déployé une banderole géante sur laquelle on pouvait lire : "De l'argent pour les Français. Pas pour les étrangers !"

"C'était traumatisant"

Deux ans après, l'épisode reste douloureux pour les employés encore présents sur le site. Nadia Bergouth, travailleuse sociale depuis 14 ans à la CAF de Bobigny et élue CFDT se souvient de cette matinée et de cette banderole. "C'était traumatisant... ça laisse un gout amer, parce que ce sont des propos mensongers et aux antipodes des valeurs de la CAF... forcément, ça prend aux tripes". Surtout, elle se rappelle le malaise de ses collègues qui avaient du expliquer la situation aux allocataires présents ce jour-là. "Certains pensaient que c'était une communication de la CAF !"

Abdoulaye, agent d'entretien des voiries, d'origine malienne, a assisté à la scène. "Ça fait mal au cœur parce que nous aussi on travaille, nous aussi on cotise, on travaille du matin au soir", répète-t-il. Mouna, trouve l'attaque injuste, elle aussi : "Je suis arrivée jeune en France, j'ai commence à travailler sur les marchés, puis j'ai monté mon entreprise, je paie mes impôts...dire que tous les étrangers ne travaillent pas et profitent de l'argent de l'État, c'est faux".

Une dissolution... et après ?

Amine, lui ne comprend pas comment les militants de Génération identitaire ont pu mener des actions anti-migrants aux frontières italiennes ou espagnoles, sans jamais être vraiment inquiétés : "Ils reprochent à certaines personnes de mettre leur foi avant la loi de la République mais ils oublient qu'ils font la même chose, ils mettent leur idéologie avant la loi de la République". 

Pourtant sur la dissolution annoncée, ce trentenaire reste perplexe : "Ça va pas régler le problème sur le fond, ils vont relancer un groupe et refaire des actions coup de poing pour faire en sorte qu'il y ait deux France qui s'affrontent face à face au lieu d'être côte à côte". 

En mars 2020, les 19 militants de Génération Identitaire qui avaient occupé le toit de la CAF de Bobigny, ont été condamnés à des peines de un à trois mois de prison avec sursis. Ils ont décidé de faire appel.

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