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Gérald Darmanin : "À Marseille, la police entre partout !"

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Par , France Bleu Provence, France Bleu

Invité de France Bleu Provence ce vendredi matin entre 7h45 et 8h, Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur s'est notamment exprimé sur les trafics de drogue à Marseille.

Gérald Darmanin arrive à la division Nord de Marseille, dans les quartiers Nord, à la rencontre des policiers
Gérald Darmanin arrive à la division Nord de Marseille, dans les quartiers Nord, à la rencontre des policiers © Radio France - Laurent Grolée

Gérald Darmanin est en déplacement à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône depuis jeudi. À l'occasion de sa venue, il s'est exprimé sur France Bleu Provence et a répondu aux questions de nos auditeurs.

Drogue, sécurité : "On ne se résigne pas"

Vous avez annoncé le renfort de 300 policiers à Marseille sur les trois prochaines années, est-ce que Marseille et ses cités ont été oubliées des acteurs publics ces dernières années ?

Il y a un rattrapage à faire. La politique, c'est gérer des contraintes. Le président de la République a voulu créer 10.000 postes de policiers supplémentaires en France. On les voit arriver seulement maintenant si j'ose dire, car il a fallu donner des effectifs au contre-terrorisme. Il a fallu aussi recruter et former ces policiers.

Nous avons augmenté considérablement les effectifs à Marseille qui a connu un défaut du nombre de policiers, comme dans de nombreuses grandes villes en France, peut-être un peu plus ici. D'autant que les trafics sont importants ici.

C'est ce que disait Samia Ghali sur France Bleu hier, ces 300 postes ne sont qu'un rattrapage.

Oui, mais c'est un rattrapage bienvenu. Même Paris ne connaît pas un tel renfort d'effectif. Ajoutons aussi les 140 CRS qui sont déjà arrivés. J'ai pu rencontrer les premiers nouveaux policiers qui sont sortis de l'école dans les quartiers Nord hier. J'ai été maire aussi et je sais qu'il faut demander plus au gouvernement pour obtenir ce que l'on veut, mais soulignons l'effort de l'État dans un contexte sécuritaire particulier.

"Je vais proposer à Benoît Payan un million d'euros pour installer la vidéoprotection dans les quartiers Nord."

Comment traiter le problème de la drogue à Marseille ? Vous annoncez des chiffres en hausse avec près de 1.000 affaires de trafic présentées à la justice l'an passé, mais la réalité des quartiers Nord ce sont les check-points, les dealers qui font des soldes au vu et au su de tout le monde. Vous voyez cette différence entre les chiffres et la réalité ?

Je le vois, car mon bureau, c'est le terrain ! Je ne suis pas enfermé dans mes suppositions de Paris, voilà pourquoi je fais des déplacements longs. Hier, j'ai rencontré les policiers le jour et la nuit, les élus, les acteurs associatifs, les comités de quartiers ... Je ne sais pas si mes prédécesseurs ont pu en faire autant. Alors, oui il y a des check-points, oui il y a des halls d'immeubles occupés, oui des quartiers sombrent parfois du mauvais côté.

On ne se résigne pas ! On met des moyens de police et de justice. On a besoin de la ville pour nous aider. Je vais proposer au maire Benoît Payant une enveloppe de un million d'euros pour occuper les quartiers Nord en vidéoprotection.

La loi sécurité globale va nous permettre demain d'utiliser des drones dans la lutte contre les stupéfiants. Les policiers, malgré leur sous-effectif, ont saisi 16 millions d'euros d'avoirs l'an passé, contre 8 en 2019. C'est l'argent qui fait tourner le trafic de drogue. Il faut continuer, il y a du travail.

Séparatisme : "Combattre les islamistes avec les musulmans"

De nombreux habitants des quartiers Nord de Marseille sont de confession musulmane, ils dénoncent une chasse contre les musulmans dans notre pays. Un habitant de ces quartiers estime que vous faites diversion en évoquant l'Islam et que ce n'est pas le plus grand problème dans notre pays. Que lui répondez-vous ?

J'aime la France laïque. La laïcité c'est que chacun puisse vivre sa religion comme il le souhaite. Il y a 2 500 lieux de culte musulmans en France, une centaine à Marseille. C'est la République laïque qui a permis aux musulmans de vivre leur religion comme ils l'entendent et c'est bien heureux.

Mon grand-père était musulman, il a prié Allah et soutenu la République. Il était soldat français. Je n'ai pas considéré qu'il n'était ni patriote, ni républicain. En revanche, les islamistes existent, ils sont une minorité agissante. Ils ont tué des milliers de personnes en Afrique, mais aussi en Europe par les attentats islamistes. Il faut que nous les combattions avec les musulmans.

La dérive sectaire que représente l'Islam politique, c'est un combat de chaque jour. Il ne faut pas considérer que le seul problème, c'est le rapport aux islamistes, mais c'est un problème important. Nous devons sauvegarder la liberté de culte tout en combattant ceux qui sont radicalisés. La loi est toujours au-dessus de la foi et la foi doit être protégée par la loi.

Police : "La vidéoprotection va nous permettre d'avancer sur les enquêtes"

Des auditeurs insistent sur le fait que dans les quartiers Nord, il n'y a pas d'effectifs disponibles la nuit pour intervenir sur les rodéos urbains, comment s'assurer que ces renforts seront suffisants ?

C'est pour cela que les effectifs que nous mettons doivent être au plus près des habitants. En ce qui concerne les rodéos urbains, les policiers ont saisi 76 motos et quads. Je comprends que cela vous empoisonne la vie et c'est inacceptable. J'insiste sur l'utilité de la vidéosurveillance car ces engins n'ont pas de plaques d'immatriculation, ils roulent à des vitesses folles et les interventions des forces de l'ordre sont dangereuses.

C'est grâce à ces images qu'on peut arriver à saisir ces engins. Les effectifs en plus doivent être complétés par cette vidéoprotection qui permet d'avancer sur les enquêtes, de confondre les auteurs d'infraction et de les faire condamner. Chez moi, dans le Nord, dans certains quartiers, il a fallu des années d'actions locales et nationales pour en venir à bout. C'est pour cela qu'on se bat.

À quoi servent ces renforts si la police ne peut pas rentrer dans ces cités ?

J'ai passé la nuit avec la BAC Nord et je les remercie de leur métier difficile et je tiens à le dire : ils rentrent partout ! Mais parfois dans des conditions difficiles, violentes. Ils subissent des insultes, des caillassages, des coups, parfois des tirs à balles réelles. Parfois, il faut 40 CRS pour entrer, mais ils entrent partout.

Nous sommes allés à la Castellane hier, je sais que des milliers de personnes vivent dans ces cités, avec l'envie de faire réussir leurs enfants. Je ne les confonds pas avec les délinquants. Il faut donner plus de moyens pour que les policiers rentrent partout sans crainte pour leur propre vie.

"Je vais créer la réserve opérationnelle de la police nationale pour que nos jeunes puissent remettre du sens patriotique en s'engageant."

Faut-il réinstaurer la police de proximité dans ces quartiers ?

La présence des policiers sur le terrain, oui ! La préfète des Bouches-du-Rhône va dans ce sens : remettre les effectifs de police au cœur de la vie quotidienne, car ils ont des informations et peuvent dénouer des problèmes.

Quid d'un service national pour les jeunes ?

Il faut pouvoir surveiller notre jeunesse. Les parents doivent être rappelés à leur devoir de parent. Lorsqu'il y a un décrochage scolaire, il faut s'en occuper avant de voir sombrer ces jeunes dans la drogue ou le trafic. Le président de la République a mis en place le service civique qui prend de la place dans les quartiers, il faut encore aller plus loin.

Par ailleurs, je vais créer la réserve opérationnelle de la police nationale comme celle de la gendarmerie. Il y a 30.000 jeunes qui travaillent, sont étudiants et donnent quelques jours par mois à la gendarmerie et remettent du sens patriotique, d'engagement général dans leur action.

Si vous voulez donner quelques jours à votre pays, aider la lutte contre les violences conjugales, nous allons créer cette réserve pour vous, pour aider votre ville sans forcément devenir policier professionnel, vous pouvez être de ces gens qui protègent.

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