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Politique DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Gilets jaunes : "Le gouvernement doit davantage écouter le peuple" pour le sénateur corrézien Daniel Chasseing

mercredi 5 décembre 2018 à 10:35 Par Nathalie Col, France Bleu Limousin

Le Premier ministre a lâché du lest face aux gilets jaunes, mais les mesures annoncées ce mardi n'ont pas suffit à calmer la contestation. Une réaction qui ne surprend pas le sénateur centriste corrézien Daniel Chasseing. Il était notre invité ce mercredi sur France Bleu Limousin.

Daniel Chasseing, sénateur centriste de la Corrèze
Daniel Chasseing, sénateur centriste de la Corrèze © Radio France - Philippe Graziani

Corrèze, France

Alors que des milliers de gilets jaunes restent mobilisés partout en France, l'opposition critique elle aussi l'attitude du gouvernement dans cette crise. François Pain a recueilli la réaction de Daniel Chasseing, sénateur centriste de la Corrèze. 

Est-ce que les mesures annoncées hier par le Premier ministre vont semblent à la hauteur de la situation ?

Ben non ! Je pense que le Premier ministre a bien parlé en disant "le gouvernement est garant de la paix publique et aucune taxe ne mérite la mise en danger de l'unité de la nation." Mais toutes les personnes que j'ai rencontrées et notamment les gilets jaunes, ils attendaient que cette taxe [carbone] sois stoppée définitivement. C'est là que l'appréciation n'est pas bonne, car les gilets jaunes mobilisés depuis plus 15 jours voulaient absolument ce geste.

C'est trop tard et c'est trop peu ?

Je considère que c'est quand même bien, mais c'est effectivement trop tard. Il aurait aussi fallu ajuster d'autres mesures, pour les retraités par exemple. On aurait pu augmenter les pensions d'au moins 1%, même si ça reste moins que l'inflation, alors qu'elles vont augmenter de seulement 0,3%. C'est vraiment trop peu, parce que l'an dernier avec la CSG les retraités ont perdu beaucoup de pouvoir d'achat.

Même si la taxe avait été supprimée, ça ne répond pas au problème plus global posé par les gilets jaunes, celui du pouvoir d'achat...

D'abord, les gens ont besoin de leur voiture pour aller travailler en milieu rural, donc cette taxe carbone il fallait l'enlever. Ils ont aussi besoin se chauffer et même si là les tarifs ont un peu baissé, en octobre il fallait 250 euros de plus pour 1.000 litres de fuel. Or, sur les 4 millions de foyers qui se chauffent au fuel, il y en a 3,6 millions en zone rurale. Il faut donc absolument être à l'écoute du rural.

Faut-il aussi augmenter le smic, comme beaucoup de monde le réclame ?

Là c'est plus compliqué. Je pense qu'il faut donner un plus pour les heures supplémentaires, mais tous les économistes disent qu'il ne faut pas trop augmenter le smic si on veut revenir vers le plein emploi. Il faut que les entreprises soient compétitives et pour cela, que le smic ne soit pas trop élevé. 

Edouard Philippe a parlé d'une "colère qui vient de loin, une colère de la France qui travaille dur qui n'y arrive plus". Sur le terrain en Corrèze, vous l'aviez sentie venir cette colère ?

Oui on l'a sentie petit à petit et depuis 6 mois je suis intervenu à 3 reprises pour dire "arrêtons d'augmenter le gazoil", parce qu'il y a en Corrèze des petites entreprises de transport ou de travaux public, en plus des gens qui prennent leur voiture pour aller travailler. Il fallait absolument conserver le gazoil non routier et l'exonération d'une partie de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) pour les entreprises de transport. Car si vous augmenter l'énergie, les coûts du transport vont suivre et se répercuter sur tout ce qui est livré. 

Sur un plan politique, le Premier ministre est-il trop rigide ?

Je le connaissais puisque j'avais participé à la campagne d'Alain Juppé, dont il faisait partie, mais je ne pensais pas qu'il était aussi rigide. Là je pense que garder le cap n'est pas la bonne posture. Il ne faut pas gouverner contre le peuple, il faut écouter les gens. Effectivement la démocratie passe par des élections, mais après il faut quand même écouter ce qui vient de la base pour savoir si les décisions du gouvernement sont supportables par la base.

Après le débat à l'assemblée nationale ce mercredi après-midi, il y en aura un au Sénat jeudi. Qu'en attendez-vous ?

J'éspère que cette fois le gouvernement aura bien compris qu'il faut davantage écouter et surtout entendre. Sinon, on aboutira à des difficultés graves pour notre pays.