Politique

Gironde : la crise au Front national plonge militants et responsables locaux dans l'embarras

France Bleu Gironde mercredi 8 avril 2015 à 15:03

Jean-Marie Le Pen lors d'une conférence de presse en 2015
Jean-Marie Le Pen lors d'une conférence de presse en 2015 © MaxPPP

Après les dernières provocations de Jean-Marie Le Pen, la rupture semble consommée entre le président d'honneur du FN et sa fille Marine, qui veut l'empêcher de se présenter aux régionales de décembre en PACA. En Gironde, les responsables locaux s'en remettent à la décision des instances nationales.

Le Front national traverse une crise sans précédent, juge Marine Le Pen elle-même. La guerre en tout cas est déclarée avec son père, fondateur et président d'honneur du parti, après ses dernières déclarations en date. Après avoir répété ses propos sur les chambres à gaz, Jean-Marie Le Pen s'exprime cette fois dans les colonnes de Rivarol , l'hebdomadaire d'extrême-droite, où il défend notamment le Maréchal Pétain.

Pour les dirigeants du Front national, c'en est trop : "La rupture politique est désormais totale et définitive" , déclare Florian Philippot, le vice-président du FN. Quand à Marine Le Pen, elle convoque pour le 17 avril un bureau politique où elle va s'opposer à la désignation de son père comme chef de file en région PACA aux régionales de décembre prochain.

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Cette guerre père-fille met mal à l'aise les militants et les dirigeants du Parti en Gironde, qui refusent de prendre parti et s'en remettent à leur présidente.

"Je ne commenterai pas les propos de Jean-Marie Le Pen, je ressens de la peine devant ce genre de situation, on sait ce qu'on lui doit, mais ce n'est pas à un dirigeant départemental d'aller se positionner sur un problème de cette taille. Il appartient à la présidente de prendre d'eventuelles décisions si elle le juge bon." — Jacques Colombier, secrétaire départemental du FN en Gironde et conseiller municipal à Bordeaux.

Jacques Colombier (FN) dans le studio de France Bleu Gironde - Radio France
Jacques Colombier (FN) dans le studio de France Bleu Gironde © Radio France - Olivier Uguen

 

Le patron du FN dans le département juge également au passage que "les médias en rajoutent dans cette histoire" , sentiment partagé par d'autres en Gironde.

"Les médias feraient mieux de s'interesser aux vrais problèmes des français. Je n'ai pas de commentaire particulier à faire. Il est évident que nous, en tant que membre du Front national, nous nous plierons aux décisions que prendra Marine Le Pen. Je ne suis pas un diviseur, j'ai toujours respecté la hiérarchie de mon mouvement, donc je suis derrière Marine Le Pen." — Gonzague Malherbe, conseiller municipal FN à Libourne.

"Nous nous plierons à la décision que Marine Le Pen aura à prendre"

Ces élus frontistes de Gironde refusent par ailleurs sur les traces que ces déchirements politico-familiaux pourraient laisser dans l'électorat.

"De la peine; mais c'est Marine Le Pen qui décidera"