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Girondins de Bordeaux : vifs débats à la Métropole concernant le loyer du Matmut Atlantique

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En conseil de la Métropole, ce vendredi, les élus ont débattu sur l'étalement des modalités de paiement du loyer du Matmut Atlantique par le club des Girondins de Bordeaux. La majorité ne veut pas baisser le loyer mais l'opposition l'accuse de ne pas mettre assez de garde-fous.

Les élus de la métropole de Bordeaux. Les élus de la métropole de Bordeaux.
Les élus de la métropole de Bordeaux. © Radio France - Yvan Plantey

Le ton est monté à la métropole de Bordeaux. Les élus ont abordé l'échelonnage des délais de paiement du loyer du Matmut Atlantique pour les Girondins de Bordeaux. Pour rappel, le club verse 4,9 millions d'euros par an à la métropole qui en est propriétaire. Mais les Girondins de Bordeaux croulent sous les dettes et viennent juste d'être repris in extremis par Gérard Lopez . Par ailleurs, l'homme d'affaires hispano-luxembourgeois a rencontré le maire de Bordeaux et le président de la métropole pour discuter de son projet. Avec ce dernier, ils ont conclu à un remboursement de la dette due à la collectivité d'ici la fin de la saison 2024-2025.

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On oublie tout ce qui est scandaleux dans cette histoire et ça permet d'éviter de régler des comptes avec la mandature précédente - Philippe Poutou, conseiller métropolitain

En effet, le club va devoir près de six millions d'euros à la métropole. Cette somme correspond au loyer (déduction faite de la ristourne accordée par la métropole en janvier ) de l'année 2020 ainsi que le versement des deux premiers trimestres de l'année 2021. La première partie s'élève à 3,41 millions d'euros et la deuxième à 2,46 millions d'euros.

"C'est du pipeau"

Le plus véhément des élus, comme souvent, était Philippe Poutou. Il s'est insurgé contre la dramatisation du dossier, regrettant l'emploi de mots comme "catastrophe" qui ne seraient pas adaptés selon lui : "Ça en fait trop, c'est abusé et puis, c_'est facile, on oublie que King Street est responsable, on oublie tout ce qui est scandaleux dans cette histoire et ça permet d'éviter de régler des comptes avec la mandature précédente._" Il poursuit en comparant la façon de faire de "Gérard Lopez et King Street qui ont le même modèle. Donc on entend les grands mots de Pierre Hurmic. Que dalle ! C'est du pipeau", dénonce Philippe Poutou.

Quand vous ne diffamez pas les autres, vous enfoncez des portes ouvertes M.Poutou - Pierre Hurmic, vice-président de la métropole

Réponse immédiate du président et du vice-président de la métropole. Le premier, Alain Anziani, contre-attaque : "Vos propos sont inadmissibles M.Poutou, la courtoisie doit être la règle ici. Ne pas faire cet étalement, c'est signer l'arrêt de mort des Girondins de Bordeaux." Alain Anziani secondé par Pierre Hurmic qui prolonge la contre-offensive : "Quand vous ne diffamez pas les autres, vous enfoncez des portes ouvertes M.Poutou. Sachez qu'à l'époque, nous étions un certain nombre à avoir voté contre l'arrivée de King Street donc sachez qu'il y a des gens qui sont très vigilants sur les dérives du foot-business."

À la fin de l'intervention du maire de Bordeaux - la coïncidence est amusante - un téléphone sonne dans la salle. Les notes de la bande originale du film "Le Bon, la brute et le truand", de Sergio Leone retentissent et sonnent la fin de la passe d'armes.

"Gérard Lopez, c'est un modèle classique du foot-business"

Pour autant, les élus poursuivent. L'ancien président de la métropole bordelaise, Patrick Bobet, se veut vigilant à propos de l'arrivée de l'homme d'affaires hispano-luxembourgeois. Il veut que les élus puissent contrôler la bonne santé financière de Girondins de Bordeaux et que le club fasse "une présentation annuelle au conseil de la métropole avec un point financier le plus transparent possible des dettes, des joueurs achetés et vendus, des rentrées d'argent." Son successeur se contente seulement de répondre : "Vigilance partagée", avant de laisser la parole à Thomas Cazenave.

C'est un scénario à la Visconti : il faut que tout change pour que rien ne change ! - Thomas Cazenave, conseiller métropolitain du groupe Renouveau Bordeaux

L'élu marcheur émet lui aussi de nombreuses réserves sur le profil et le passé de Gérard Lopez. Même s'il est favorable à l'étalement du loyer du stade, Thomas Cazenave a du mal avec la façon de faire de l'ancien propriétaire du Losc : "C'est un montage financier qui va reposer sur beaucoup de dettes. C'est un modèle classique du foot-business d'autant que King Street va financer la reprise de Gérard Lopez... du club de King Street. C'est un scénario à la Visconti : il faut que tout change pour que rien ne change !"

Alain Anziani avoue qu'il a eu des demandes de repreneurs (Pascal Rigo) qui lui ont demandé de baisser le montant du loyer à 1,2 millions d'euros. "On a un emprunt à rembourser auprès d'une banque japonaise et si on baisse le montant, on doit puiser dans les contributions publiques et c'est le contribuable qui paie. Je ne l'ai pas souhaité."

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