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Giscard D'Estaing et la Corse : des années mouvementées

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Par , , France Bleu RCFM

Valery Giscard d'Estaing, décédé ce mercredi 2 décembre, fut marqué par la Corse durant son unique septennat de Président de la République (74-81) avec, entre autre l'affaire d'Aléria et l'attentat de l'aéroport d'Ajaccio.

Des rapports difficiles avec la Corse pour VGE
Des rapports difficiles avec la Corse pour VGE

Valery Giscard d'Estaing s'est éteint hier à l’âge de 94 ans. De manière quasi générale, la classe politique française salue ce matin l’action de l'ancien Président de la République qui, le temps de son mandat unique de 1974 à 1981, a fait « souffler un vent nouveau sur la France ». Vent de réformes nouvelles dont une impactera directement la Corse avec la mise en route en 1975 de la bi-départementalisation.

Mais le problème de la Corse ne se limitera pas à une simple gestion administrative durant ce septennat. Bien au contraire, c’est durant ce septennat que l’île connaitra une accélération brutale de son histoire contemporaine et des vents contraires à la politique de l’état et de son gouvernement. 

1975 : Bi-départementalisation et cave d'Aléria

Ces 7 années furent jalonnées de relations bien difficiles et d’une succession d’évènements ayant fortement impactés les relations entre Paris et la Corse : les événements d'Aléria et de Bastia, la création du FLNC, la montée de la revendication autonomiste et nationaliste, l'affaire Bastelica-Fesch, la multiplication des nuits bleues et l’attentat dans l'aérogare d'Ajaccio quelques minutes avant son arrivée.  

2 gendarmes furent tués lors de l'assaut d'Aléria
2 gendarmes furent tués lors de l'assaut d'Aléria © Maxppp - Bep Nice-Matin

VGE se trouve confronté au « problème corse » dès 1975, un an seulement après son arrivée à la tête de l'Etat. Une double action de sa part, politico-administrative et économique. Il confie à un haut-fonctionnaire du nom de Libert Bou l’aménagement et l’équipement de la Corse au travers d’un plan de développement. Dans le même temps, l’île est scindée en deux avec la loi sur la bi-départementalisation et la création de la Haute-Corse et de la Corse-du-Sud pour « un meilleur fonctionnement et une « plus grande proximité avec la création de deux administrations territoriales et la nomination de deux préfets ». Mais le temps de ces réformes, la même année 75, le nouveau président de la République est rattrapé par les évènements d’Aléria, l’occupation de la cave viticole Depeille par un commando mené par Edmond Siméoni, la confrontation mortelle avec les forces de l’ordre envoyées par centaines par le Ministre de l’Intérieur de Valery Giscard d’Estaing, Michel Poniatowski, puis les incidents violents dans les rues de Bastia. Un peu plus d’un an après, le 5 mai 1976 naît le FLNC, et dans sa foulée une multitude d’attentats, en Corse mais aussi sur le continent. 

Deux voyages en Corse

VGE confronté aux revendications du FLNC
VGE confronté aux revendications du FLNC © Maxppp - Pierre Antoine Fournil

C’est dans ce contexte, tendu, que Valéry Giscard d'Estaing effectue son premier voyage officiel en Corse en juin 1978. A Bastia, le 9 juin, il rejette la violence et appelle au respect du suffrage universel.

"On ne joue pas à cache-cache avec la libre expression des citoyens" / discours de VGE à Bastia

La Corse ? il y reviendra lors de ses tournées en région dans le cadre de sa campagne pour briguer un second mandat présidentiel.  Un voyage précédé d’une vague d’attentats à nouveau mais aussi d’actions barbouzardes qui conduiront en 1980 à la prise d'otage meurtrière de Bastelica-Fesch. C'est ainsi que lorsqu'il débarque à Ajaccio en avril 1981 en tant que candidat à sa propre réélection, un nouvel évènement violent secoue la Corse. Quelques minutes seulement avant que son avion n'atterrisse sur la piste de Campo Dell'oro, un attentat secoue l'aéroport d'Ajaccio. Une double explosion qui fait un mort et huit blessés.  Le candidat-président maintient malgré tout son meeting ajaccien.

VGE condamne "un lâche attentat indigne de la Corse"

En 1981, la Corse s’éloigne pour lui avec sa défaite à la Présidentielle face à François Mitterrand même si les deux départements insulaires lui donnent leur majorité. 

Valery Giscard d'Estaing sur le terrain
Valery Giscard d'Estaing sur le terrain © Maxppp - Christian Sagne

Parmi les premières réactions dans l’île, notamment dans le camp libéral, Camille de Rocca Serra, l’ancien député et Président de l’Assemblée de Corse. parle d'un « homme exceptionnel, d’une intelligence rare" selon les paroles de son père Jean Paul, qui était de la même génération et qui le côtoya sur les bancs de l’Assemblée Nationale. "En 74, ajoutera t-il, j’avais fait campagne pour lui, au second tour de la présidentielle". Pour l'ancien maire de Porto-Vecchio, les choses auraient pu être tout autre "sans les erreurs de l’affaire d’Aléria (...) même si c’est plutôt Poniatowski (ndlr : le ministre de l'intérieur de l'époque) qui dirigea l’assaut, ce fut c'est vrai sous son septennat ».

"Sa réfléxion aurait pu conduire à une promotion de la Corse" (Jean Baggioni)

Jean Baggioni, l’ancien président du Conseil Exécutif de Corse, a suivi de près le dossier de la bi-départementalisation en tant que Conseiller Général de l’unique institution d’alors. « On est rentré, dit-il, dans une normalisation au même titre que les autres régions françaises ».  Jean Baggioni avait reçu à Bastia VGE lors de son 2ème passage dans l’île dans le cadre de sa candidature en 1981. « J’étais l’un des animateurs de sa campagne électorale contre Mitterrand (…) nous avions de bonnes relations et je peux vous assurer que sa volonté permettait d’espérer. S’il n’y avait eu les évènements de 75 qui ont créé un fossé avec la communauté nationale, sa réflexion pouvait conduire à une promotion de la Corse ».                                                       

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