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Politique DOSSIER : L'avenir institutionnel de l'Alsace dans le Grand Est

Grand Est : les présidents des deux départements alsaciens adressent une lettre ouverte au Premier ministre

mercredi 20 juin 2018 à 6:07 Par Céline Rousseau, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu

Les présidents des deux départements alsaciens adressent une lettre ouverte au Premier ministre sur l'avenir institutionnel de l'Alsace. Ils estiment que leur projet de collectivité territoriale à statut particulier est la meilleure solution et entendent bien convaincre Edouard Philippe.

Quel avenir pour l'Alsace ?
Quel avenir pour l'Alsace ? © Maxppp - Pierre Rousseau

Alsace, France

Jean-Luc Marx, le préfet du Grand Est, a rendu son rapport sur l'avenir institutionnel de l'Alsace au Premier ministre. C'est ce qu'a confirmé la préfecture ce mercredi matin. En attendant, les présidents des deux départements continuent leur lobbying pour voir leur projet retenu. Cette fois, ils adressent au Premier ministre dans une lettre ouverte. Ils y font la promotion d'une "Eurocollectvité d'Alsace" : une Alsace à statut particulier, avec des compétences élargies au sein de la région Grand Est. 

L'Alsace a confiance en vous"

Frédéric Bierry et Brigitte Klinkert concluent leur lettre par cette phrase adressée à Edouard Philippe : "L'Alsace a confiance en vous".

Deux ans après la fusion des régions Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine, et la naissance de la région Grand Est, les débats sur un statut propre à l'Alsace continuent. C'est finalement le gouvernement qui tranchera. Aucune date de décision n'est pour l'instant annoncée. En avril dernier, Benjamin Griveaux avait rappelé sur France Bleu Alsace que toute sortie du Grand Est était exclue : "il n'y a pas de Brexit alsacien".

La lettre adressée au Premier ministre par les présidents des deux départements alsaciens : 

Monsieur le Premier Ministre,

En confiant une mission au Préfet de la Région Grand Est le 30 Janvier dernier vous avez envoyé un message fort aux Alsaciennes et aux Alsaciens. Vous  leur avez dit que vous entendiez leurs attentes, leur malaise, leur envie de vivre pleinement leur vocation et de remplir pleinement  leur mission transfrontalière, rhénane et européenne au sein et au  service de la République.

Vous avez tendu une main que nous avons saisie avec enthousiasme et responsabilité.

Nous  avons construit un consensus inédit avec plus de 500 parlementaires et élus locaux alsaciens, issus de l’ensemble des forces politiques  républicaines, réunis autour d’une feuille de route pour une  Collectivité territoriale d’Alsace à statut particulier.

Nous  notons, avec satisfaction, qu’une nouvelle étape a d’ores et déjà été franchie. Au-delà des différences d’approches qui se sont  exprimées, cette consultation a permis de faire émerger une demande  collective forte et unanime en faveur d’une collectivité d’Alsace.

Nous  avons construit un projet de compromis et d’équilibre dans le cadre fixé par le Président de la République, avec plus de 17.000 contributions d’Alsaciennes et d’Alsaciens engagés pour l’avenir de leur territoire. Ce projet c’est celui d’une Eurocollectivité d’Alsace, collectivité territoriale à statut particulier qui puisse être le phare et le laboratoire de l’ambition européenne de la France. Ce projet est aujourd’hui la meilleure des synthèses et le projet de la raison, entre ceux qui aux deux extrêmes proposent soit des  solutions de statut quo ou de très court terme qui ne répondent en rien aux attentes et aux enjeux, soit des options  régionalistes ou autonomistes dont nous ne partageons pas les  motivations. Nous sommes les seuls à avoir fait l’effort d’aller au-delà  de nos positions initiales pour construire et avancer.  Comprenez que si les options maximalistes sont inacceptables, nul ne  pourrait comprendre non plus que ce grand moment de débat sur l’avenir  de l’Alsace que vous avez initié conduise à des propositions qui  auraient pu être faites sans votre intervention.

Oui  cette main nous l’avons saisie sans outrances, sans attaques, sans radicalité, dans un esprit positif et constructif. Nous avons placé  le fond, l’intérêt général et nos concitoyens au cœur de nos réflexions  et de nos propositions. Pendant 5 mois le débat public a été  respectueux, vivant et productif. 

L’Alsace  a une identité particulière et cette identité est entièrement tournée vers l’amour de la France. Cette identité elle est  aussi tournée vers l’amitié franco-allemande et le défi européen.  L’Alsace, de par son Histoire, de par sa position géographique, de par  ses relations puissantes avec ses voisins doit être le cœur européen battant de la France.

La  France a traversé deux conflits mondiaux. L’Alsace, plus qu’aucun autre territoire reste le témoin du profond désir de  réconciliation entre nos peuples. D’un trait de crayon, on a rayé son  existence institutionnelle, nié sa place dans l’histoire de notre pays  et son rôle en Europe. L’Alsace ne pourra renoncer et se résigner une nouvelle fois. L’Alsace avait le statut d’une Région.  Nous ne pouvons donc nous résigner à l’hypothèse d’un Département  d’Alsace qui serait une solution de façade et de facilité, sans capacité  nouvelle à agir, une solution qui tournerait le dos à l’histoire et surtout à notre potentiel d’avenir.

La  Collectivité territoriale d’Alsace à statut particulier au sein du Grand Est, est le meilleur des compromis et serait une chance  unique et historique pour l’Alsace, pour le Grand Est et pour la  France.  C’est aussi la seule solution qui puisse être acceptable pour  les Alsaciens qui sont 83% à attendre la renaissance institutionnelle de l’Alsace. Seule une solution à la fois raisonnable  et responsable, ambitieuse et audacieuse pourra permettre d’aller de  l’avant dans un esprit ouvert et républicain. C’est ce que nous portons.

La  balle est aujourd’hui dans votre camp. Les attentes de nos concitoyens sont immenses et légitimes. Elles ne peuvent et elles ne  doivent être déçues. Nous ne vous proposons pas de revenir en arrière,  mais bien de faire un grand bond vers l’avenir en mettant en œuvre  concrètement votre projet européen et votre conviction profonde de la nécessité de faire l’unité républicaine dans le respect  de la diversité des territoires au service de la France.

A  un an des élections européennes, et alors que l’Europe traverse une crise majeure, nous vous offrons ici la possibilité de faire la  preuve par l’action et le concret que l’Europe du quotidien et au  service des citoyens est possible ! 

Monsieur le Premier Ministre, l’Alsace a confiance en vous !

Brigitte Klinkert, Présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin.

Frédéric Bierry, Président du Conseil départemental du Bas-Rhin.