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Politique

Granville a construit "beaucoup plus de logements que nécessaire" selon Manche Nature

mardi 2 octobre 2018 à 5:06 Par Marc Bertrand, France Bleu Cotentin

Le tribunal administratif de Caen a annulé le plan local d'urbanisme voté par la mairie de Granville, en retenant notamment un recours lancé par l'association Manche Nature qui concerne la ZAC de La Clémentière, un projet de 750 nouveaux logements.

Le projet de la ZAC de la Clémentière au sud de Granville.
Le projet de la ZAC de la Clémentière au sud de Granville. - mairie de Granville

Granville, France

La mairie de Granville a-t-elle eu les yeux plus gros que le ventre ? Le tribunal administratif de Caen a annulé, par une décision du mardi 25 septembre, le plan local d'urbanisme (PLU) voté par la mairie en mai 2017. Un plan qui autorisait notamment la construction de 750 nouveaux logements sur la ZAC de La Clémentière en bordure de la ville.

La zone est actuellement constituée de prairie, dont une partie en zone humide avec un cours d'eau. Selon l'association Manche Nature, "c'est l'une des dernière zones non-urbanisées sur le territoire de la commune de Granville".

Des prévisions démographiques trop optimistes

Le tribunal a donné raison à l'association Manche Nature, qui a porté le recours devant la justice. "La commune a construit plus de logements que nécessaire. Entre 1999 et 2013 Granville a gagné 417 habitants, mais elle a construit pas moins de 1520 logements", estime Delphine Chevret, la juriste de l'association.

C'est à se demander si on n'établit pas des objectifs démographiques pour répondre aux projets de promoteurs" - Delphine Chevret

Dans sa décision, le tribunal administratif fait remarquer que "la surface urbanisée a doublé sur la période 1976-2016 alors que la commune n’a pas gagné d’habitants" et qu'on peut lui imputer "une consommation d’espaces pour l’urbanisation de 52,6 ha entre 2003 et 2016"

Les prévisions de croissance démographique retenus dans le PLU, de 0,8% par an, sont effectivement bien optimistes par rapport à la tendance des années écoulées, note également le tribunal : seulement 0,16% de croissance effective de la population sur la période 2009-2014, ce qui représente 130 habitants de plus.

Un vrai besoin de logements, selon la mairie

La mairie va faire appel de la décision du tribunal, jugée "très sévère et injustifiée" par la maire de Granville Dominique Baudry : "Pourquoi nos jeunes ménages vont-ils s'installer à Saint-Jean-des-Champs, à Saint-Pair-sur-Mer, à Saint-Planchers ? Parce qu'on n'a pas un seul morceau de terrain disponible à Granville, voilà pourquoi", affirme-t-elle.

Vous êtes un jeune ménage, vous attendez des enfants, vous voulez être près des infrastructures ? Les infrastructures, elles sont à Granville" - Dominique Baudry 

Selon Manche Nature, au dernier comptage en 2012, un millier de logements étaient vacants dans la commune. "Mais il faut connaître la topographie de Granville : ce sont des logements situés au-dessus d'un commerce, par lesquels il faut passer pour entrer", répond l'édile. Pas très commode effectivement pour un jeune couple avec enfants. "On a 20% de logements sociaux, et ils sont pleins !", ajoute la maire de Granville. 

Mais pour l'association Manche Nature, il aurait fallu penser à la réhabilitation de ces logements avant d'urbaniser plus avant sur la commune. "Et quand on parle de logements sociaux, il n'en est nullement question à la ZAC de la Clémentière. C'est un projet porté par des promoteurs privés, comme Pozzo ou Nexity. Ils ne font pas dans le social", affirme Delphine Chevret.