Politique

Grenoble : des militants anticapitalistes revendiquent incendies et sabotages et annoncent de nouvelles actions

Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère et France Bleu mercredi 31 mai 2017 à 19:26 Mis à jour le mercredi 31 mai 2017 à 22:13

Onze véhicules incendiés sur le parking d'Enedis à Grenoble
Onze véhicules incendiés sur le parking d'Enedis à Grenoble © Radio France - Véronique Pueyo

Dans la nuit de lundi à mardi, onze véhicules de la société Enedis, à Grenoble, garés sur le parking de l'entreprise, ont été incendiés. La police a rapidement conclu qu'il s'agissait d'un incendie volontaire, avant de découvrir qu'il était revendiqué par des militants anticapitalistes anonymes.

Vers trois heures du matin, dans la nuit de lundi à mardi, des individus ont escaladé le grillage d'Enedis, à Grenoble, avant de mettre le feu à onze véhicules, garés sur le parking. Alertés, les pompiers sont intervenus rapidement, il n'y a pas eu de blessé, mais les dégâts sont estimés entre 3 et 400 mille euros. La police a rapidement conclu qu'il s'agissait d'un incendie criminel, car il y a eu trois départs de feu, avant de découvrir mardi sur internet, une revendication signé d'un groupe de militants anarcho-libertaires.

Les anarcho-libertaires veulent instaurer un rapport de force avec les forces capitalistes

Ces anticapitalistes estiment, dans leur communiqué, je cite, qu'Enedis est leur ennemi car le distributeur d'électricité "branche les êtres humains sur les barrages, les éoliennes et les centrales nucléaires". Ces militants anonymes revendiquent ce sabotage comme une façon de créer un rapport de force et dénoncent le fait qu'Enedis "installe des compteurs connectés LInky, symbole de la logique de dépossession de moyens de produire nous-mêmes notre énergie".

Enedis estime le préjudice entre 300 et 400 mille euros - Radio France
Enedis estime le préjudice entre 300 et 400 mille euros © Radio France - Véronique Pueyo

Le directeur en Isère d'Enedis, Olivier Lafet a voulu avant tout rassurer ses salariés et tout mettre en oeuvre pour continuer la mission de service de l'entreprise : "Nous faisons confiance à la police qui enquête et nous verrons s'il faut renforcer notre sécurité. Nous restons vigilants. Nous avons déposé plainte."

D'autres entreprises sont visées par les anticapitalistes

La PJ de Grenoble et la Sûretédépartementale, qui sont chargés de l'enquête, prennent en tous cas ces revendications très au sérieux. Car les militants anarchistes revendiquent d'autres cibles potentielles, comme le CEA, Vinci, Suez ou Eiffage. Et surtout, ils révèlent avoir mené d'autres actions depuis mars dernier : incendie de véhicules appartenant à la Métro, la communauté de communes de Grenoble, le vandalisme sur 185 valideurs du tramway ou encore le saccage de la permanence Les Républicains, toujours à Grenoble. La police redoute une escalade dans la violence qui pourrait conduire à de sérieux dérapages.