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Politique

Haute-Garonne : le Parti Socialiste perd 150 adhérents par an

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Par , , France Bleu Occitanie
Toulouse, France

Depuis 2012, la fédération haut-garonnaise du Parti Socialiste, comme les autres bastions roses français, lâchent du lest. De 4.400 adhérents en 2012, il est passé à 3.800. Une "hémorragie" prise avec philosophie par la direction toulousaine.

Sébastien Vincini, 1er secrétaire fédéral en Haute-Garonne
Sébastien Vincini, 1er secrétaire fédéral en Haute-Garonne © Radio France - Alban Forlot

Le PS de Haute-Garonne n'est pas épargné par la lente fuite qui touche le parti au niveau national. Depuis 2012, le Parti Socialiste a perdu entre 10 et 20% de ses effectifs en fonction des fédérations. L'une des plus touchées est celle du Nord où l'on est passé de 10.000 encartés en moyenne au cours des dix dernières années à 5.500 aujourd'hui.

Le PS 31, lui,  est passé de 4.384 adhérents en 2012 à 3760 en début d'année 2016 (624 de moins). La loi Macron, la déchéance de nationalité et la loi El Khomri sont souvent citées, mais pas uniquement. Il y a aussi une forme de lassitude et beaucoup de militants partent sans bruit.

Le premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste en Haute-Garonne, Sébastien Vincini, était l'invité de France Bleu Toulouse ce mercredi 6 avril.

INVITE - S. Vincini, numéro un du PS31

France Bleu Toulouse : Le PS 31 n'échappe donc pas à cette fuite des militants

Sébastien Vincini : On perd en effet 150 adhérents par an en moyenne depuis 2012 mais depuis l'automne 2014, les choses se sont stabilisées. Souvenez-vous lorsque je suis devenu premier secrétaire en septembre 2014, on me demandait si j’allais être celui qui allait éteindre la lumière de la rue Lejeune, le siège de notre fédération. C'est vrai que nous traversions une crise, on avait perdu Toulouse aux municipales et de nombreux militants avaient quitté nos sections. Ça va mieux depuis. La position de notre fédération "ni suiveuse ni frondeuse" fait qu'on résiste à cette hémorragie nationale.

La sémantique est importante. Vous dîtes "hémorragie". Comment peut-on aussi appeler cela : une érosion, une mauvaise passe, une fatalité, une mort lente ?

C'est le reflet de la désillusion de l'engagement en politique. Être militant, c'est difficile, d'autant plus quand on est au gouvernement. Mais le PS a déjà connu ce genre de mouvement des effectifs. En 2002, après la défaite de Jospin, on a connu une forte adhésion car il y avait un fort sentiment d'injustice pour les socio-démocrates. En 2007, nouvelle candidature de Ségolène Royal qui mobilise beaucoup les adhérents, de nouveaux militants grâce aux cartes à 20 euros. 2008, c'est la guerre des roses entre Martien Aubry et Ségolène Royal, là on connaît une perte massive d'adhérents en quelques mois. Mais nous n'en sommes pas là. Aujourd'hui en 2016, nous sommes revenus au niveau de 2011, juste avant les primaires.

Le projet de loi El Khomri, la déchéance de nationalité, la loi Macron n'ont pas joué en votre faveur...

Quand on est un parti de gouvernement, c'est toujours plus difficile. Il est plus simple de s'opposer que de gouverner. Un militant cherche l’idéal. Quand on arrive au pouvoir, il y a la confrontation avec la réalité, la contrainte de l'instant. Il y a ceux comme moi qui pensent que le PS peut un parti de grande transformation sociale, qu'ils peuvent encore influencer les choses. Et puis il y a ceux qui subissent la désillusion et préfèrent se désengager.

Où vont ces militants que vous avez perdu ? Ils s'engagent dans d'autres formations ou renoncent à la politique ?

Il n'y a pas de transfert vers d'autres partis. Il y en a eu, on s'en souvient, juste après le référendum sur le traité constitutionnel en 2005, un départ de troupes avec Mélenchon. Mais aujourd'hui, ceux qui partent restent des sympathisants qui se mobilisent encore pour des élections locales. Ici en Haute-Garonne, les anciens militants étaient présents pour la campagne des départementales en mars 2015.

Vous parliez de désenchantement politique. Le récent scandales des Panama Papers ne va pas arranger les choses...

C'est une vraie inquiétude pour la démocratie en général. Tout le monde consent à des efforts en temps de crise, collectivités, citoyens, entreprises. Là c'est une triche organisée à l'échelle mondiale. Il faut des outils de régulation, de lutte contre la fraude fiscale sinon la désespérance engendrera des actes de révolte. L'exemple d'un militant toulousain qui a renoncé : Alain Bourjade, habite l'Union et il a passé 38 ans au Parti Socialiste. Il n'a pas renouvelé sa carte l'an dernier. Pourquoi ? La loi El Khomri, la loi Macron, énumère-t-il. Et puis une autre façon de militer qui lui déplaît.

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