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Politique

Haute-Garonne : opération-séduction pour le Front National sur les marchés

jeudi 2 mars 2017 à 17:28 Par Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie

Dans un département de moins en moins hostile au discours de Marine Le Pen, les militants et personnalités locales du Front National battent le pavé et arpentent les marchés. France Bleu Toulouse a suivi une équipe, sur une terre de prédilection du FN, Fronton au nord de la Haute-Garonne.

Julien Léonardelli (au centre), tracte avec Bernard un militant FN sur le marché de Fronton.
Julien Léonardelli (au centre), tracte avec Bernard un militant FN sur le marché de Fronton. © Radio France - Bénédicte Dupont

Fronton, France

En Haute-Garonne, il est désormais loin le temps où le Front National ne parvenait pas à percer. Aux dernières élections, les régionales fin 2015, le parti de Marine Le Pen est apparu comme la deuxième force politique derrière la gauche avec une moyenne de 25% des votants dans le département. Dans certaines communes, le parti frontiste a même atteint des paliers inespérés : 34% à Muret par exemple au second tour, 38% à Noé, 34% à Caraman, 32% à Montesquieu-Volvetre. Et c'est notamment dans le Frontonnais que les marinistes ont obtenu les meilleurs scores : 46 % à Villematier, 40% au Born, 38% à Villaudric.

Bénédicte Dupont a suivi une équipe du FN en plein tractage sur le marché de Fronton. Ecoutez le reportage ci-dessous.

EN UN CLIC - Reportage à Fronton, Bénédicte Dupont (1'15'')

Au 1er tour des régionales en 2015, le FN était arrivé 1er à Fronton, avec 33% des voix. - Radio France
Au 1er tour des régionales en 2015, le FN était arrivé 1er à Fronton, avec 33% des voix. © Radio France - Bénédicte Dupont

Sur le marché de Fronton, le FN joue quasiment "à domicile". En décembre 2015, 34% des électeurs frontonnais avaient choisi la liste de Louis Aliot au premier tour le plaçant en tête, huit points devant la droite et le PS. Le second tour avait en revanche tourné à l'avantage de Carole Delga, dans une triangulaire avec les Républicains (NDLR la ville est administrée par Hugo Cavagnac, maire LR). Pour tracter ce jeudi matin, le parti missionne son secrétaire départemental, Julien Léonardelli accompagné de son adjoint, Mathieu Lachuries et Bernard, un militant de la ville voisine de Castelnau d'Estrétefonds. C'est d'ailleurs ce dernier qui y met le plus de cœur, tâchant de promouvoir les idées bleu-marine.

Le Sud-Ouest est majoritairement à gauche, mais je suis surpris par l'accueil qui nous est réservé dans le Frontonnais. C'est dû à la crise agricole. Les sondages sont très bons, je suis même sûr qu'ils sont en deçà de la réalité. Sur le terrain, c'est du concret et on voit bien que beaucoup adhèrent au discours de Marine — Bernard, militant FN de Castelnau d'Estrétefonds, ancien viticulteur

Le FN tractera prochainement sur les marchés de Castelginest et Aucamville. - Radio France
Le FN tractera prochainement sur les marchés de Castelginest et Aucamville. © Radio France - Bénédicte Dupont

Le FN échappe t-il à l'ambiance anti-politique du moment ? Pas sûr

De fait, rares sont les habitants qui manifestent une forme d'hostilité. Ce qui tranche avec les réactions suscitées il y a une décennie. Julien Léonardelli, 30 ans, est au FN depuis 2004. Et lorsqu'il a commencé à militer dans son Ariège natale, c'était une autre paire de manche.

À l'époque, il fallait s'accrocher. Même ici à Fronton, il y a encore quelques années, des gens refusaient de prendre mon tract. Désormais, l'accueil est plus chaleureux. — Julien Léonardelli, numéro 1 du FN en Haute-Garonne

Plus chaleureux peut-être, en tous cas, ils entament plus volontiers la conversation comme cette dame qui explique que sa fille gère une PME et ne s'en sort pas, et qui voudrait bien savoir ce que "Marine" propose pour aider les entrepreneurs. "Je voudrais y croire glisse t-elle, mais je ne sais pas si je dois y croire", glisse t-elle. Plus souvent, c'est une sorte d'indifférence qui domine, et parfois même de rejet, non pas du FN spécialement, mais de la politique en général. "J'en ai marre de ces élections, foutez-moi la paix avec ça. Je n'irai pas voter ou je voterai blanc, j'en ai marre de toutes ces affaires".

Bernard, militant FN de Castelnau "On a un très bon accueil dans le secteur"

Le Front National a évidemment la présidentielle en ligne de mire, mais les législatives suivront en juin. Le parti présentera comme en 2012 dix candidats dans les dix circonscriptions de Haute-Garonne, dont "une majorité de femmes" assure Julien Léonardelli, comme en 2012 (NDLR : 6 femmes pour 4 hommes, 12,4% en moyenne, pas de candidat qualifié au second tour). Le secrétaire départemental dévoilera les noms mi-mars, lui-même sera très probablement le visage du FN dans la 5ème circonscription où il vit, celle de Fronton. En espérant, sinon gagner des sièges à l'Assemblée, continuer de grappiller des points, y compris dans des zones qui restent encore relativement hermétiques au Front. Hermétique n'est d'ailleurs plus tellement le mot adéquat, même à Toulouse, l'extrême droite avait séduit 18% des électeurs il y a 15 mois, un seuil jusque là infranchi.

Julien Léonardelli, secrétaire FN31, sera probablement candidat à la députation dans la 5ème circonscription (Frontonnais) - Radio France
Julien Léonardelli, secrétaire FN31, sera probablement candidat à la députation dans la 5ème circonscription (Frontonnais) © Radio France - Bénédicte Dupont

En Haute-Garonne, le FN revendique 4.000 adhérents "payants" précise t-il, une façon de tacler les 5.000 adhérents revendiqués par l'antenne locale du mouvement En Marche (pour lequel une simple inscription gratuite sur Internet suffit). Le Parti Socialiste et Les Républicains sont à peu près au même niveau.

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