Politique

Hervé Morin: ses propositions pour la Normandie

Par Claire Briguet-Lamarre, France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Cotentin et France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) jeudi 24 septembre 2015 à 19:18

Hervé Morin, candidat LR-UDI aux Régionales 2015
Hervé Morin, candidat LR-UDI aux Régionales 2015 © Radio France - Francis Gaugain

Hervé Morin, candidat de la droite et du centre pour les élections régionales, était l'invité de France Bleu Basse-Normandie depuis l'espace-studio de la Foire internationale de Caen pour "Face à la presse", ce jeudi soir. Le résumé de ses propositions pour la future grande Normandie, c'est ici.

Question d'actualité sur le chômage. Il augmente de 2% en Basse-Normandie sur le mois dernier, votre réaction ?

"Question lancinantes qui ne sont pas propres à la Normandie. On a besoin d'une politique de l'offre, qui flexibilise les emplois. Et nous sommes en panne en France sur tous ces sujet-là."

Rêvez-vous de présider la Normandie réunifiée ? 

"C'est quelque chose auquel je ne croyais plus. j'en rêvais. Nous sommes à nouveau sur nos fondations avec une identité à reconstruire, ça doit être le fil rouge."

Pourquoi vous n'avez-pas voté la loi sur la réforme territoriale ?

"C'est mon côté normand. j'y ai vu un aspect positif: la réunification et une autre ni fait ni à faire. On a eu un découpage bien souvent absurde, le Sud ouest et le Grand-est par exemple. comme je suis député et représentant de la Nation, j'ai préféré m'abstenir. J'ai fait ce choix."

Aurait-il fallu passer par un référendum ?

"Nous avions défendu cette idée avec Alain Tourret. Nous n'avons jamais pu passé à l'acte. La Normandie est un atout extraordinaire. Vous partez d'une feuille blanche. Je veux que nous balayions les conservatismes, les petites constructions qu'on a faites de part et d'autre. J'ai dit que nous avions une Normandie qui avait des atouts considérables que nous n'avons jamais su valoriser comme il faut à cause de nos divisions."

Vous êtes candidat en Normandie car les Sarkozystes vous ont laissé la place ? 

"J'ai indiqué que je renoncais à rentre au gouvernement en 2017. il y a eu un débat. L'accord s'est fait sur mon nom. Nous avons fait la liste la plus large possible pour porter un élan nouveau. Je ne veux pas que ma liste soir composée de professionnels de la politique. Elle doit être représentative de la sociologie de notre région. Là on est au bout de l'exercice. nous présenterons les listes départementales début octobre. Nous présenterons une charte éthique. Je ne serai pas candidat à la primaire à droite si elle est ouverte et j'espère qu'elle le sera."

Il y a pour le président de la région un investissement absolument colossal

"Il faudra mettre une nouvelle gouvernance en place. Le type qui est élu n'aura pas le temps d'aller faire le tour des préaux pour une primaire."

Quel sera votre premier dossier ?

"Indiquer comment va se construire la gouvernance de la région. Je serai à Caen. Si une des 2 régions actuelles se sent lésée, la réunification sera ratée. Les gens mettront des barrières et des herses. Il nous faut un double équilibre: Caen-Rouen-Le Havre (un triangle magique) et entre la ville et le monde rural qui se sent oublié. Il faut que les lieux de pouvoir soient distingués."

La construction de la Normandie demande de l'équilibre entre les villes

"Il faut enfin un réseau ferroviaire digne de ce nom, avec une navette entre Caen/Rouen et le Havre et des espaces de visio-conférence. La région sur le train, il faut qu'elle donne. La SNCF ne doit pas nous oublier avec des trains propres, correctement cadencés et avec un minimum de services. Pour le moment les 2 régions n'ont pas fait le boulot. Je veux des trains Intercité qui marchent. Vernon-Paris, c'était 39 minutes il y a 10 ans, c'est plus aujourd'hui. Paris-Caen, on met 20 minutes de plus qu'avant. Il faut un plan Marshall sur le train. La région mettra de l'argent et il faudra que la SNCF règle son passif. Nous prendrons la gouvernance du train. Comme j'ai mauvais caractère, Guillaume Pépy (PDG de la SNCF)  ne pourra pas me dire longtemps que les choses n'avancent pas."

Le mépris de la SNCF à l'égard des Normands est insupportable. il faut qu'on sorte nos bonnets rouges. Il faut un plan Marshall pour le train.

Comment vivez-vous la crise agricole ?

"Elle a des aspects nationaux et surtout européens. L'Europe n'est pas capable de répondre aux problèmes. les états-membres ont fini par tuer la capacité à régler les problèmes. On est toujours dans les discussions avec des égoismes qui finissent toujours par l'emporter. Il n'y a pas UN modèle d'agriculture mais des modèles. La Normandie doit devenir le grenier de la France. La région doit en faire une priorité, nous devons être soutien des agriculteurs dans leur modernité, dans leur compétitivité. Je soutiendrai l'industrie agro-alimentaire car l'un ne va pas sans l'autre. Sur AIM, il faut modeler un outil industriel pour que les éleveurs aient un débouché."

Il faut d'abord penser à l'harmonisation sociale et fiscale avant de penser au prix du lait

Allez-vous regrouper des services avec la réunification ?

"Je ferai une seule agence chargée de l'économie. L'emploi passe par l'entreprise. Nous mettrons en place une agence unique en charge de l'ensemble su spectre de l'ensemble de l'économie. Elle sera dotée de 100 millions d'euros. Je veux qu'on puisse intervenir en "haut de bilan", je veux un faire un fonds d'investissement. Je veux que nous puissions trouver de nouveaux marchés pour les aider à se développer. Elle doit être réactive. Il faut aussi aider l'immobilier industriel."

Je mettrai en place une agence économique unique dotée de 100 millions d'euros

Allez-vous supprimer des postes à la région ?

"Oui la réunification doit être facteur d'économie pour les normands. On doit cesser le mille feuille administratif.  Le système où l'on ne sait pas où sont les bons tiroirs, la France en crève. La Bretagne et les Pays de la Loire ont sensiblement le même nombre d'habitants que nous. ici nous avons entre 400 et 500 fonctionnaires de plus à cause de nos divisions. Ces régions sont-elles sous-administrées ?  Je veux faire des économies de fonctionnement pour faire des investissements. Je mettrai en place en respectant le personnel, je dégagerai de l'argent. Je fais la comparaison avec la Bretagne c'est tout. Il faudra le faire tranquillement. On ne remplacera pas tous les départs à la retraite."

Hervé Morin fera des économies sur la masse salariale de la région

La Bretagne a 4 à 500 fonctionnaires de moins que la Normandie. Il faudra que l'on arrive au même étiage, tranquillement

Le nucléaire, quelle est votre position sur l'EPR de Flamanville ?

"Bien sur qu'il faut continuer ce chantier. Pour l'avenir de cette filière en France.Vous n'allez pas laisser tout ça en friche."

Le FN est arrivé en tête dans les 5 départements normands, redoutez-vous cette force politique ?

"Je n'ai pas cette inquiétude là. C'est l'expression d'un monde qui se sent oublié. l'expression de personnes qui ont l'impression que rien ne change. J'ai envie de leur dire: la région est un acteur majeur, ne vous trompez pas !"

Etes vous le favori de cette élection ?

"Il y a beaucoup de favori qui sont battus, moi qui suis un homme de cheval je le sais. Il faut avoir beaucoup d'humilité car chaque scrutin est une équation particulière. J'ai un avantage de notoriété. Je suis Normand dans mes tripes comme personne ne peut l'être."

Oui ou non ?

  • Maintiendrez-vous un festival culturel à Rouen et Beauregard au même moment ?  pas en même temps NON
  • Avez-vous 83 000 followers sur twitter: OUI je n'ai jamais acheté le moindre "twitter"
  • 2 pages dans Closer  la semaine dernière, êtes-vous un peopole: OUI toute expression est bonne à prendre
  • Trouvez-vous normal que des agriculteurs soient poursuivis après les violences de cet été: NON