Politique

Historique : Limoges bascule à droite

Par Alexandre Chassignon, France Bleu Limousin dimanche 30 mars 2014 à 21:47 Mis à jour le lundi 31 mars 2014 à 1:22

Emile-Roger Lombertie dans les studios de France Bleu Limousin.
Emile-Roger Lombertie dans les studios de France Bleu Limousin. © Photo Alexandre Chassignon - Radio France

La surprise du premier tour s'est transformée en stupéfaction pour les uns, en joie pour les autres : l'UMP Emile-Roger Lombertie succédera à Alain Rodet à la tête de Limoges. La liste UMP-UDI est arrivée ce dimanche en tête du second tour avec 45,07 %, contre 43,81% pour celle issue de la fusion PS-FG et 11,10 % pour le FN.

De mémoire de Limougeaud, la ville n'avait jamais été à droite. Limoges a pourtant élu ce dimanche un maire UMP, Emile-Roger Lombertie. Après avoir fusionné avec l'UDI entre les deux tours, sa liste est arrivée en tête du second avec 45,07 % des suffrages. Il devance d'un gros point la liste d'union de la gauche, dans une triangulaire où le FN recueille 11 %, contre 17 au premier tour.

"Un gros tiers des voix FN a choisi d'aller sur l'UMP", commentait Alain Rodet sur notre antenne quelques minutes après l'annonce du résultat."

Je ne regrette rien de nos grandes orientations" - Alain Rodet

Réaction d'Alain Rodet après sa défaite

L'ancien maire, qui reste député, assume une partie de la défaite historique et en impute l'autre partie à la tendance nationale . Depuis 1912 la ville n'a connu que des maire socialistes, sauf sous le régime de Vichy puis avec des communistes dans l'immédiat après-guerre. Alain Rodet, qui aura 70 ans en juin, était maire de Limoges depuis 1990. Depuis, il avait toujours été réélu dès le premier tour et briguait un cinquième mandat.

En savoir plus > notre dossier sur la bascule de Limoges à droite

Deux fusions, deux dynamiques différentes

Ce résultat inédit est aussi la victoire de l'union de la droite et du centre au lendemain du premier tour. Emile-Roger Lombertie et Pierre Coinaud  avaient rassemblé respectivement 24 et 12% dimanche dernier. Assez pour devenir, aux yeux de la majorité des électeurs, une alternative crédible à la majorité sortante.

Alain Rodet aussi avait conclu une fusion, avec le Front de gauche (12% au premier tour contre 30% au PS). Le rapprochement avec la liste Limoges Terre de gauche, très critique de l'équipe sortante avant le premier tour, s'était fait au prix de concessions importantes, à la limite du revirement, sur les dossiers des transports, en ville (sur la gratuité) et entre villes (priorité au POLT plutôt qu'à la LGV). L'alliance n'a pas convaincu et Limoges n'est, ce dimanche, plus vraiment une "terre de gauche".

Voir les autres vidéos de notre débat d'entre-deux-tours.

Main dans la main avec l'agglo

Avec Limoges, c'est l'agglomération qui bascule. Sa présidence est promis au centriste Pierre Coinaud. L'attelage Lombertie-Coinaud promet de travailler "la main dans la main" avec, pour Limoges métropole, la tâche de travailler au dynamisme économique.

"Un commando de l'agglo pour démarcher les entreprises à l'international"

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