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Hollande regrette ses propos controversés sur les magistrats, qui saluent un "début d'explication"

Par France Bleu, France Bleu vendredi 14 octobre 2016 à 16:29

François Hollande entouré de Bertrand Louvel, Premier président de la Cour de cassation (à gauche) et de Jean-Claude Marin, procureur général près la Cour de cassation (à droite)
François Hollande entouré de Bertrand Louvel, Premier président de la Cour de cassation (à gauche) et de Jean-Claude Marin, procureur général près la Cour de cassation (à droite) © AFP - MARTIN BUREAU

Après les "regrets" de François Hollande concernant ses propos controversés rapportés dans "Un président ne devrait pas dire ça", où l'on lit le président évoquer la "lâcheté" des magistrats, ces derniers, encore choqués, ont consenti à prendre acte d'un "début d'explication".

Du bout des lèvres, les magistrats, encore choqués, ont semblé consentir à tendre la main à François Hollande. Celle-ci est encore fraîche du vent glacial qui a saisi le monde judiciaire après les propos controversés du président de la République, rapportés dans "Un président ne devait pas dire ça...", fruit d'une soixantaine d'entretiens avec le chef de l'Etat, au terme desquels ce dernier dénonce la "lâcheté" du monde judiciaire. Des propos que François Hollande n'a pas immédiatement démenti.

Vous avez exprimé, au nom de l'institution judiciaire, votre vive émotion à la suite de propos publiés dans un livre. Ils sont sans rapport avec la réalité de ma pensée comme avec la ligne de conduite et d'action que je me suis fixé

Dans une lettre adressée au Conseil supérieur de la magistrature et aux principaux magistrats de France, François Hollande a dit "regretter profondément" ses déclarations , "sans réalité avec [sa] pensée", sur la magistrature cités dans un livre paru cette semaine, ressenties "comme une blessure par les magistrats". "Vous avez exprimé, au nom de l'institution judiciaire, votre vive émotion à la suite de propos publiés dans un livre. Ils sont sans rapport avec la réalité de ma pensée comme avec la ligne de conduite et d'action que je me suis fixé (sic) comme président de la République, garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire", écrit le chef de l'Etat dans une lettre également adressée à l'Union syndicale des magistrats (USM).

Colère froide du plus haut magistrat de France sous les ors de la Cour de cassation

Le mal, entre temps, était fait. A un point tel que la colère froide de l'ensemble de la magistrature s'est incarnée dans la personne du Premier président de la Cour de cassation, Bertrand Louvel, le plus haut magistrat de France, lequel s'est fendu d'une intervention solennelle sous les ors de la première chambre de la Haute juridiction.

Un décor somptueux, chargé du poids des symboles républicains, pour dénoncer jeudi les "outrances" de François Hollande à l'encontre du corps judiciaire : ""Le président de la République en exercice a laissé publier, sans les démentir, des propos où il qualifie l'institution judiciaire, institution de lâcheté. [...] Ces outrances renouvelées à l'encontre du corps judiciaire (...) posent un problème institutionnel", a-t-il déclaré. "Il n'est pas concevable que la charge de président de la République (...) puisse être utilisée par son titulaire pour contribuer à diffuser parmi les Français une vision aussi dégradante de leur justice."

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