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Politique

Impôts, journée de solidarité, SNCF, Syrie : ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron

lundi 16 avril 2018 à 7:30 - Mis à jour le lundi 16 avril 2018 à 12:18 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Pendant 2h40, Emmanuel Macron a justifié sa politique, dimanche soir, sur BFMTV et Médiapart. Le Président a notamment justifié les frappes françaises sur la Syrie, et n'a rien lâché sur les réformes en cours. Il a également confirmé qu'une deuxième journée de solidarité était à l'étude.

Le président Emmanuel Macron a été interviewé au théâtre Chaillot, à Paris.
Le président Emmanuel Macron a été interviewé au théâtre Chaillot, à Paris. © AFP - FRANCOIS GUILLOT

Emmanuel Macron a justifié, dimanche, les frappes menées en Syrie et réfuté l'idée d'une "coagulation" des mécontentements en France, au cours d'une interview télévisée conduite dans une atmosphère parfois électrique. Durant 2h40, le président de la République a été soumis au flot de questions de Jean-Jacques Bourdin (BFMTV et RMC) et Edwy Plenel (Mediapart), les deux journalistes étant réputés pour leur pugnacité. 

L'interview  a été suivie, sur BFMTV, par 3,8 millions de téléspectateurs, avec un pic d'audience de 4,23 millions à 20h58, a annoncé ce lundi la chaîne de télévision. C'est la deuxième meilleure audience de son histoire.

Pas de "coagulation des mécontentements" pour Macron 

"J'entends toutes les colères", mais "il n'y a pas tant que cela" une "coagulation des mécontentements", a affirmé le président. Évoquant la grève en pointillés des cheminots, "c'est une colère que je comprends, que je respecte mais qui est liée à une décision que nous prenons, que j'assume, une réforme que nous mènerons jusqu'au bout", a-t-il développé. Il a rappelé que s'il avait "dès le jour de (son) investiture" évoqué le besoin de "réconcilier le pays", ça ne se ferait "pas du jour au lendemain". "Je ressens comme vous les injustices", a insisté Emmanuel Macron face aux questions insistantes des deux interviewers sur les réformes économiques et sociales prises depuis un an. 

Bientôt une deuxième journée de solidarité ? 

Une deuxième journée travaillée non-payée pour financer la dépendance, ou "journée de solidarité", est "une piste intéressante", a estimé Emmanuel Macron. Il n'est "pas contre" cette idée déjà évoquée jeudi par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. "C'est une piste. Est-ce que ça a bien marché la dernière fois ? Je ne suis pas contre, je pense que c'est une piste intéressante, il faut le regarder. Ça peut être une option". La première journée avait été instaurée après la canicule de 2003.

Pas de nouveaux impôts

Le Président a défendu la suppression partielle de l'ISF afin de "garder les talents, les attirer et réinvestir dans notre économie". La fiscalité n'augmentera pas durant le quinquennat et "il n'y aura pas de création d'un nouvel impôt local, ni d'un impôt national", a assuré le chef de l'État. Interrogé sur la fraude fiscale, Emmanuel Macron a indiqué qu'il entendait être "intraitable" et prônait la "punition fiscale".

La hausse de la CSG justifiée

Sur la hausse de la CSG pour certains  retraités, Emmanuel Macron a déclaré : "Je l'avais dit en campagne, je l'assume. Je leur ai demandé un effort, pour que le travail paie mieux. Car qui paie leur retraite ? Les travailleurs ! Je n'ai pris personne en traître, et je sais l'effort que j'ai demandé à chacun", a-t-il expliqué. "Les retraités les plus modestes, 40% d'entre eux, n'ont pas eu d'augmentation de la CSG", a-t-il insisté.

Réforme des hôpitaux début mai 

Il a également affirmé qu'il n'y aurait "pas d'économies sur l'hôpital dans ce quinquennat" et qu'il annoncerait "début mai" des décisions pour tenter de répondre à la crise des services d'urgences.  

L'État va reprendre la dette de la SNCF 

Concernant la SNCF, Emmanuel Macron a confirmé que l'État reprendrait "progressivement" une partie de la dette de la SNCF "à partir du 1er janvier 2020" quand le groupe serait réformé, sans toutefois avancer de montant. Cette dette devrait alors atteindre une cinquantaine de milliards d'euros. 

Les étudiants qui bloquent les facs "minoritaires"

Pour l'hôte de l'Élysée, les étudiants sont "souvent minoritaires" parmi ceux qui bloquent les universités pour contester la réforme de l'accès à l'enseignement supérieur. Il a dénoncé des violences "inadmissibles". Pour lui, ceux qui bloquent les facs "sont des groupes qui ne sont pas des groupes étudiants qui viennent et ce sont ceux dont j'ai dit" qu'ils étaient "des professionnels du désordre".  

La colère des Zadistes "pas légitime"

Alors que de nouveaux heurts se sont déroulés dimanche à Notre-Dame-des-Landes, Emmanuel Macron a en outre jugé que la "colère" des opposants à l'expulsion de la Zad n'était "pas légitime", et que "tout ce qui devra être évacué le sera". "Il y a une décision qui a été prise, vous me parlez d'une colère aujourd'hui mais la colère de qui? Des gens, qui depuis des années bloquaient un endroit où on faisait construire un aéroport qu'on ne construit pas et qui aujourd'hui viennent continuer à protester? Je considère qu'elle n'est pas légitime, elle n'a rien à voir avec celle des cheminots", a déclaré le Président.

Des frappes, mais pas la guerre en Syrie 

Le président a longuement justifié les frappes menées dans la nuit de vendredi à samedi contre des sites de production d'armes chimiques du régime de Bachar al-Assad, en affirmant que c'était "la communauté internationale qui est intervenue". Il a toutefois affirmé que la France n'avait "pas déclaré la guerre au régime". Le président a expliqué qu'il voulait désormais "convaincre" les Russes et les Turcs de venir à la table des négociations, insistant sur le fait qu'il voulait "parler avec tout le monde" sur le dossier syrien. "Nous avons regagné de la crédibilité au regard des Russes" après les frappes, a-t-il estimé. "Il y a 10 jours, le président Trump disait : les États-Unis d'Amérique ont vocation à se désengager de la Syrie, nous l'avons convaincu, nous l'avons convaincu qu'il était nécessaire d'y rester (...), je vous rassure, nous l'avons convaincu qu'il fallait rester dans la durée". La mission des forces américaines déployées en Syrie "n'a pas changé" et le président Donald Trump veut qu'elles rentrent aux Etats-Unis "dès que possible", a déclaré dimanche la Maison Blanche. 

Un exercice inédit, un ton parfois brutal 

Durant tout l'entretien, Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel ont débuté leurs questions par "Emmanuel Macron" et non "Monsieur le président", marquant ainsi une rupture avec les usages des entretiens présidentiels des dernières décennies. Emmanuel Macron a parfois reproché aux deux journalistes des "amalgames" ou des "bêtises". A l'issue de l'émission, le président a répondu "chiche" pour la recommencer dans un an.

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