Politique

INFOGRAPHIES - Défaite de la gauche, montée du FN : ce qu'il faut retenir du second tour des municipales

France Bleu lundi 31 mars 2014 à 8:15

Le résultat des municipales dans les grandes villes
Le résultat des municipales dans les grandes villes © IDÉ

La tendance observée dimanche dernier, lors du premier tour, s'est confirmée ce dimanche pour le deuxième tour des municipales : la gauche recule nettement et perd pas moins de 155 villes de plus de 9.000 habitants. Le FN et l'extrême droite en gagnent 14 ou 15 à l'issue d'un scrutin marqué par une abstention record pour un second tour.

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Une abstention record

Selon les chiffres annoncés dimanche en fin de soirée par Manuel Valls, le chiffre de la participation est "historiquement bas ". L'abstention, selon la dernière estimation du ministère de l'Intérieur, s'élève à 36,3% . C'est un nouveau record pour un second tour : en 2008, l'abstention finale était de 34,8%. Le score reste toutefois légèrement inférieur à celui du premier tour, où l'abstention s'élevait à 36,45%.

"Il faut voir les choses en face : les électeurs français qui n'ont pas voté ont exprimé une défiance à l'égard de l'action publique" — Manuel Valls, ministre de l'Intérieur

Depuis 1965, l'abstention a toujours été en hausse, sauf en 1983, où une vague bleue au premier tour avait suscité une remobilisation des électeurs de gauche. Mais cette fois-ci, selon Frédéric Dabi de l'institut Ifop, "les chiffres de l'abstention de dimanche montrent l'échec de la gauche à remobiliser au second tour ". Selon un sondage réalisé par l'Ipsos, ce sont les électeurs se disant sympathisants de droite qui se sont plus mobilisés que ceux de gauche, à 75% contre 65%.

Toutefois, dans les villes où la situation était tendue, avec notamment une forte présence du FN au second tour, l'abstention à diminué : à Béziers par exemple, elle est passée de 36,74% à 31,49% . A Perpignan, où le deuxième tour opposait le FN à l'UMP, le taux d'abstention est passé de 43,01% à 37,25%.

Une "nouvelle étape" dans l'histoire du Front national

Dans le rapport de forces national, le Front national n'obtient que 6,89% de l'ensemble des voix exprimées . Mais cela n'empêche pas le parti de Marine Le Pen de remporter 11 villes de plus de 9.000 habitants. Si l'on ajoute les villes dirigées par des candidats d'extrême droite, le chiffre est porté à "quatorze ou quinze communes " selon Manuel Valls

En plus de Hénin-Beaumont, qui a basculé dès le premier tour, le parti d'extrême droite remporte la ville de Béziers (Hérault), où Robert Ménard , soutenu par le FN, a rassemblé 46,98% des voix, contre 34,62% pour l'UMP et seulement 18,38% pour la candidat PS. Fréjus (Var) et Villers-Cotterêts (Aisne) ont aussi basculé du côté du FN. De même qu'Hayange, en Moselle.

Les 14 villes passées aux mains de l'extrême-droite - Aucun(e)
Les 14 villes passées aux mains de l'extrême-droite
Surtout, le FN remporte le 7e secteur de Marseille, le plus peuplé de la ville (150.000 habitants) : le candidat Stéphane Ravier a rassemblé 35,34% des voix. En revanche, les deux vice-présidents du Front national, Louis Aliot et Florian Philippot, candidats respectivement à Perpignan et Forbach, ont tous les deux été battus. Malgré ces deux défaites, le résultat du second tour est "une nouvelle étape " pour le FN , selon sa présidente Marine Le Pen. 

"Vague bleue" et déroute du PS

Plus notable encore que la progression du FN, c'est la défaite du PS dans les grandes villes qui représente une "défaite pour le gouvernement ", a déclaré Manuel Valls. Les pertes pour les socialistes sont considérables : 10 villes de plus de 100.000 habitants leur échappent, ainsi que 40 villes de 30.000 à 100.000 habitants, et 105 villes de 9.000 à 30.000 habitants. Soit au total 155 villes .

Toulouse, quatrième ville de France, est la plus grosse perte du PS , avec le retour à la mairie de l'UMP Jean-Luc Moudenc (52,06%) face à Pierre Cohen (47,93%). Angers, Reims, Limoges, Quimper, Caen, Saint-Etienne, Roubaix : ces bastions de gauche sont aussi passés à droite, ainsi que Bobigny, en région parisienne, gagnée par un maire UDI, Stéphane de Paoli, après un siècle de gestion communiste

La gauche garde Paris, Lyon et Strasbourg

Le PS a toutefois réussi à sauver la mise dans plusieurs villes, dont la capitale. A Paris, c'est Anne Hidalgo qui, sans grande surprise, prend la succession de Bertrand Delanoë , avec 91 des 163 sièges du Conseil de Paris. Son adversaire UMP Nathalie Kosciusko-Morizet n'a pas réussi à se faire élire dans le 14ème arrondissement. La droite a toutefois réussi à remettre la main sur le 9ème arrondissement, remporté d'une courte tête par Delphine Burkli.

Quatre grandes villes basculent toutefois à gauche : Verdun, Douai, Lourdes, et Avignon , où la présence du FN en tête du premier tour a permis à la gauche, après fusion des listes, de l'emporter. A Lille, Martine Aubry a été réélue , de même que Gérard Collomb à Lyon. Nantes, fief de Jean-Marc Ayrault, reste également à gauche. Et à Strasbourg, où le PS était en ballotage défavorable, le maire sortant PS Roland Ries l'a emporté sur Fabienne Keller, à 46,96% contre 45,02%. 

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municipales bandeau résultats © Radio France

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