Politique

INFOGRAPHIES - Manuel Valls obtient la confiance de l'Assemblée, une partie de la gauche encore sceptique

France Bleu mercredi 9 avril 2014 à 8:08

Manuel Valls, mardi à l'Assemblée nationale
Manuel Valls, mardi à l'Assemblée nationale © MaxPPP

A 306 voix contre 239, l'Assemblée nationale a voté ce mardi sa confiance au nouveau Premier ministre Manuel Valls, qui a promis "l'efficacité" pour redresser la France. Dans chacun des trois groupes de gauche toutefois, certains députés n'ont pas voté pour. Les socialistes qui demandent un "contrat de majorité" amenderont les futurs projets, alors que la réforme territoriale heurte les élus.

Manuel Valls a gagné haut la main un match qui s'annonçait pourtant tendu : mardi soir, à l'issue de son discours de Politique générale qui a duré 47 minutes, l'Assemblée nationale lui a voté la confiance, à 306 voix contre 239 . Mais ce n'est pas un carton plein pour autant : dans chacun des trois groupes de la majorité (socialistes, écologistes et radicaux de gauche), des députés se sont abstenus. C'est le cas notamment de 11 députés PS .

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Confiance à Valls : qui a voté quoi ?
Le big bang territorial heurte les élus

La mesure la plus controversée de cette nouvelle déclaration de politique générale, c'est la réforme territoriale annoncée par le nouveau Premier ministre. Manuel Valls propose notamment la suppression "à l'horizon 2021 " des conseils généraux - qui d'ici là seront devenus des conseils départementaux. Claudy Lebreton, président PS de l'Assemblée des départements de France, s'est dit "abasourdi " par cette annonce. A droite aussi, la mesure choque : Hervé Gaymard, président UMP du conseil général de Savoie, dénonce une "négation de la politique de proximité ". 

> A relire : que faut-il retenir du discours de Manuel Valls ?

Même problème pour la réduction du nombre de régions de moitié "établie pour le 1er janvier 2017 " . Alain Rousset, président de la région Aquitaine et de l'Association des régions de France, lance un "chiche, monsieur le Premier ministre ". Tout le monde n'est pas si enthousiaste : en Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin (PS) – qui a pris le relais de Georges Frêche à la tête de la région – montre son opposition :

"Le devenir des collectivités locales est une question fondamentale et elle mérite d'être travaillée beaucoup plus sérieusement, pas depuis une tribune (...). Il serait irresponsable de porter une estocade à des entités qui remplissent au quotidien des missions de service public et qui répondent donc aux attentes des Français en matière de proximité" — Christian Bourquin, président PS de la région Languedoc-Roussillon

Une centaine de députés PS toujours pas convaincus

Si l'entourage de François Hollande a salué un "discours parfaitement cohérent avec la feuille de route " de l'Elysée, le discours n'a pas convaincu tout le monde. La centaine de députés qui ont signé la semaine dernière une demande de "contrat de majorité" adressée à Manuel Valls estiment que le Premier ministre "n'a pas suffisamment répondu à l'appel " , selon Christian Paul, l'un des initiateurs du texte.

"Ce vote d'investiture ne vaut pas approbation de la majorité des mesures proposées (...). Nous ne saurions adopter le pacte de responsabilité en l'état" — Christian Paul, député PS de la Nièvre

Ces députés ont voté la confiance pour "éviter une crise institutionnelle ", selon Laurent Baumel du mouvement Gauche Populaire. Mais ils " feront des contre-propositions et des amendements pour concentrer les marges de manoeuvre de la France en priorité sur celles des entreprises qui embauchent, investissent, forment leurs salariés ou se battent dans la compétition mondiale ", ont écrit collectivement ces parlementaires. 

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Pacte de responsabilité : les mesures annoncées par Valls

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