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Politique

Municipales à Biscarrosse : pour Alain Dudon, "l'heure a sonné"

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Par , France Bleu Gascogne

C'est une décision murement réfléchie, annoncée ce samedi aux habitants de Biscarrosse. Après trois mandats de maire, Alain Dudon, élu Les Républicains, a décidé d'arrêter. Il ne repartira pas en mars prochain aux prochaines élections municipales.

Alain Dudon
Alain Dudon © Radio France - Valérie Mosnier

Biscarrosse, France

Il aura passé 19 ans à la tête de la mairie de Biscarrosse. Alain Dudon, 68 ans, retraité, ancien ingénieur au CEL, ne se représentera pas aux élections municipales en mars prochain. Une décision attendue, qu'il a annoncée officiellement samedi soir. Alain Dudon reste conseiller départemental du canton des Grands Lacs, chef de fil de l'opposition au Département. 

France Bleu Gascogne : Ça y est ! L'heure de la retraite a sonné ?

Alain Dudon : Pour les mandats municipaux et communautaires. Oui c'est bien la décision que j'ai prise et que j'ai annoncée. Après, que ma carrière soit terminée... On verra l'année suivante (ndlr : les élections départementales auront lieu en 2021). 

Qu'est-ce qui vous a poussé à arrêter ? Trop c'est trop ?

Non. Je dirais le parcours normal. Je suis rentré dans une mairie, celle de Biscarrosse, ma ville natale, depuis bientôt 37 ans. J'ai fait six mandats consécutifs et surtout trois de maire, et je pense qu'arrivé à ce stade on peut encore faire beaucoup de choses, mais on n'a plus rien vraiment à prouver. Et puis maintenant, nous sommes dans une société où il faut quand même laisser les idées nouvelles, les gens nouveaux s'exprimer. Donc, pour moi l'heure a sonné. Il y a aussi des questions d'âge, on a d'autres soucis à gérer. Chaque chose en son temps et je pense que maintenant l'heure est venue de transmettre le flambeau à quelqu'un d'autre. 

Qui pour vous succéder ?

J'ai annoncé que je ne briguerai pas de nouveau mandat, mais j'ai aussi annoncé que tous les Biscarrossais et Biscarrossaises allaient recevoir une lettre personnelle dans laquelle j'expliquerai tout ça et je veux que ce soient les habitants en aient la primeur.

19 ans de mandat de maire, quels souvenirs vous auront marqué ?

Il y a deux souvenirs. Le bon, qui a mal commencé : une salle polyvalente qui a brûlé et on en a fait un équipement mixte, culturel et sportif, qui s'appelle l'Arcanson. Une réalisation en plein cœur de ville qui marque ce qu'on a pu faire en terme d'aménagements de ce type. Après j'ai d'autres souvenirs, mais moins glorieux : c'est une marée noire. Ça laisse des souvenirs, pas les mêmes... Mais qui marquent quand même la vie d'un élu. 

Vous avez vu Biscarrosse évoluer ?

J'avais prévu depuis assez longtemps de m'arrêter à la fin du troisième mandat et j'avais dit que je ne voulais pas dépasser les 15 000 habitants. Je pense qu'on va y être. Après on nous donne des perspectives futures, qui me paraissent un peu surréalistes. On dit 2050, la ville de Biscarrosse sera la ville préfecture... Non ! On a des contraintes environnementales extrêmement sévères. Après, je m'étais fixé un autre objectif : de ne pas avoir de stationnement payant, ni de feux rouges dans ma ville. Je suis assez prêt de l'échéance pour dire que ça aussi ce sera réussi. Je ne suis pas sûr que ça puisse durer avec l'augmentation de population, et donc du nombre de véhicules. On s'urbanise et des nécessités vont arriver, mais moi je n'aurais pas eu à décider ce genre de pratique très urbaine.

C'est avec regret, une pointe de tristesse que vous arrêtez ?

Oui, on a toujours un pincement au cœur parce qu'on a toujours des idées plein la tête, on n'a jamais fini ce que l'on a commencé et heureusement ! (sourire) Il faut en laisser aux autres. Donc, on s'arrête sur un chemin, mais finalement c'est un arrêt de bus, la ligne continue. J'ai mûrement réfléchi ma décision, elle n'est pas récente, même si je viens de l'annoncer parce qu'on sait jamais ce qu'il peut se passer, mais je n'ai pas l'habitude de regretter ce que je décide, même si après ça peut être compliqué. C'est toujours plus compliqué tant qu'on n'a pas décidé, qu'après avoir décidé, quelque soit la décision, que l'on jugera bonne ou mauvaise. Mais je pense qu'elle est bonne pour ma ville. 

Elle continuera comment votre ligne ?

D'abord par une année de conseiller départemental et c'est après que je verrai si je mets un terminus complet à ma carrière en politique. Ça dépendra comment je vais vivre l'année 2020-2021. 

Même si vous êtes toujours conseiller départemental, ne plus être maire, ça va être un sacré changement de vie ! 

Oui. Je vais changer de rythme, c'est certain. On a un rythme tellement élevé, c'est sûr ça fait une rupture importante. Je pense que la montée en pression est plus facile à gérer que cet effet dépressif, où du jour au lendemain, brutalement, il y a beaucoup moins de choses qui se passent. Je l'appréhende, je ne sais pas comment ça va se passer. Je m'y prépare psychologiquement, mais tant qu'on le vit pas on ne peut pas inventer comment ça va se passer. Pour ma part, j'essaie de faire en sorte que la machine continue à tourner, comme si j'allais continuer au mois de mars. Je mets dans la continuité, c'est peut-être pour ça que la rupture sera dure, parce que finalement là je suis dans l'état d'esprit de faire en sorte que ça continue et je sais que ça va s'arrêter.

Pas question de faire partie du prochain conseil municipal ?

Non. J'ai eu des discussions avec mes colistiers. Moi, je ne le vivrais pas très bien, quand vous avez eu 20 ans les commandes et siéger avec quelqu'un qui a les commandes à votre place, c'est pas forcément bon pour vous, ni pour le nouveau maire qui peut se sentir sous tutelle et ne pas se libérer comme il faut. Non, il faut que les gens puissent s'exprimer.  

La fonction de maire a changé en 20 ans ?

Ça n'a plus rien à voir. Dans ma décision, même si ça n'a pas été un critère fondamental ça a joué aussi. Aujourd'hui, la société a évolué, je pense à l'avènement des réseaux sociaux. Quand on n'est pas préparé à ce genre d'exercice, on arrive à un certain âge et on a peut être du mal à gérer ces situations. Et puis, les gens sont très exigeants, ils veulent tout et tout de suite. Ils sont procéduriers. On est élu le dimanche et on se fait taper sur la tête le lundi. 

Est-ce que vous pensez que ça peut freiner d’éventuels candidats ?

Je crois que oui. Après, la taille des villes a une importance. Une ville comme Biscarrosse, il n'y a pas de soucis, parce qu'on a un dispositif de travail pour accompagner les élus qui est important. Mais, dans les communes plus petites on le voit, les élus font tout, et les maires en particulier. Là, il risque d'y avoir des crises de vocation. L'intérêt, il faut aller le chercher. Alors, si on peut trouver des retraités qui s'ennuient et qui vont saisir la balle au bond, pensant qu'ils vont aimer ça et que ça va bien se passer. Mais après, si on doit avoir que des maires retraités est-ce que c'est une bonne chose ? Je ne pense pas. Les gens veulent des maires qui soient bien accrochés à la progression de la société dans laquelle ils vivent. Donc, des gens actifs, aussi. Mais ça va être de plus en plus compliqué. 

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