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ENTRETIEN - Sandrine Rousseau, candidate à la primaire écologiste : "Inventer une société du respect"

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Ce week-end avaient lieu les journées d'été d'EELV à Poitiers. L'occasion pour les candidats à la primaire des écologistes pour la présidentielle de 2022 qui aura lieu mi-septembre de convaincre. Parmi les cinq sur la ligne de départ, la nordiste Sandrine Rousseau, qui espère bien l'emporter.

Sandrine Rousseau, 49 ans, est également vice-présidente de l'université de Lille Sandrine Rousseau, 49 ans, est également vice-présidente de l'université de Lille
Sandrine Rousseau, 49 ans, est également vice-présidente de l'université de Lille © Maxppp - Mathieu Herduin

Est-ce que vous pouvez être en quelque sorte la surprise de cette primaire alors qu'on attend peut être plus pour l'emporter l'un des deux favoris, l'eurodéputé Yannick Jadot et le maire de Grenoble, Eric Piolle ? 

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Mais il n'y a pas de favori, il n'y a pas de pronostics déjà faits. On dit partout que je pourrais être une surprise, mais si on écoute des réseaux, si on regarde du côté des militants et militantes, il n'y a aucune surprise. Evidemment que je m'impose dans cette primaire. C'était prévu dès le départ. Je porte quelque chose qui est différent. Je porte un accès à la politique qui est différent et empreint de tout un militantisme des réseaux de lutte pour les droits humains. Par ailleurs, avec les militants Europe-Ecologie Les Verts, on a une longue histoire eux et moi, ensemble. J'ai quitté le parti, certes il y a trois ans, mais avant, j'y ai milité. J'ai milité auprès des personnes dans toutes les régions et donc évidemment que je fais partie des favorites de cette primaire. 

Vous avez un mot d'ordre dans cette campagne, c'est la radicalité. Mais c'est quoi une écologie radicale ? 

C'est de se dire que nous avons cinq ans pour agir, pas par dogmatisme, mais juste parce que nous avons cinq ans si nous voulons protéger nos enfants et nos vies. On l'a vu cet été, les catastrophes naturelles partout dans le monde se sont exacerbées, ont augmenté, se sont aggravées et donc on n'a pas tellement de choix. Alors évidemment, toutes les mesures à prendre ne seront pas toujours des mesures forcément très agréables à prendre. Mais c'est une condition de respect que l'on doit à nos enfants. Et puis surtout, c'est aussi une manière de réinventer comment on vit ensemble, comment on fait société, quelle économie on veut. Et en fait, c'est aussi très enthousiasmant de se dire que ce qu'il faut faire et peu de générations ont eu à le faire et bien c'est de redessiner un monde. 

La prédation ne doit plus être le terme principal qui défini notre rapport aux autres

Alors, au cœur de votre combat politique il y a également ce que l'on appelle l'écoféminisme. Mais c'est quoi au juste ? 

L'écoféminisme c'est prendre, utiliser, jeter. C'est au cœur de notre système économique, au cœur de notre système social, c'est est au cœur de notre rapport à l'environnement. La nature, aujourd'hui, on la prend, on utilise et on la jette. C'est le cas, par exemple, quand on prend du pétrole. On transforme en plastique et on jette dans les océans. C'est aussi ce que l'on fait sur les corps des personnes les plus précaires. Quand vous avez un travail qui est difficile, on vous prend votre corps, on l'utilise. Et puis, une fois qu'il est utilisé, on le jette. C'est la même chose sur les femmes ou quand elles subissent des violences, on prend ce corps, on utilise et on le jette. Aujourd'hui, on doit sortir de ça. Aujourd'hui, la prédation ne doit plus être le terme principal qui défini notre rapport aux autres. Aujourd'hui, on doit inventer une société de respect. Une société où on a un autre rapport à la nature qui consiste à la préserver plutôt qu'à l'utiliser. 

Dans votre programme, dans vos idées, il y a la défense, notamment donc des femmes, mais aussi des personnes LGBT... Comment on fait pour introduire de l'universel dans tout ça ? 

L'universel c'est que chacun et chacune ait exactement la même vie, quoi que l'on soit, que l'on soit une personne gay, lesbienne, que l'on soit noir ou blanc, que l'on soit femme ou homme. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Si vous dites que vous êtes gay ou lesbienne, par exemple à l'adolescence, vous avez un risque de suicide beaucoup plus important. Et ce risque de suicide n'est pas lié au fait que vous soyez gay ou lesbienne. C'est lié au regard que l'on porte sur votre sexualité. Il n'est pas normal aujourd'hui qu'en fonction de ce que l'on est on ait des risques de violences, des risques de suicide, des risques de maladies bien plus importants. Si vous n'êtes pas riche, par exemple, si vous faites partie des catégories les plus pauvres et bien vous avez une espérance de vie qui est beaucoup plus courte que celle des cadres. C'est tout cela qu'il nous faut changer. Votre sexualité, votre couleur de peau ou n'importe quoi ne peut pas définir la manière dont vous allez vivre et ne peut pas non plus vous exposer à davantage de violence. 

La première mesure que je prendrai, c'est de faire un revenu d'existence à 850 euros pour tout le monde

Lors des dernières élections municipales puis régionales qui ont réussi aux écologistes, on a vu que ce vote écolo était plus fort en ville qu'en zone rurale. Qu'est-ce que vous leur proposez concrètement aux habitants de ces campagnes ? 

Dans les zones rurales, il y a des problématiques qui nombreuses. C'est difficile de répondre en très peu de temps. Mais ce que je veux déjà dire, c'est qu'il faut d'abord un réinvestissement de l'Etat dans ces territoires ruraux. Depuis les années 80, on a vu une disparition des services publics, des services de santé dans ces territoires. Et puis ensuite, il y a toute une question autour du travail dans ces zones-là. Le travail qui reste, souvent c'est un travail qui est difficile. Il y a beaucoup, par exemple, de services à la personne. Il y a beaucoup d'emplois précaires. Il y a beaucoup d'artisanat qui a du mal à trouver des débouchés et à faire vivre les personnes qui y travaillent. Et donc il nous faut concevoir ces territoires comme étant des territoires autonomes où la dynamique territoriale permet des emplois de qualité et permet la protection des personnes les plus faibles. Et ça, ça doit être accompagnée de politiques publiques et notamment d'argent sur ces territoires. 

Pour terminer, on va imaginer que vous êtes désignée candidate des écologistes à la primaire et que vous êtes élue présidente de la République en 2022. Quelle est la toute première mesure que vous prenez une fois installée à l'Elysée ? 

La toute première mesure, c'est de mettre en place un revenu d'existence, c'est à dire d'augmenter le niveau minimum de ressources. Aujourd'hui, c'est le RSA et ça ne permet pas de vivre dignement. Donc, la première mesure que je prendrai, c'est de faire un revenu d'existence à 850 euros pour tout le monde

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