Politique

J-C Cambadélis à Cenon : "Alain Juppé, c'est une vision très personnelle du pouvoir"

Par Kevin Boderau, France Bleu Gironde samedi 29 octobre 2016 à 19:28

Jean-Christophe Cambadélis devant les militants socialistes à la 7ème Université de l'engagement du P.S.
Jean-Christophe Cambadélis devant les militants socialistes à la 7ème Université de l'engagement du P.S. © Radio France - Kevin Boderau

Deux jours après la visite de Manuel Valls, c'est Jean-Christophe Cambadélis qui était en Gironde ce samedi après-midi. En marge de la septième université de l'engagement, le Premier secrétaire du Parti Socialiste a accordé un entretien à France Bleu Gironde.

France Bleu Gironde : Manuel Valls jeudi et vous ce samedi, la pré-campagne du P.S. bat son plein en Gironde.

Jean-Christophe Cambadélis : Absolument ! Nous traversons le pays de part en part, nous sommes à la septième Université de l'Engagement, il y a des ateliers, des controverses, et au Parti Socialiste, il y en a beaucoup, mais ce sont des controverses sur des questions de société.

Nous sommes sûr les terres d'Alain Juppé, comprenez-vous que certains militants puissent être tentés d'aller voter pour lui à la primaire de la Droite ?

Non je ne le comprends pas ! Déjà les sondages indiquent qu'il va l'emporter facilement. Ensuite quand on regarde son programme, c'est peut-être le programme le plus libéral jamais présenté et il y a une tentation autoritaire que je veux dénoncer sûr ses terres. Quand vous dites que vous allez gouverner par ordonnances, cela veut dire que vous allez vous passer du Parlement et quand vous dites que vous ferez en sorte que les syndicats ne puissent pas participer au dialogue social, c'est le pouvoir personnel.

On a l'impression que depuis la sortie du livre "Un président ne devrait pas dire ça" tout a changé au Parti Socialiste. François Hollande a perdu beaucoup de soutiens.

Oui ce livre a en quelque sorte libéré la parole. On a critiqué. J'ai critiqué. Il semblerait que le Premier ministre se soit mis en colère, certains ont été affligés, mais à un moment donné il faut à la fois continuer l'action gouvernementale et laisser aux uns et aux autres le choix des armes. Au président de dire s'il est candidat ou pas et aux militants de Gauche de trancher sur celui qui sera candidat à l’élection présidentielle.

"Le Premier ministre est en pole position".

Vous avez déclaré que Manuel Valls était légitime...

A partir du moment où on envisage que le Président de la République ne se présente pas la question se pose. Le Premier ministre est alors en pole position, mais il y aura sûrement d'autres candidats(es). Il y aura un débat et les militants trancheront.

Ce ne serait pas un constat d'échec que le Président sortant soit obligé d'en passer par une primaire pour avoir la légitimité d'être candidat ?

Non. Je crois que c'est assez courageux. C'est remettre en jeu son mandat par ceux qui l'avaient désigné la première fois. "J'ai gouverné pendant cinq ans, il y a des choses que vous avez appréciées, d'autres moins, je vais m'en expliquer et vous trancherez", voilà le sens de l'exercice.

Pour le coup ce sera encore une nouveauté apportée par la primaire socialiste...

Absolument et je l'avais dit. Après nous, tout candidat, si'il veut être réélu passera par une primaire.

"Pour les législatives, il faudra que toute la Gauche soit rassemblée sinon la seule opposition à la Droite à l'Assemblée nationale ce sera le Front National."

Qu'est-ce-qui vous fait le plus peur : ne pas être au second tour de la présidentielle ou perdre dans les grandes largeurs les législatives ?

Présenté comme cela les deux ! Aujourd’hui tous les sondages montrent que quel que soit le candidat de Gauche, de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron en passant par François Hollande, aucuns ne seraient au deuxième tour. Mais je pense qu'une fois que nous serons vraiment dans la campagne, on ne sera plus sur le ressenti de ce qui a été fait, mais sûr l'espoir de ce qui le sera. Pour les législatives, il faudra que toute la Gauche soit rassemblée sinon la seule opposition à la Droite à l'Assemblée nationale ce sera le Front National.

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