Politique

Les Nîmois nostalgiques des années Bousquet

Par Sylvie Charbonnier, France Bleu Gard Lozère mercredi 21 octobre 2015 à 14:59

Jean Bousquet au cinquantenaire de la feria de pentecôte à Nîmes en 2002
Jean Bousquet au cinquantenaire de la feria de pentecôte à Nîmes en 2002 © Maxppp

Huit Nîmois sur dix prononcent le nom de Jean Bousquet lorsqu'on leur demande de citer l'une des personnalités marquantes de la ville. D'où vient cette nostalgie pour l'entrepreneur et ancien député-maire de Nîmes ?

On pourrait dire que Jean Bousquet, c'est un peu la période "bling-bling" de Nîmes. Mais ce serait réducteur... 

"Monsieur Cacharel" a attiré à Nîmes tous les plus grands créateurs. Pour les affiches de la feria,  les plus grands peintres, le premier ayant été Arroyo. Pour l'aménagement urbain, Philippe Starck. Pour les poubelles, Andrée Puttman. Pour le Carré d'Art, pas question de faire appel aux architectes locaux, mais à un concours international, remporté par Norman Foster. Pour les logements sociaux, les immeubles Némausus, Jean Nouvel. 

Attirer les stars pour dynamiser la ville

Son idée était de faire venir un maximum de grands noms dans sa ville  pour attirer un maximum de chefs d'entreprise. Le mariage d'Yves Mourousi, en 1985 pendant la feria des vendanges et c'est tout le gratin parisien qui était devenu nîmois pendant quelques jours, par exemple. 

Après les inondations de 1988, Jean Bousquet avait promis de remettre Nîmes debout en 15 jours. Il avait fait appel aux dons et avait appelé à la mobilisation générale des maires, des chefs d'entreprises, de ses amis et des médias. Résultat, en 1989, il avait été réélu haut la main à la mairie. Un véritable plébiscite. 

Et ça a continué comme ça avec la feria des musiques de rue, un succès monumental et une fréquentation doublée. Ou avec les concerts géants et les opéras dans les arènes.

De l’esbroufe,  pour ses détracteurs

Et aussi la taxe d'habitation et la taxe foncière qui flambent... comme la dette, que la ville traîne encore aujourd'hui. Après la grandeur, la droite se déchire en 1995 et Bousquet laisse au communiste Alain Clary une ville surendettée. 

L'année suivante, l'ancien député-maire est condamné par la justice à un an de prison avec sursis  pour abus de bien social. Cacharel va mal et son PDG, vexé par sa défaite aux municipales, transfère le siège de la marque de Nîmes à Paris. Jean Bousquet ferme les usines du Gard, puis le magasin de la rue Général Perrier et le dépôt-stock de l'ancienne route de Montpellier. 

C'est la brouille avec Nîmes. Une brouille qui dure encore. Sauf que la nostalgie de ces années de folie est bien présente. La nostalgie, n'est-ce pas ce qui reste quand on a tout oublié ?