Politique

Primaire à droite : Jean-François Copé en campagne sur les terres d'Alain Juppé à Bordeaux, "veut réarmer la France"

Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde mercredi 26 octobre 2016 à 11:01

Jean-François Copé
Jean-François Copé © Maxppp - Maxppp

C'est l'un des 7 candidats de la primaire de la droite et du centre. Jean-François Copé est en campagne à Bordeaux ce mercredi après-midi. Il était l'invité de France Bleu Gironde ce mercredi matin.

Jean-François Copé visite la Cité du Vin et donne une conférence à Sciences Po à Talence à 17h30 pour tenter de convaincre dans la campagne de la droite et du centre, sur les terres d'Alain Juppé, le maire de Bordeaux et favori des sondages.

France Bleu Gironde : Avez-vous digéré votre bourde sur le prix du pain au chocolat ?

Jean-François Copé : c'était effectivement une erreur mais il faut remettre les choses à leurs justes proportions. Tout ça a pris une ampleur un peu excessive à mon avis.

Ça a fait réagir les auditeurs de France Bleu Gironde sur le thème, les politiques sont décidément déconnectés de la vie réelle et quotidienne...

Oui et d'autres ont rigolé. Et je ne suis pas sûr que tout le monde soit si incollable que ça, sur le prix des produits, surtout quand on n'en consomme pas, comme c'est mon cas!

La forte baisse mensuelle du chômage en septembre pour la première fois depuis 20 ans de -1,9%, c'est l'actualité du jour. Est-ce que ça signifie que la courbe s'inverse et que François Hollande peut donc se représenter ?

C'est plus compliqué que ça. Le bilan de ce quinquennat est catastrophique. C'est vrai que le dernier résultat sur le chômage est bon, mais vous avez constaté qu'il y a presque 60 000 personnes qui sont en stage et donc sorties des statistiques. Derrière tout ça, il y a une réalité. Il faut changer de politique économique. Il faut baisser les charges sociales, baisser les impôts et assouplir le code du travail. Tout cela doit être fait très vit et moi je voudrais agir par ordonnances, pour accélérer les lois, dès le lendemain de l'élection présidentielle. Il faut aller vite et c'est le sens du projet de rupture que je propose.

Vous venez à la Cité du vin à Bordeaux. Pourquoi ce choix ?

Parce que je trouvais que c'était important d'avoir un rendez-vous qui soit à la fois économique et culturel, comme je le fais d'ailleurs dans tous mes déplacements. C'est une manière de valoriser ce qui fait la richesse de ce pays, ce qu'on fait assez peu; dire "n'oublions pas ce qui fait notre force en France". Le rôle des responsables politiques, c'est de valoriser nos atouts et pas seulement de regarder le verre à moitié vide.

La Cité du Vin c'est la fierté d'Alain Juppé dans sa ville. Qu'allez-vous dire aux Bordelais pour les convaincre de vous choisir vous plutôt que lui dans cette primaire ?

(Rires) Je reconnais qu'il a un avantage dans sa ville de Bordeaux parce qu'il y a fait des choses magnifiques. Je suis moi-même très heureux de ce que j'ai fait dans ma ville de Meaux. Mais c'est vrai que mon message est de dire : demain, il y a besoin de faire une vraie rupture par rapport aux rendez-vous manqués depuis si longtemps. Il faut se concentrer sur l'essentiel. C'est le rétablissement de la sécurité, la liberté de l'économie. Moi j'ai un mot pour ça. Il faut réarmer la France. Mon idée par exemple, est d'embaucher 50 000 policiers gendarmes juges gardiens de prison... Il faut redonner de l'efficacité à un Etat qui s'effondre sur lui-même comme le montrent les manifestations de policiers.

Quand vous avez supprimé des postes de policiers quand vous étiez au pouvoir en 2007 aux côtés de Nicolas Sarkozy, c'était donc une erreur?

Bien sûr que c'était une erreur. Mais j'étais au pouvoir non. J'étais à la tête de la majorité à l'Assemblée. C'est toute la différence entre un président de la République et ces députés, qui sont sur le terrain et qui l'alertent. C'est ça qui fait qu'il y avait eu des divergences entre Nicolas Sarkozy et François Filon d'une part, et nous, les députés de la majorité de l'autre. Il n'y avait pas eu la rupture à l'époque (qui a abouti à la défaite de 2012) et c'est ce que je veux faire aujourd'hui. Il faut aller vite aussi et je le redis, gouverner par ordonnances comme l'avait fait le Général de Gaulle. C'est la seule solution pour redresser le pays. Il y a 15 décisions à prendre. Pour régler le problème des 35h, par exemple, il faut que les salariés votent pour éviter que les syndicats bloquent.

Vous êtes à 2% d'intentions de vote des sondés. Vous appellerez à voter pour quel candidat au deuxième tour de la primaire ?

Je suis candidat jusqu'au bout et on verra bien ce que donne le vote.

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