Politique

Jean-Marie Le Pen réclame deux millions d'euros au FN

Par Marina Cabiten, France Bleu mercredi 14 octobre 2015 à 17:23

Jean-Marie Le Pen
Jean-Marie Le Pen © Maxppp

Jean-Marie Le Pen a assigné mercredi en justice le Front national pour demander sa réintégration au sein du parti dont il a été exclu après un long bras-de-fer avec sa fille, présidente du FN.

Nouvel épisode dans la bataille judiciaire qui oppose Marine Le Pen à son père depuis des mois maintenant. Mercredi, Jean-Marie Le Pen a assigné le Front national en justice. Il espère ainsi obtenir sa réintégration au parti qu'il a fondé, mais dont il a été exclu en août

Un retour et deux millions d'euros de dommages et intérêts

Une audience pourrait se tenir devant le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre (Hauts-de-Seine), à une date qui reste à déterminer. Selon l'assignation à comparaître, Jean-Marie Le Pen demande sa "réintégration parmi les membres" du parti. Il demande également à la justice de "constater en tout état de cause que l'exclusion prononcée ne saurait avoir pour effet de remettre en question (sa) qualité de président d'honneur" et "de le priver des droits et devoirs statutaires attachés à cette qualité". 

Son avocat réclame par ailleurs deux millions d'euros de dommages et intérêts au parti, en réparation "du très grave préjudice" porté "à la fonction de président d'honneur" ainsi qu'"à sa dignité, à son honneur, à sa notoriété et à son action politique". 

Nouvelle victoire judiciaire en vue ? 

Le politicien de 87 ans a été exclu le 20 août du parti qu'il a cofondé, sanctionné par le bureau exécutif, son instance suprême, après une série de provocations à propos de la Shoah. Evoquant une "pseudo-condamnation", il avait annoncé dans la foulée de cette mesure qu'il continuerait à se battre en justice, après avoir remporté en juillet trois victoires judiciaires contre le parti dirigé par sa fille. Le TGI de Nanterre avait annulé sa suspension en tant qu'adhérent décidée par les instances dirigeantes du parti début mai, après des propos réitérés en avril sur les chambres à gaz. Le tribunal avait ensuite suspendu le congrès par correspondance censé supprimer son titre de président d'honneur, décision confirmée par la cour d'appel de Versailles.