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Politique

Jean-Pierre Sueur : "L'équipe d'Oliver Carré est en train de se disloquer"

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Par , France Bleu Orléans

Le sénateur PS du Loiret fustige Olivier Carré, maire d'Orléans depuis 2015 : "une ère de transition un peu indistincte, sans grande ambition, à la tête d'une équipe en train de se disloquer". Jean-Pierre Sueur estime qu'un rassemblement des progressistes peut "créer la surprise à Orléans en 2020".

"Il faut une alternative progressiste à Orléans" et cela passe par "le rassemblement des progressistes" a expliqué Jean-Pierre Sueur pour les élections municipales de 2020
"Il faut une alternative progressiste à Orléans" et cela passe par "le rassemblement des progressistes" a expliqué Jean-Pierre Sueur pour les élections municipales de 2020 © Radio France - François Guéroult

Orléans, France

Jean-Pierre Sueur, sénateur PS du Loiret (depuis 2001), est toujours aussi infatigable au Sénat : sur ces 12 derniers mois, il a cumulé 468 interventions en commission, 261 dans l'hémicycle, il a signé 485 amendements, déposé 4 propositions de lois, posé 31 questions écrites au gouvernement, etc. Il a aussi été omniprésent dans les médias en tant que co-rapporteur de la commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla. Mais ce lundi soir, invité dans "Controverse", c'est sur la situation politique d'Orléans qu'il a été le plus prolixe, avec des mots très durs sur le maire actuel (ex-LR) Olivier Carré.

Olivier Carré, c'est une ère de transition sans ambition"

Il faut dire que le matin même, sur France Bleu Orléans, Olivier Carré avait accusé Jean-Pierre Sueur d'être derrière "l'opération séduction" vis-à-vis de Nathalie Kerrien - un appel signé la semaine dernière par de jeunes macronistes pour une candidature de l'adjointe à la Culture aux municipales de 2020 à Orléans : "Aujourd'hui, Jean-Pierre Sueur ne voit aucun candidat à gauche, et compte tenu des relations très anciennes qu'il nourrit avec Nathalie Kerrien, il lui a suggéré beaucoup de fois de se porter candidate", avait ainsi assuré Olivier Carré. Une version que Jean-Pierre Sueur a démentie : "Je ne suis pas du tout aux manettes. Nathalie Kerrien est une personne libre et indépendante, et je ne peux pas imaginer un instant qu'elle soit instrumentalisée par quiconque ; quant aux candidats potentiels à gauche ou au centre, il y a beaucoup de gens, Baptiste Chapuis, Jean-Philippe Grand, Philippe Rabier, Yann Chaillou, Caroline Janvier, Richard Ramos, etc qui disent et organisent des choses..." Et d'enfoncer le clou : "L'équipe d'Olivier Carré est en train de se disloquer. Son passage à la mairie d'Orléans, c'est une ère de transition, indistincte, sans grande ambition pour la ville et la métropole."

Et Jean-Pierre Sueur de lancer à son tour un appel : "Il faut une alternative progressiste à Orléans en 2020. Je dis à toutes les personnes que j'ai citées : chers amis, ou bien vous cultivez vos différences, avec chacun sa propre liste et c'est l'échec assuré ; ou bien vous apprenez à travailler ensemble, et alors vous faites une liste qui sera la surprise de ces municipales." Un large rassemblement, donc, comme le souhaite la référente départementale LREM du Loiret Jihan Chelly qui rêve d'une liste qui serait à la fois soutenue par Serge Grouard (l'ancien maire LR d'Orléans) et par Jean-Pierre Sueur, comme elle l'a confiée ce week-end à Magcentre. "C'est le rêve du ni droite ni gauche, mais la vie politique n'est pas faite que de consensus, je n'ai pas les mêmes idées politiques que Serge Grouard", a répliqué Jean-Pierre Sueur. Une première partie à écouter ici :

1ère partie : les municipales 2020 à Orléans

La deuxième partie de "Controverse" devait être consacrée au Sénat et à l'affaire Benalla. Elle l'a été, mais Jean-Pierre Sueur n'a pu s'empêcher auparavant de revenir à la charge contre le bilan d'Olivier Carré à Orléans : CoMet, "un projet qui va coûter une fortune sans être rentable" ; l'absence de mobilisation pour qu'il y ait enfin une faculté de médecine à Orléans ; "les mails transformés en autoroute urbaine et qu'il faut reconquérir d'urgence" ; "la faculté de droit déplacée en centre-ville sans qu'il y ait un étudiant de plus" ; l'absence d'opéra... Cela ressemble à un programme pour 2020 ? "Je ne suis pas candidat, a précisé Jean-Pierre Sueur, mais je reste passionné, et je suis prêt à contribuer à des idées, au service de ce grand rassemblement que j'appelle de mes vœux."

L'Elysée n'est pas quelque chose d'extraterrestre qu'on ne peut pas contrôler"

Le sénateur a ensuite consenti à évoquer le rapport de la commission d'enquête sur l'affaire Benalla, l'ancien chargé de mission sécurité à l'Elysée. "Ce qui est assez étrange, c'est que tout le monde m'en parle, à Paris, dans la rue, dans les stations-services... Nous avons scrupuleusement respecté la séparation des pouvoirs. Une commission d'enquête parlementaire doit contrôler le gouvernement et évaluer les politiques publiques : la sécurité du chef de l'Etat, c'est une politique publique ! L'Elysée n'est pas quelque chose d'extraterrestre ! Ce n'est pas la faute du Sénat si M. Benalla a dysfonctionné..." Ce rapport fera date, estime Jean-Pierre Sueur : "Plus personne ne pourra remettre en cause le rôle du Parlement dans sa mission de contrôle du pouvoir exécutif." Une deuxième partie à écouter ici :

Deuxième partie : le bilan d'Olivier Carré ; le rapport Benalla

Comme le veut la tradition dans "Controverse", Jean-Pierre Sueur a ensuite été confronté aux voix-mystères à identifier. Nous avions choisi de le faire réagir à trois personnalités : Sibeth Ndiaye, nouvelle porte-parole du gouvernement ; Françoise Thauvin, victime loirétaine de l'attentat du Bardo à Tunis en 2015 ; Michel Barnier, négociateur de l'Union européenne sur le Brexit.

  • Sur Sibeth Ndiaye : "La logique d'Emmanuel Macron, c'était une sorte de parti central qui absorberait la droite et la gauche. Aujourd'hui, _c'est de plus en plus déséquilibré_, il est de plus en plus à droite ! Sibeth Ndiaye vient certes du parti socialiste, mais dans ce gouvernement, on voit très bien qui est de droite - Edouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin... - alors que ceux qui sont de gauche, on ne s'en rend pas vraiment compte... Il y a 3 nominations au gouvernement, mais ces 3 nominations ne sont pas un signe pour la gauche !"
  • Sur Françoise Thauvin : "Je comprends la réaction de colère de Françoise Thauvin vis-à-vis du procès du Bardo, mais pas celle de son avocat", indique Jean-Pierre Sueur, qui préside le groupe d'amitié France-Tunisie au Sénat. "Je ne pense pas que ce soit servir les intérêts des victimes que de critiquer les autorités tunisiennes comme cela a pu être fait. La Tunisie est une nouvelle démocratie ; il est évident qu'il y a des responsabilités terribles du musée du Bardo en matière de sécurité (responsabilités non poursuivies, NDLR), il y a peut-être des carences dans ce procès, mais passer son temps à bombarder de critiques la démocratie tunisienne n'est sans doute la meilleure façon d'obtenir réparation pour les victimes."
  • Sur Michel Barnier et le Brexit : "Je me souviens que mon ami Michel Rocard était opposé à l'entrée du Royaume-Uni dans l'Union européenne parce qu'il disait "ça ne marchera jamais", il avait une sorte de préscience à cet égard... " Mais cela doit surtout servir de leçon sur les fake news, estime Jean-Pierre Sueur : "On a voté une loi, mais elle est très limitée ; l'un des gros problèmes, c'est de savoir quelle autorité de contrôle, transnationale, on peut mettre en place sur les hébergeurs des sites Internet. La réponse doit être mondiale, mais pour arriver à une réponse mondiale, il faut d'abord une réponse européenne."

Cette troisième partie est à écouter ici : 

Troisième partie : les voix de "Controverse"

La dernière partie de l'émission a permis d'évoquer l'avenir du parti socialiste

Je soutiens Raphaël Glucksmann mais j'aurai préféré une tête de liste socialiste"

D'abord à court terme : pour les élections européennes de mai, Jean-Pierre Sueur défendra bien pour la liste menée par Raphaël Glucksmann (du mouvement Place Publique), soutenue par le PS, "parce que je suis fidèle à mon parti." Mais le sénateur du Loiret ne cache pas qu'il aurait "préféré qu'il y ait une tête de liste socialiste" et qu'il regrette que certaines personnes ne soient pas en position éligible "notamment Karine Gloanec-Maurin", députée européenne depuis un an, et originaire du Loir-et-Cher. 

Mais ce choix d'alliance - au profit d'un mouvement qui n'a pas 6 mois d'existence - ne marque pas forcément une nouvelle étape dans le déclin du PS, veut croire Jean-Pierre Sueur : "On est passé dans les sondages de 5% à 7%.... Le parti socialiste est un vieux parti qui a connu dans son histoire des hauts et des bas." L'un des bas les plus retentissants fut le score de Gaston Deferre à l'élection présidentielle de 1965 (5%, à comparer avec le score de Benoît Hamon en 2017 : 6,4% ), se souvient Jean-Pierre Sueur. Sauf qu'à l'époque, un congrès refondateur avait transformé la SFIO en parti socialiste. "Je ne crois pas aujourd'hui qu'on ait besoin de changer à nouveau de nom, mais d'un congrès refondateur, oui", conclut le sénateur PS du Loiret. Une quatrième partie à écouter ici :

Quatrième partie : le parti socialiste et les européennes

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