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Politique DOSSIER : Brexit

Brexit : "les droits de douane pourraient monter de 41% pour les exportations de vins et de fromages" pour José Bové

mardi 5 mars 2019 à 12:06 Par Vanessa Marguet, France Bleu Occitanie

L'eurodéputé José Bové était l'invité de France Bleu Occitanie ce mardi, l'occasion de faire le point sur son avenir politique, mais aussi sur les propositions d'Emmanuel Macron aux Européens ou les conséquences du Brexit pour les agriculteurs. Son interview.

José Bové
José Bové © Radio France - Radio France

Occitanie, France

France Bleu Occitanie : Emmanuel Macron vient de publier une longue tribune pour sauver l'Europe. Il veut créer notamment une banque européenne du climat, diviser par deux les pesticides ou encore créer une force sanitaire de contrôle des aliments. Comment vous accueillez ces propositions ?   

José Bové : Le débat est lancé et je dirais qu'il y a des choses très positives, qui vont dans le sens de plus d'Europe, d'une Europe plus fédérale et plus intégrée, donc pourquoi pas. Mais il faut se rappeler que les décisions se prennent à deux niveaux : au niveau du Conseil c'est-à-dire avec tous les chefs d'Etats et de gouvernements. Le président de la république doit convaincre 27 ou 26 collègues dans l'enceinte de ce Conseil et de l'autre côté, il y a le parlement européen qui travaille texte par texte sur des propositions et où il faut faire des compromis. 

Et vous pensez qu'il aura du mal à convaincre ? 

Au niveau du parlement, on peut construire et on a fait beaucoup d'avancées. En général, ce qui bloque dans l'UE ce sont les Etats. Moi je crois qu'une des choses principales, c'est qu'on arrête de décider à l'unanimité, comme ça se passe actuellement pour tout ce qui est impôts, taxes, nouveaux budgets ou sur les questions sociales. Aujourd'hui, on est bloqués par exemple sur l'harmonisation sociale qui est un des sujets qui intéressent le plus les citoyens français et européens. On est bloqués parce qu'il faut l'unanimité et que certains pays, qui ont des avantages fiscaux et qui ne veulent pas bouger sur ces questions sociales, bloquent.

Et ces blocages José Bové est-ce qu'ils expliquent en partie votre décision. Vous êtes élu au parlement européen depuis 2009. Mais vous ne figurez pas sur les listes pour les prochaines élections de mai. C'est fini, vous ne voulez plus être député européen ? 

Je m'étais engagé en 2009 puis en 2014 en disant que je m'arrêterais au bout de 10 ans, parce que je pense qu'il faut se fixer des règles. Quand on est élu, on n'est pas élu à vie. Pour ma part, j'avais décidé de ne faire que 10 ans donc ce n'est pas une surprise. Pour autant, cela ne veut pas dire que je ne suis pas prêt à participer à la campagne avec Yannick Jadot (le chef de file d'EELV) et j'espère être en dernière place sur sa liste, à moins que j'aille me représenter sur d'autres listes. C'est ce que j'ai annoncé cette semaine. Si Oriol Junqueras, le candidat républicain catalan qui est aujourd'hui incarcéré et qui risque 20 ans de prison, n'est pas libéré ou si il est empêché de se présenter en Catalogne, je pourrais alors rejoindre la liste des Catalans pour dire qu'il faut de la démocratie et qu'on ne construit pas l'Europe sans la liberté. Or actuellement il y a 12 prisonniers politiques qui sont jugés en Catalogne.

Si vous passiez sur cette liste d'indépendantistes catalans, ça serait un vrai changement de combat pour vous ?  

Je me suis toujours battu sur les questions paysannes, sur les questions du droit des paysans, pour que les paysans vivent de leur travail et aient des pratiques respectueuses de l'environnement. C'est mon syndicalisme, mon engagement de fond, mais je me suis toujours aussi battu pour le droit des peuples et je n'ai pas seulement défendu les Catalans comme aujourd'hui. Pendant ces 10 ans au parlement européen, je me suis battu pour défendre la situation en Ukraine et dans beaucoup d'autres pays du monde.  Aujourd'hui, je me bats aux côtés des Catalans car nous sommes dans l'Union européenne. C'est la première fois au sein de l'UE qu'on assiste à un procès politique et je trouve cela choquant.

José Bové, on entend ce matin sur France Bleu Occitanie des témoignage d'agriculteurs de la région qui s'inquiètent du Brexit et des conséquences pour leurs exploitations. Vous aussi, ça vous inquiète ? 

J'ai alerté il y a quelques jours mes collègues au parlement européen, pour dire attention à ce qui va se passer. Il faut savoir qu'actuellement on est dans une situation dangereuse. Si il y a un brexit dur pour tout ce qui est exportations de fromages, de vins et de spiritueux, les droits de douane pourraient monter à 41%, ce qui veut dire beaucoup pour notre région Occitanie. On a un certain nombre d'appellations d'origine, ainsi qu'une forte production de vins et d'alcools plus forts et on risque d'être complètement pénalisés. Le marché  pourrait être repris soit par les Australiens, dont on connait les pratiques, soit par la Californie. Donc il y a de très grands risques. Il y en a aussi sur d'autres secteurs, comme la production de viande. Le fait que la Grande-Bretagne sorte de l'Union, surtout si il n'y a pas d'accord, va se traduire par des chutes brutales sur les exportations. Dans le cadre du marché unique, il y avait des accords préférentiels et là ça risque d'être catastrophique sachant que la France est le premier exportateur vers la Grande Bretagne.

José Bové en direct sur France Bleu Occitanie