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Politique

Kamel Daoudi arrête sa grève de la faim

mardi 13 février 2018 à 16:33 Par Marie-Laurence Dalle, France Bleu La Rochelle

Kamel Daoudi, cet algérien assigné à résidence à Saint Jean d'Angély a arrêté ce mardi 13 février sa grève de la faim et de la soif après 5 jours. Il est assigné a résidence depuis 10 ans et craint de l'être à vie. Pour la Ligue des Droits de l'Homme, le gouvernement est responsable de son sort.

Kamel Daoudi, le jeudi 8 février 18 au 2ème jour de sa grève de la faim et de la soif
Kamel Daoudi, le jeudi 8 février 18 au 2ème jour de sa grève de la faim et de la soif © Radio France - Marie-Laurence Dalle

Saint-Jean-d'Angély, France

Kamel Daoudi a décidé de stopper sa grève de la faim à 2h du matin ce mardi 13 février 2018 à Saint Jean d'Angély, après 5 jours de la grève de la faim et de la soif. Cet algérien de 43 ans, déchu de sa nationalité française voulait attirer l'attention sur sa situation.
Il est assigné à résidence depuis 10 ans, et pourrait l'être à perpétuité si la proposition de loi déposée par un député alsacien est votée jeudi 15 février à l'assemblée nationale, ce qui est fort probable.
Kamel Daoudi a été condamné à 6 ans de prison pour association de malfaiteur en liaison avec une entreprise terroriste, une peine qu'il a entièrement purgée. Il a été reconnu coupable d'avoir participé à la préparation d'un attentat contre l'ambassade des Etats-Unis à Paris en 2001 (en liaison avec Djamel Beghal), ce qu'il a toujours nié. Il a été arrêté à son retour d'Afghanistan en 2001 et déchu de la nationalité française. 

La Ligue des Droits de l'Homme rend le gouvernement responsable

La Ligue des Droits de L'homme et le GISTI (Groupe d'Information et de Soutien des Immigré-e-s) appellent, dans un communiqué commun, le gouvernement français à mettre un terme à la situation de Kamel Daoudi. Il est astreint à un couvre-feu (21h/9h), doit pointer 4 fois par jour à la gendarmerie, vit à 350 km de sa famille et ne peut pas travailler puisqu'il n'a pas de titre de séjour. "Les autorités de la République infligent ainsi une véritable mort civile à un homme au prétexte qu'elles ne peuvent l'expulser" estime la Ligue des Droits de l'Homme dans un communiqué.

Kamel Daoudi s'était mis en grève de la faim et de la soif pour alerter sur cette situation. C'est parce qu'il craignait de ne pas pouvoir respecter ses obligations de contrôle qu'il a recommencé à s'alimenter. Tout manquement l'aurait envoyé directement en prison. Il est sous le coup d'une condamnation à 1 an de prison avec sursis, pour 45 minutes de retard lors d'un pointage. Son deuxième retard, le premier avait été sanctionné par un rappel à la loi.

C'est une forme de "mort civile" auquel se livre le gouvernement, dans une situation d'autant plus absurde qu'il est lui même responsable estime Michel Tubiana, président d'honneur de la LDH

Quand il a retiré sa nationalité française à Kamel Daoudi, le gouvernement ne pouvait pas ignorer la jurisprudence de la cour européenne de justice dit Michel Tubiana, le président d'Honneur de la Ligue des Droits de l'Homme. Elle interdit l'expulsion des personnes qui ont été accusées d'être des islamiste en Algérie, à cause du risque de torture.  "Ils le savent donc ils prennent sciemment ce risque. La responsabilité du gouvernement qui a lancé cette procédure est entière, et des gouvernements qui ont suivi est tout aussi entière" affirme Michel Tubiana. 

Vers un Guantanamo français de forme légale

Le président d'Honneur de la LDH se déclare "extrêmement préoccupé" par le fait qu'à deux reprises, le sénat puis l'assemblée nationale ont tenté de détourner une décision du conseil constitutionnel qui n'est pas dit-il un organisme laxiste. La proposition de loi qui sera examinée jeudi 15 février 2018 par l'assemblée nationale permet de contourner la décision du conseil constitutionnel, qui en décembre dernier avait considéré comme illégale une assignation à résidence illimitée. "Ce qui revient à faire un Guantanamo français revêtu de forme légale puisqu'en définitive on pourra maintenir quelqu'un assigné à résidence à vie" estime Michel Tubiana.