Politique

L'Assemblée nationale autorise les éleveurs à abattre des loups

Par Stéphane Milhomme, France Bleu Drôme-Ardèche jeudi 10 juillet 2014 à 6:48 Mis à jour le vendredi 11 juillet 2014 à 4:27

le loup dans le viseur de Ségolène royal
le loup dans le viseur de Ségolène royal © Maxppp

Les députés ont adopté cette mesure ce mercredi soir. Un abattage du prédateur dans certaines zones et à certaines conditions. Le loup reste un espèce protégée par la convention de Berne.

Le gouvernement a fait adopter dans la nuit du 9 au 10 juillet un amendement autorisant l'abattage des loups dans des zones de protection renforcée, délimitées par les préfets, pour une durée maximale d'un an lorsque des dommages importants sont constatés pour les "activités pastorales" . Un plafond d'abattage sera fixé pour chaque zone de protection renforcée dans le respect d'un plafond national. Lors des douze derniers mois, huit loups ont été abattus malgré le plafond fixé à vingt quatre, en raison de la complexité des procédures mais aussi de la difficulté de trouver l'animal sur le terrain.

Des conditions moins restrictives

Actuellement, les conditions pour avoir le droit de tuer un loup sont très restictives : l'éleveur dont le troupeau a été attaqué doit apporter la preuve qu'il avait tout mis oeuvre pour assurer la protection de ses bêtes, grâce à des chiens patous ou un parc électrifié par exemple. Après quoi, si le préfet autorise des tirs de défense ou des tirs de prélèvements, c'est sous le contrôle d'agents de l'Office national de la chasse, et ils ne sont pas très nombreux sur le territoire. Mais tout cela pourrait bien changer reconnaît le préfet de la Drôme, Didier Lauga. Les textes ne sont pas encore entrés en vigueur. Ils seront scrutés à la loupe pour vérifier qu'ils respectent bien la convention de Berne notament qui classe le loup comme espèce protégée.

Une nouvelle attaque en Drôme

Les agissements du loup restent nombreux et notamment dans la Drôme : en début de semaine, le prédateur a attaqué deux troupeaux de brebis au lieu-dit Les Casses, sur la commune de Valdrôme, dans le Diois. Bilan : quatorze brebis dévorées et deux agneaux blessés. Ces attaques sont les premières de l'année dans le Diois mais avec le retour du beau temps et la montée annoncée des troupeaux vers les estives, les éleveurs redoutent le pire pour les prochaines semaines. En tout cas, les relevés effectués cette semaine par les agents de l'Office nationale de la chasse ne laissent aucun doute : c'est bien le loup qui est responsable de ces attaques.

L'Assemblée nationale autorise les éleveurs à abattre des loups