Politique

L'attentat des Champs-Élysées "aura sans doute une traduction dans les urnes"

Par Aude Raso, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass vendredi 21 avril 2017 à 10:26

Urne et carte électorale lors de l'élection présidentielle de 2012
Urne et carte électorale lors de l'élection présidentielle de 2012 © Maxppp -

Invité de France Bleu Alsace vendredi, au lendemain de l'attentat sur les Champs-Élysées à Paris, le politologue Philippe Breton a estimé que les annulations de meetings et de déplacements de candidats à l'élection présidentielle étaient "un soulagement pour les forces de l'ordre".

Meetings annulés, campagnes suspendues... L'attentat qui a tué un policier jeudi 20 avril sur les Champs-Élysées à Paris bouleverse les dernières heures avant le premier tour de l'élection présidentielle. Si François Asselineau, invité vendredi de France Bleu Alsace, a assuré maintenir son meeting prévu dans la soirée au Palais des congrès de Strasbourg, François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont annoncé qu’ils annulaient leurs déplacements. "Ces annulations sont un soulagement pour les forces de l'ordre. Les candidats l'ont compris", réagit vendredi Philippe Breton, directeur éditorial de l'Observatoire de la vie politique en Alsace (Ovipal). Et de préciser :

Les déplacements des candidats mobilisent énormément de forces de l'ordre. C'est une charge très importante. Il faut maintenant sécuriser le processus électoral de dimanche.

"Bien sûr, ces annulations sont également une manière de marquer le coup", poursuit Philippe Breton. À la question de savoir si l'attentat pouvait avoir une influence sur le vote des électeurs, le politologue répond qu'"il y aura sans doute une traduction dans les urnes" : "Dans cette campagne, on a voulu oublier parce que personne n'a envie de vivre sous le régime des attentats. La campagne a été l'occasion de parler d'autre chose, de parler de politique et de l'avenir du pays. Avec cet attentat, le réel vient nous exploser à la figure, si on peut s'exprimer ainsi. Cela ne peut pas être sans conséquence. Les questions de sécurité prennent le pas sur les questions économiques."

Philippe Breton a souligné le fort niveau d'incertitude qui règne autour du premier tour, qui se tiendra le 23 avril. "Tout est possible", a commenté le directeur éditorial de l'Ovipal.