Politique

Après l'attentat des Champs-Élysées, le terrorisme phagocyte la fin de la campagne présidentielle

Par Marina Cabiten, France Bleu Paris Région et France Bleu vendredi 21 avril 2017 à 7:28 Mis à jour le vendredi 21 avril 2017 à 14:20

Marine Le Pen et François Fillon se sont exprimés depuis leurs QG vendredi après avoir annulé leurs déplacements
Marine Le Pen et François Fillon se sont exprimés depuis leurs QG vendredi après avoir annulé leurs déplacements © AFP - Martin Bureau

Deux jours avant le premier tour de la Présidentielle, la dernière journée de campagne est bouleversée par l'attentat qui a coûté la vie à un policier jeudi soir à Paris. Plusieurs candidats ont annulé leurs déplacements.

La campagne officielle de la Présidentielle s'achève ce vendredi à minuit, les médias n'ayant plus le droit de publier ou de diffuser sondages ni déclarations des candidats jusqu'à dimanche 20h, lorsque les premiers résultats seront annoncés. Mais ce calendrier est chamboulé par l'attentat qui a eu lieu jeudi soir sur les Champs-Élysées.

La dernière émission perturbée

Les onze candidats avaient tous prévu meeting, déplacement ou discours. Mais depuis les locaux de France 2, où ils participaient tous à l'émission "Quinze minutes pour convaincre", ils ont appris qu'une fusillade sur les Champs-Élysées avait tué un policier à Paris et blessé deux autres, ainsi qu'une passante. Ils ont unanimement rendu hommage au policier tué et, plus généralement, aux forces de l'ordre mobilisées dans un pays touché depuis 2015 par une vague d'attentats terroristes qui ont fait 238 morts.

Entre annuler et "ne pas céder"

François Fillon a annoncé dès jeudi soir qu'il annulait ses déplacements. Pas de visite sur le terrain non plus pour Marine Le Pen. Ces deux candidats se sont à la place exprimés depuis leurs QG vendredi, rappelant des propositions ou en formulant d'autres de dernière minute face à la menace terroriste. Pour Marine Le Pen, "la restauration effective de nos frontières" et "le traitement administratif ou pénal immédiat des fichés S". Pour François Fillon, le placement en détention des personnes fichés S, entre autres.

Emmanuel Macron a annoncé dans la nuit l'annulation des deux meetings consécutifs programmés à Rouen (12h) puis à Arras (18h). Il a dénoncé vendredi la "faute" de François Fillon qui lorsqu'il était Premier ministre a provoqué selon lui "l'affaiblissement du renseignement territorial". Il a rappelé qu'il souhaitait embaucher "10.000 policiers et gendarmes" lors du prochain quinquennat.

Le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a lui souhaité "ne pas interrompre le processus de notre démocratie de manière à bien démontrer que les violents n'auront pas le dernier mot contre les républicains". Son entourage a confirmé le maintien de son programme pour vendredi. Il participera notamment à 19h à Paris à l'un des nombreux "apéros insoumis" organisés dans toute la France, accompagné notamment du leader de Podemos, l'Espagnol Pablo Iglesias. Le candidat PS Benoît Hamon a annulé un déplacement dans la matinée mais maintenu un discours à 17h30 à Carmaux, terre de Jaurès. "Ce serait une grave erreur de tomber dans la peur et de mettre entre parenthèses le débat démocratique", a-t-il déclaré à l'AFP. Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a lui confirmé qu'il irait en Seine-Saint-Denis puis dans l'Essonne. Quant à Philippe Poutou (NPA), il maintient son dernier meeting à Annecy. Nathalie Arthaud (LO) a réservé sa dernière soirée à un passage sur BFMTV.

François Hollande aussi change de programme

François Hollande, qui s'est dit "convaincu" que la fusillade était "d'ordre terroriste", a lui aussi annulé un déplacement en Bretagne et présidera à 8h un Conseil de défense. Le chef de l'Etat a promis que les services de l'Etat seraient "d'une vigilance absolue" pour sécuriser le scrutin, dimanche.