Politique

L’avocat de Jean Germain met en cause la presse et la justice après le suicide de son client

Par Géraldine Marcon, France Bleu Touraine et France Bleu mardi 7 avril 2015 à 17:21

Les policiers devant les lieux où le corps de Jean Germain a été retrouvé à Tours.
Les policiers devant les lieux où le corps de Jean Germain a été retrouvé à Tours. © Radio France-Laetitia Bezain

Après le suicide de Jean Germain ce mardi alors que son procès dans l’affaire des mariages chinois devait débuter à Tours, l’avocat du sénateur d’Indre-et-Loire a mis en cause la presse et le parquet dans cet acte désespéré.

Ce mardi matin, on apprenait le suicide de Jean Germain , l’ancien maire de Tours a mis fin à ses jours avec un fusil de chasse dans son garage. Un peu plus tôt, il ne s’était pas présenté au tribunal correctionnel où débutait le procès de l’affaire des mariages chinois dans lequel il était l’un des principaux prévenus. Jean Germain, également sénateur d’Indre-et-Loire avait laissé une lettre expliquant son geste, une lettre qu’a lu Dominique Tricaud, son avocat, devant la presse : "Je sais le mal que je vais faire, la peine que je vais diffuser à tous ceux qui m'aiment mais on ne peut laisser la chasse systématique aux politiques se dérouler normalement quotidiennement . Il y a des êtres, j'en suis, pour lesquels l'injustice et le déshonneur sont insupportables . Soyez sûrs que je n'ai jamais détourné un centime, que je ne me suis pas enrichi, que j'ai toujours œuvré pour ce que je pensais être le bonheur des tourangeaux *."*

"Jean Germain est mort, c’est un martyr de la république" - Maître Tricaud

Maître Dominique Tricaud a violement mis en cause la presse et le parquet dans le suicide de son client. L’avocat s’exprimait juste après la découverte du corps de l’ancien maire de Tours dans son garage. "Jean Germain est mort, c’est un martyr de la république. Dans cette affaire il a été jeté aux chiens et comme il l’a écrit dans la lettre qu’il a laissé ; leur conscience les poursuivra. (…) Jean Germain était cité devant ce tribunal sur un tissu de ragots qui avaient pour objectif un plan concerté de parvenir à sa mise à mort politique. Sachez que des hommes se battent pour la France, se battent pour la république, se battent pour la Touraine, et qu’il y a un moment où à défaut de toute reconnaissance, à défaut de tout remerciement, les faire comparaître sur le banc d’infamie est quelque chose qui ne peut âtre accepté" a décalré l’avocat devant les journalistes ce mardi.

14h Tricaud/ \"Germain est mort\" SON

Le précédent Bérégovoy

Le suicide de l’ancien maire de Tours n’est pas sans rappeler celui de Pierre Bérégovoy en 1993 . Le corps de l'ancien premier ministre socialiste avait alors été découvert le long d'un canal de la Nièvre. Il aurait mis fin à ses jours après une lourde défaite électorale et par crainte des soupçons de corruption qui pesaient sur lui. Ce mardi après-midi, Gérard Larcher, le président UMP du Sénat a lui aussi mis en cause le système médiatique et judicaire dans le suicide du sénateur d’Indre-et-Loire : _"Jean germain s’est senti condamné avant même d’être jugé , par un système qui n’a finalement jamais rien retenu depuis Pierre Bérégovoy. Ce système qui s’emballe sans discernement, sans considération pour l’honneur peut amener un homme à commettre l’irréparable. Chacun me semble-t-il doit observer la mesure des jugements qu’il peut porter sur autrui et savoir qu’ils peuvent, ces jugements, avoir des conséquences tragiques. _Un homme public, une femme publique, a droit au respect de sa dignité comme tout autre citoyen".