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Politique

"L'Etat recule en Seine-Saint-Denis" selon un rapport parlementaire

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Par , France Bleu Paris

Alors qu'Emmanuel Macron doit annoncer des mesures pour les quartiers populaires ce mardi, un rapport parlementaire pointe les défaillances de l'Etat en Seine-Saint-Denis. Selon les députés, les moyens de l'éducation de la justice et de la police sont moindres dans ce territoire pourtant défavorisé.

Vue d'un quartier de Bobigny, en Seine-Saint-Denis
Vue d'un quartier de Bobigny, en Seine-Saint-Denis © Radio France - Rémi Brancato

Seine-Saint-Denis, France

"La République est en échec" en Seine-Saint-Denis, département qui concentre les difficultés, selon un rapport parlementaire sur les moyens alloués par l'Etat dans ce département, qui doit être rendu public le 31 mai et que France Bleu Paris a pu consulter. "L'Etat recule en Seine-Saint-Denis", estiment les députés, qui ont choisi d'étudier pour la première fois l'action de l'Etat dans trois domaines (éducation, police et justice) sur un territoire donné. Pourtant au coeur des discours politiques, avec pas moins de 2700 visites officielles en 11 ans, soit une moyenne de 20 chaque mois, le département souffre d'un manque de moyens humains et de défaillances dans les administrations scrutées par les parlementaires.

Moins d'agents publics, malgré des besoins plus importants

Les auteurs du rapport rappellent d'abord que le 93 concentre les difficultés sociales avec "39% de [sa] population [qui] réside dans un des 63 quartiers de la politique de la ville", des taux de chômage, de pauvreté et de difficultés scolaires bien supérieurs aux moyennes nationales.

Face à ce constat, les moyens humains y sont pourtant inférieurs aux autres territoires : deux fois moins de magistrats, par exemple, au tribunal d'instance d'Aubervilliers, que dans un tribunal parisien équivalent. Dans les écoles "le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis" écrivent les députés. Résultat : un "sentiment d’impuissance de débordement d’incapacité à redresser la barre prédomine" chez les agents publics.

Ils pointent aussi l'instabilité des effectifs et le manque d'expérience des agents, dans ce territoire devenu "une école de formation bis pour les fonctionnaires stagiaires ou débutants". Les députés dénoncent donc "l'absence d’une véritable stratégie des ressources humaines des personnels de l’Etat en Seine-Saint-Denis'.

En cause : un manque de connaissance du territoire

Pour les députés, une des causes de ce sous-dimensionnement des politiques publiques réside dans une méconnaissance du territoire. Exemple, écrivent-ils, on "sous-estime la réalité sociale eu égard au poids de la population étrangère irrégulière" qui ne figure pas dans les statistiques officielles de recensement. Selon eux, l'Etat ne sait pas évaluer le niveau scolaire, la réalité de la délinquance, l’économie souterraine, ou encore le phénomène des marchands de sommeil.

Conséquence de cette méconnaissance, un "désenchantement à l'égard de l’Etat" de la part des habitants

Des politiques "prioritaires" aux "effets pervers"

Les rapporteurs reconnaissent que la Seine-Saint-Denis figure au cœur des "politiques dites prioritaires" depuis bientôt trois décennies, mais en pointent les "effets pervers". Exemple : les établissement classés en zones prioritaires, qui ont engendré des "effets massifs de contournements" de la carte scolaire. Les primes pour fidéliser les fonctionnaires et faire face au turn-over des agents sont par ailleurs jugées "insuffisantes".

"Qu'on mette le paquet sur le rénovation urbaine il faut le faire, estime ainsi Stéphane Peu, député communiste de Seine-Saint-Denis qui a participé à la mission parlementaire, mais si on n'a pas de policiers, pas de juges et pas assez d'enseignants, vous vous retrouvez dans des politiques qui ne sauraient palier le manque de politiques de droit commun".

ECOUTER - Les députés tenaient à pointer les défaillances de l'Etat en Seine-Saint-Denis

Un rapport pour interpeller Emmanuel Macron

Un constat qui n'est pas nouveau pour beaucoup d'acteurs du département. Mais les députés tenaient à le formuler noir sur blanc. "C'est un rapport parlementaire qui rassemble des députés de tous les bancs politiques de l'Assemblée donc on ne peut pas l'accuser d'être un rapport à charge pour un tel ou tel gouvernement" argue Stéphane Peu. 

Devant être rendu public le 31 mai prochain, le contenu de ce rapport se dévoile en tout cas, avec un peu d'avance, au moment où Emmanuel Macron doit prendre la parole et annoncer des mesures concrètes en faveur des quartiers populaires, un mois après la publication du rapport de Jean-Louis Borloo

ECOUTER - "Non l'Etat ne déverse pas trop d'argent en Seine-Saint-Denis" Stéphane Troussel

Pour Stéphane Troussel, le président (PS) du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, ce rapport ne fait "que confirmer ce que nous disons depuis des années : contrairement à une petite musique que l'on entend souvent; non l'Etat ne déverse pas trop d'argent sur ces quartiers populaires, c'est même tout l'inverse". Il en appelle donc aux actes et se tourne vers Emmanuel Macron : "la balle est dans son camp" estime l'élu.