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Politique

L'étude économique sur le péage du pont d'Oléron peut-elle faire basculer le vote des conseillers départementaux?

lundi 30 octobre 2017 à 6:13 Par Julien Fleury, France Bleu La Rochelle

Si le péage sur le pont de l'île d'Oléron était fixé à 10 euros, la fréquentation automobile baisserait de 6%. C'est le principal argument de l'étude économique commandée par la Charente-Maritime. Le document n'est pas encore publié, mais il a déjà fait le tour du département.

Le Département souhaiterait se passer de barrières de péage, pour un système de reconnaissance des plaques d'immatriculation.
Le Département souhaiterait se passer de barrières de péage, pour un système de reconnaissance des plaques d'immatriculation. © Maxppp - Pascal Couillaud

Île d'Oléron, Charente-Maritime, France

C'est le dernier atout des défenseurs d'un péage à l'entrée de l'île d'Oléron! L'étude économique commandée par les élus de la Charente-Maritime sur l'impact de l'écotaxe n'est pas encore publiée officiellement, mais elle a déjà fait le tour du département. Elle doit permettre de peser sur les élus départementaux, qui devront se prononcer en décembre pour ou contre ce péage, après l'abandon de la consultation directe des Oléronnais.

Une étude réalisée auprès de 16.000 personnes. Principal enseignement: en cas de péage fixé à 10 euros, la baisse de fréquentation automobile resterait limitée à 6%. Un résultat idéal selon Dominique Rabelle, vice-présidente du département installée sur l'île d'Oléron, et favorable à l'écotaxe: "cela implique une réduction des embouteillages sur l'île d'Oléron, puisqu'à partir de 5% on a une diminution de la circulation."

Dominique Rabelle qui se réjouit également pour l'activité économique:

Il n'y a pas de baisse sur les commerces. Et même on constate une augmentation du commerce, puisque les gens viendront plutôt passer une nuit ou deux, et consommer sur l'île d'Oléron." - Dominique Rabelle, vice-présidente de la Charente-Maritime

Le péage du pont, trappe à touristes? Michel Rivaud lui n'y croit pas du tout. Cet Oléronnais préside l'AGPIO, l'association pour la gratuité du pont, association qui a obtenu devant la justice l'annulation de la consultation publique:

Le péage dissuadera peut-être les gens qui viennent de rentrer, mais ce n'est pas le péage qui les retiendra." - Michel Rivaud, président de l'AGPIO

Michel Rivaud pointe une autre conséquence, qui n'a peut-être pas été mesurée: "22% des gens qui viennent pour plusieurs jours sur l'île en profitent pour aller visiter La Palmyre, l'Hermione à Rochefort, l'aquarium à La Rochelle. Et c'est gens ne sortiront plus de l'île."

Le péage coupera-t-il les Oléronnais de leurs proches sur le continent?

Autre sujet brûlant: le péage va-t-il couper les Oléronnais de leurs proches... amis et familles vivant sur le continent? Selon l'étude, leurs visites pourraient chuter de 18%. Défaut que la tarification peut corriger, estime Dominique Rabelle du conseil départemental:

Il y aura des cartes d'abonnement qui vont mettre le prix du passage au prix d'un ticket de métro, 1,80 euro. Cela n'a rien de dissuasif." - Dominique Rabelle

Dominique Rabelle précise qu'il "y aura également un tarif à l'année proposé pour les travailleurs qui sera aussi extrêmement intéressant." Elle table une recette de 5 à 6 millions d'euros. Un peu maigre pour Annie Chartier, adjointe au maire de Saint-Georges, l'une des deux seules communes oléronnaises opposées au péage, avec Dolus: "5 ou 6 millions, mais attendez, cela va être partagé" avec le Département. "Et puis il faut payer les installations, ajoute Annie Chartier qui conclut:

Pour moi cet argent, c'est le miroir aux alouettes, par rapport à l'image qu'on donne. L'île d'Oléron est une terre d'accueil. Ce n'est pas dans l'esprit d'Oléron de mettre un barrage". - Annie Chartier, adjointe au maire de Saint-Georges-d'Oléron

Mais cet argent, Oléron en a besoin, martèlent les défenseurs du péage. Face à la baisse des dotations de l'Etat. Face au défi de l'érosion du littoral. Surtout, souligne Dominique Rabelle, avec une solution technique qui abandonnerait les barrières de péage, pour un système de reconnaissance de plaques d'immatriculation: "Il y aura moins de structure, moins de personnel pour gérer le péage, donc beaucoup moins de frais." Dominique Rabelle espère que "ce qui va revenir sur l'île sera entièrement réinvesti, sur la protection douce du littoral et la mise en place de moyens doux de transport."

Et si le péage passait un jour à 17 euros?

Michel Rivaud de l'AGPIO pointe lui le risque le doigt dans un engrenage infernal. C'est ce qu'il écrit en substance dans un courrier adressé à tous les élus de l'île et du Département. "La loi ne prévoit pas de retour en arrière", prévient Michel Rivaud, et puis la justice pourrait bien imposer un tarif plus élevé: "dans les travaux préparatoires de la loi, l'amendement 123 dit très précisément qu'une bonne régulation du trafic est obtenue avec un montant de l'ordre de 17 euros. Donc si on institue un péage différent, cela veut dire qu'on ne répond pas aux objectifs de la loi."

Voilà qui nous prépare des débats passionnés en décembre lors du vote sur le péage au conseil départemental.