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Politique

L'histoire d'une campagne ratée : les confidences de l'ancien bras droit de Juppé

vendredi 3 mars 2017 à 5:00 Par Loïck Guellec, France Bleu Gironde

Gilles Boyer, qui vient de quitter l'équipe Fillon, a été le directeur de la campagne d'Alain Juppé durant les primaires de la droite et du centre. Dans un livre qui vient de paraître, il fait vivre de l'intérieur l'échec d'une campagne qui pourtant semblait bien partie.

Gilles Boyer lors d'un meeting à Bordeaux d'Alain Juppé en novembre 2016
Gilles Boyer lors d'un meeting à Bordeaux d'Alain Juppé en novembre 2016 - Maxppp

Bordeaux, France

L'échec d'Alain Juppé vu par son ancien directeur de campagne. Dans un livre qui vient d'être publié aux éditions JC Lattès, intitulé "Rase Campagne", Gilles Boyer revient sur la défaite du maire de Bordeaux lors de la primaire de la droite et du centre. Il raconte les 2 ans de campagne avec des sondages au zénith qui se terminent par le cauchemar du premier tour où Alain Juppé est distancé de 16 points par François Fillon jusqu'à la défaite au soir du deuxième tour une semaine plus tard.

Pourtant tout avait bien commencé. Quand Alain Juppé lance sa campagne le 20 août 2014 les sondages sont très flatteurs pour l'ancien premier ministre et ils vont rester au zénith pratiquement jusqu'à la fin de la campagne du premier tour. Du coup, la stratégie ne bougera pas avec une campagne focalisée en priorité sur Nicolas Sarkozy. Pourtant certains membres de l'équipe Juppé s'inquiètent : " Gilles , on a un problème, Juppé est trop haut trop tôt" dit l'un d'eux sans que Gilles Boyer ne réagisse. C'est ce qu'il relate dans son livre.

L'erreur fondatrice c'est d'avoir focalisé notre attention uniquement sur Nicolas Sarkozy présenté par tous les observateurs comme notre compétiteur le plus dangereux; ça nous a amené à négliger la candidature de François Fillon.

— Gilles Boyer

L'ancien directeur de campagne d'Alain Juppé admet aussi avoir sous-estimé le poids de l'électorat catholique qui a fait gagner François Fillon. Et puis sur les réseaux sociaux une campagne a été dévastatrice, c'est celle lancée par l'extrème droite accusant Alain Juppé, affublé du surnom "Ali Juppé" de vouloir construire à Bordeaux la plus grande mosquée d'Europe l'accusant de compromissions avec les franges les plus rétrogrades de l'Islam.

Les primaires passées, les deux hommes sont restées en bons termes. Ils se contactent régulièrement. Gilles Boyer était trésorier de la campagne de François Fillon jusqu'à sa démission ce jeudi et candidat aux législatives de juin sous l'étiquette Les Républicains dans les Hauts-de-Seine.

Il y a aucune amertume en moi juste la volonté de comprendre ce qui s'est passé.

— Gilles Boyer